Comment la HMS Dolphin faillit ne pas repartir de Tahiti
Encore un sonnet historique, cette fois avec l'explication à la fin.
Dans l’archipel, le sexe est affaire publique,
On ne s’offusque pas des plaisirs de la chair ;
Peut-être est-ce l’influx de l’immuable mer,
Loin des rigidités des mœurs théologiques ?
Contre un peu de métal, les femmes impudiques
Offrent le paradis aux matelots pervers :
Un clou et puis un autre, on remet le couvert,
Glorieuse expédition sous drapeau britannique !
Après un mois d’étude empreinte d’un grand zèle
Et de contemplations dites transactionnelles,
L’ordre de lever l’ancre advient comme un chagrin.
Adieu les vahinés ! pleurent bien des marins
Quand l’horizon avale un béat équipage
Au trois-mâts déclouté que menace un naufrage.
Le 17 juin 1767, les Anglais mouillent l'ancre au large de Tahiti, sont offusqués de découvrir des gens à moitié nus et parfois à moitié pas habillés non plus, se livrent à quelque escarmouches avec les locaux, abattent des arbres, finissent par faire ami-ami. Les relations passent au niveau supérieur quand l'équipage découvre que les femmes sont disposées à changer des faveurs sexuelles contre du fer, ressource indisponible. Le troc va bon train jusqu'au jour où la structure du vaisseau menace de s'écrouler faute de clous, forçant le capitaine à faire lever l'ancre.
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