La tombée
La consigne était titrée “terza rima”, la panouille que je suis en a fait des ennéasyllabes.
Pauvre soir, tout te tombe dessus
Quand le jour et la nuit se bousculent,
Avec eux, tout s’enfonce ex situ.
Lorsqu’une étoile éclate ta bulle,
Que sans bruit s’éclipse l’heure d’or,
Tu rechignes, mais toujours bascules.
Par tes toiles aux outranciers cruors,
En été, soleil, tu pandicules,
Mais l’hiver, tu fuis face aux recors.
La clameur du chœur du crépuscule
Fantasme de repousser la nuit,
C’est en vain, les ténèbres pullulent.
T’es à l’ouest, tu n’es fait que d’ennui.
Tu serais à peine un point-virgule,
Une intro de traité de feng shui.
Gros phébus, décrépite formule,
Ton morne et nycthéméral ballet
N’enthousiasme que les plus crapules.
Le point héliaque dépassé,
Une sarabande noctambule
Renait sur tes restes délaissés.
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