Saison 2 - Épisode 3 - CAPARICA OUTRUN

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 1489 mots

A écouter avec ça ;)

"CREATED YOU" - EENSPIRE

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La nuit appartenait à Caparica. Pas le jour. Le jour appartenait aux touristes, aux familles, aux surfeurs, aux vendeurs de glaces et aux influenceuses en quête de coucher de soleil. Mais la nuit... La nuit appartenait aux moteurs. Aux néons. Aux prédateurs. Aux gens qui avaient quelque chose à cacher.

Les palmiers défilaient sous les lumières roses et violettes. La musique électronique vibrait au loin. L'Atlantique roulait dans l'obscurité comme une créature gigantesque. Et au milieu de tout ça... Une Lamborghini Huracán blanche traversait Lisbonne à pleine vitesse. Nicky venait de gagner la course. Encore. Comme toujours. Les années passaient. Les pilotes changeaient. Les voitures devenaient plus rapides. Mais certaines choses restaient identiques. Quand Nicky décidait de gagner... elle gagnait. Seulement ce soir... elle ne s'était pas arrêtée. Pas de champagne. Pas de trophée. Pas de selfies. Pas de victoire. Elle continua. Direction : les docks.

— Elle est partie. annonça Diana dans les oreillettes.

Dans son triplex cyberpunk, des dizaines d'écrans affichaient : les radars, les caméras, les GPS, les téléphones, les itinéraires. Toute l'équipe était connectée.

— Les deux Civic bougent. annonça-t-elle. Les deux Honda Civic noires quittèrent discrètement le parking. Préparation course. Turbo. Moteurs préparés. Vitres teintées. Armes à bord. Elles partirent derrière la Lamborghini. Diana soupira. — Voilà... les chiens sont lâchés.

Quelques kilomètres plus loin. Une route côtière. Déserte. Palmiers. Océan. Lampadaires oranges. La Supra blanche attendait. Moteur allumé. Musique synthwave dans l'habitacle. Emmanuel observait la route. Calme. Concentré. La voiture n'avait plus grand-chose d'une Supra normale. Joe avait passé des mois dessus. Blindage léger. Pneus spéciaux. Suspension renforcée. Communication cryptée. Électronique embarquée. Système relié directement au réseau de Diana.

— Distance ? demanda Emmanuel.

— Trente secondes. répondit Diana. — Les Civic sont armées. — Je sais. — Trois fusils. Deux armes de poing. — Je sais. — Tu pourrais au moins faire semblant d'être inquiet. Un sourire apparut. — Diana. — Oui ? — Tu me guides. — Toujours.

Dans la Lamborghini. Luna vérifiait calmement son chargeur. Le chapelet noir tournait autour de son poignet. Ses lèvres murmuraient encore une vieille prière colombienne. Nicky regarda rapidement. — Ça marche vraiment ? — Quoi ? — Les prières. Luna sourit. — Non. Pause. — Mais ça fait peur aux mauvaises personnes. Nicky éclata de rire. Puis : BANG. Une balle éclata le rétroviseur. — CONTACT ! Les Civic ouvraient le feu. La Lamborghini bondit. Une deuxième balle. Une troisième. Les impacts explosèrent autour du véhicule. Puis : un rugissement mécanique. La Supra surgit. Drift. Les pneus hurlèrent. La voiture traversa la route entière.

Et passa à quelques centimètres seulement de la première Civic. CRASH. Le phare avant explosa. La Civic partit en travers. Emmanuel venait de s'interposer. Entre les tueurs. Et Nicky. — Bonsoir les enfants. annonça-t-il dans la radio. — T'es complètement fou. répondit Nicky. — Oui. Puis il accéléra. Et là... Nicky comprit. Parce qu'elle savait conduire. Très bien conduire. Mais Emmanuel... c'était autre chose. La Supra semblait danser. Virages. Contre-braquages. Glisses. Accélérations. La voiture faisait exactement ce qu'il voulait. À chaque seconde. — Putain... souffla Nicky. — Je te l'avais dit. répondit Luna. — Non. Tu ne m'avais pas dit ça. Une Civic tenta de doubler. Erreur. Emmanuel freina brutalement. La Honda passa trop loin. La Supra pivota. Percuta son train arrière. La Civic partit en vrille. Et termina sa course dans les barrières de sécurité. Explosion.

Une seule restait.

Devant eux. Les docks. L'entrepôt. Et soudain... les portes s'ouvrirent. Deux Ferrari F12 préparées surgirent. Rouges. Monstrueuses. Et immédiatement : elles accélérèrent. — Voilà nos transporteurs. annonça Diana. — Les dossiers sont dans les Ferrari. La dernière Civic se plaça derrière Nicky. Et la chasse reprit. Mais cette fois... Emmanuel passa devant tout le monde. Ferrari. Civic. Lamborghini. Il prit la tête. Comme s'il fuyait. Alors qu'en réalité... il guidait tout le monde. Vers l'endroit exact qu'il avait choisi. Vers le piège.

Pendant ce temps. Une Mustang noire attendait. Immense. Large. Blindée. Le véhicule ressemblait à un mélange entre une voiture de guerre et un cauchemar mécanique. Renforts acier. Arceau complet. Blindage portes. Pare-buffle avant. Suspensions renforcées.

Électronique connectée à Diana. GPS tactique. Communication directe. Un véritable tank. Joe fumait. Cerb observait la route. Alex regardait les points bouger sur l'écran. — Ils arrivent. Joe écrasa sa cigarette. — Je vois ça.

La route se resserrait. Falaises. Océan. Pas de sortie. Pas d'échappatoire. Exactement comme Emmanuel l'avait prévu. — Maintenant. dit-il calmement. La Mustang surgit. BOOM. Premier impact. La Ferrari de tête explosa sa trajectoire. Deuxième impact. La seconde Ferrari partit en travers. Chaos. Métal. Étincelles. Hurlements moteurs. Alex ouvrit sa portière. — SURPRISE BANDE DE CONS ! Pendant ce temps. La dernière Civic tenta encore de rejoindre les Ferrari. Luna ouvrit sa fenêtre. Le vent arracha ses cheveux. Le chapelet battait contre son poignet. Elle prit une inspiration. Puis tira. Une fois. Deux fois.

Trois fois. Le pare-brise explosa. La Civic zigzagua. Percuta la barrière. Et bascula dans le fossé. Plus de tirs. Plus de poursuite. Terminé.

Quelques minutes plus tard. Les dossiers étaient récupérés. Des caisses entières. Documents. Comptes. Photos. Routes. Noms. Enfants. Organes. Prostitution. Travail forcé. Toute l'horreur. Et au milieu de tout ça. ATLAS. Le vrai Atlas. Le début de la vérité.

Plus tard. Très tard. Cabane d'Emmanuel. Feu de camp. Barbecue. Bières. Océan. Alex racontait n'importe quoi. Joe l'insultait. Diana riait. Cerb dormait. Les chats noirs tentaient de voler les saucisses. Nicky riait vraiment.

Luna observait les flammes. Et Emmanuel... observait tout le monde.

Puis quelque chose lui apparut. Atlas. Les soldats. Les opérations. Les mercenaires. Les professionnels. Les machines.

Et puis... ce groupe. Une hackeuse. Une héritière. Une sorcière surfeuse colombienne. Un escroc américain. Un vieux guerrier français. Un pitbull. Deux chats noirs. Et lui. Aucune logique. Aucune discipline. Aucune procédure. Et pourtant... C'était la meilleure équipe qu'il ait jamais dirigée."

Le feu crépitait doucement. Alex venait encore de raconter une histoire tellement absurde que même Joe avait fini par rire. Diana filmait discrètement la scène. Nicky était assise dans le sable, bière à la main. Luna observait les flammes. Et Emmanuel regardait tout le monde. Longtemps. Très longtemps. Puis un souvenir remonta. Tokyo. Vingt ans plus tôt. La pluie.

Les néons. Les autoroutes suspendues. Les tunnels. Les montagnes. Les nuits sans fin. C'est là qu'il avait appris à conduire. Pas dans l'armée. Pas dans Atlas. Au Japon. Au contact de certains Yakuza. Pas les caricatures. Pas les gangsters de cinéma. Les anciens. Les vrais. Des hommes capables de tuer. Mais aussi capables de mourir pour leur clan. C'est là qu'il avait découvert le drift. Pas comme un sport. Pas comme un spectacle. Comme une philosophie. Le contrôle dans le chaos. La précision dans le déséquilibre. L'acceptation du mouvement. Laisser la voiture partir. Puis la ramener. Comme une vie. Comme un combat. Comme une guerre. Et surtout... C'est là qu'il avait appris quelque chose qu'Atlas n'avait jamais compris. Un mercenaire vend ses compétences. Un samouraï protège son clan. Les deux peuvent être redoutables. Mais un seul est prêt à mourir pour quelqu'un d'autre.

Pendant des années Emmanuel avait travaillé avec : des militaires, des mercenaires, des agents, des unités spéciales,

des professionnels. Tous excellents. Tous remplaçables. Parce qu'ils travaillaient pour une mission. Pour un salaire. Pour une organisation. Atlas était construit comme ça. Une machine parfaite. Et c'était justement sa faiblesse.

Puis Emmanuel regarda Alex rire avec Nicky. Joe râler après Cerb. Diana se moquer de tout le monde. Luna observer discrètement chacun d'eux comme si elle veillait sur le groupe entier. Et il comprit enfin. Sans même s'en rendre compte... Il avait construit ce qu'il avait toujours cherché. Pas une équipe. Pas une unité. Pas une organisation. Un clan.

Saorie lui avait appris la patience. Les Yakuza lui avaient appris la loyauté. Tokyo lui avait appris l'équilibre. Atlas lui avait appris ce qu'il ne fallait jamais devenir. Et Caparica... Caparica lui avait donné une famille.

À ce moment précis, Luna releva les yeux. Comme si elle avait senti quelque chose. Leurs regards se croisèrent. Pas besoin de mots. Elle comprit. Quelque chose venait de changer chez lui. Quelque chose venait enfin de trouver sa place.

Au loin, l'océan roulait dans la nuit. Et Emmanuel Elga regardait son clan réuni autour du feu. Pour la première fois depuis très longtemps... il n'avait plus l'impression d'être seul.

Et si Atlas voulait la guerre... Alors Atlas allait devoir affronter quelque chose qu'il n'avait jamais prévu. Une famille.

Et soudain Emmanuel comprit quelque chose qu'Atlas ne comprendrait jamais. Les organisations construisent des soldats. Les familles construisent des légendes. Il leva sa bière. Regarda son équipe. Son clan. Sa famille. Et pour la première fois depuis très longtemps... il se sentit prêt. Prêt pour Atlas. Prêt pour la guerre. Prêt pour tout ce qui allait arriver. Au loin... sur l'Atlantique noir... l'orage commençait à gronder.

💬 Commentaires 1

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Lana • 3 semaines
Un épisode tonitruant et essoufflant.
J'ai beaucoup aimé l'énergie dépensée par les acteurs, et le héros, dans toute son humblitude évidemment.
L'ambiance tech/cyber et Nicky la pilote de folie amènent un plus.
👍 1