L'amitié

📖 LA PERLE DE ROSE ✍️ Sylvain 📝 1449 mots

« Aimer la vie sans les autres ».

Quand l’amour prend racine dans le cœur, il faut savoir s’en défaire, alors quoi de mieux que de profiter du moment présent. Et ce fut ce qu’allait faire ce soir, Rebecca un weekend de fin juillet. Elle était invitée à une fête, chez Karine Lagrande, une très bonne amie. Et apparemment, elles allaient être sept et chez elle, c’était grand et spacieux. Elle avait un salon d’environ quatre-vingt-dix mètres carrés. Quand Rebecca se présentât en bas du bâtiment, la porte s’ouvrit. Elle entra dans un hall immense d’un vieux bâtiment classé au patrimoine. Elle prit l’ascenseur et monta jusqu’au troisième. Arrivée devant la porte, elle reconnut une odeur entre mille. En effet, dès que Karine ouvrit la porte, un effluve de weed s’imprégnait dans ses narines.

Elles se saluèrent chaleureusement et entrèrent ensemble. Karine fila aux toilettes, pendant que dans le couloir d’entrée, un filet de fumée flottait dans tout l’appartement. Entre la cigarette et le cannabis, on aurait pu croire que l’on était dans un appartement de jeune adolescent dont la vie n'était qu'à l’amusement.

Rebecca alla en direction du salon, où était assise autour d’une table deux femmes du même âge qu’elle, sauf peut-être pour l’une qui arriva en même temps qu’elle, sauf qu’elle venait de la cuisine. En pyjama en satin blanc à fleurs, joint dans la main gauche et un verre de vin dans l'autre. Elle avançait lentement tout en recrachant de la fumée. Mais Rebecca avait reconnu là sa meilleure amie, Pauline Labate dont la forme du visage ressemblait à celle d’Angelina Jolie. Elle était très belle, mais approchait tout de même les cinquante-trois ans. Elle toisa du regard Rebecca et se mit à sourire jusqu’aux oreilles.

- Comment va ma caille !

- Ça va, fatiguée, mais ça va.

Pauline était une véritable baba cool, elle pouvait passer des journées entières à fumer du cannabis tout en lisant des livres et surtout à peindre comme une folle et en mangeant des crudités et ce toute la journée. C'était vrai que Pauline détestait la viande et surtout, les gens qui faisaient du mal aux animaux. Alors elle s'était convertie au véganisme depuis maintenant dix ans. Sur tous les murs de la pièce du loft de Karine, on pouvait voir ses œuvres affichées. C’était une artiste peintre qui semblait avoir très bien réussi sa carrière. Les deux, femme assisent autour de la table, c’était Rose et Juliette Mendes. Deux sœurs jumelles dont l’amitié avec Rebecca remontait jusqu’à la fac. Et lorsque Karine revint des toilettes, elle se mit à chanter « je t’aime » de Lara Fabian. Puis elle mit la musique à fond et toutes se levèrent pour danser et chanter de faire les folles, le temps de quelques minutes, le temps que la musique passe.

Ce soir, Rebecca n'allait plus penser, elle allait passer un moment des plus agréables avec ses copines. Puis durant l'apéro, la sonnette d’entrée retentit alors.

- C’est ta fille et sa copine qui rentrent de chez leur père, visiblement à voir leur tête, ce ne doit pas aller fort ma cocotte ! dit Pauline à Karine, d’un air las. Je serais toi, je leur ferais un bon pét, histoire de leur remonter le moral.

- Oh, mais toi, t’es toujours aussi folle ma pauvre, répliqua en rigolant Karine.

- C’est ouvert et déchaussez-vous avant d’entrer et j’oubliai : le téléphone, ça existe !

- Désolé maman, plus de batteries.

 

Visiblement, leur venue avait cassé l’ambiance bon enfant qui régnait en ces lieux. Cela faisait trois mois que Rebecca n'avait pas passé une soirée comme celle-ci. Et il fallait croire qu’elle en avait bien besoin.

- Entrez les filles on ne mord pas, lança Rose.

Elle se leva et partit accueillir ces adolescents de treize ans, accompagnés par une cigarette longue et fine dont la fumée s’était logée dans l’œil de Sarah, l’amie de Justice la fille de Karine.

- Désolé ! Amène la dans la salle de bain, histoire qu’elle se passe un peu d’eau sur l’œil, chérie, proposa Rose d’un voix rauque à cause d’une consommation excessive de tabac.

Puis Rose s’approcha de Karine.

- Elles ne devaient pas être chez leur père ?

- Comme toujours, celui-ci passe le plus clair de son temps à travailler et je viens de recevoir un sms d’excuse. Encore une fois.

- Oh, mais c’est pas grave, disait Juliette. On va pas les laisser dans la rue quand même.

- Pauvre Justice, elle ne devait pas aller à Disneyland cette semaine ? demanda Pauline en tirant une grosse latte sur son pétard.

Karine épuisée, ne savait plus quoi faire de son ex-mari et encore moins de leur fille et encore moins de son amie. Ce soir, elle allait passer une soirée sans excès, car la vie de famille avait refroidi toutes les filles en ce début de soirée. En plus de cela, Rose coiffée d’un chignon serré, était maquillée comme une poupée et en comparaison de sa sœur jumelle Juliette, elle, n'avait aucun maquillage. Juliette avait écrit à Sam et Lucie de ne plus venir en raison de ce petit drame familial. 

- Les pauvres… tu imagines un peu leur déception. Il est quand même culotté, Robert ! Je vais aller les voir, proposa Rebecca.

- Merci, disait Karine, dépassée par les événements.

- Ouais, pauvres gamines… disait Juliette sur un ton bas.

- Le pire dans tout ça c’est qu’il sait qu’elle l’aime à mourir sa fille, pesta Karine.

- Le boulot, mon cul, oui ! Il n’avait pas envie de se prendre la tête, c’est tout… enfin et tu connais mon point de vue sur Rob et ce depuis longtemps. T’aurais dû avorter ma cocotte !

- Ah non, Pauline ne commence pas !

- Je sais, mais au moins tu connais le fond de ma pensée. Regarde, j’ai avorté sept fois et je suis heureuse et épanouie avec Lucas.

Karine prit une clope dans le paquet de Rose et en alluma une.

- La meuf ! Tu n’avais pas arrêté ?

- C’est bon, c’est bon, j’ai les nerfs !

- Arrêtez de vous embrouiller, lança Rose, sourire aux lèvres. Au moins on est toujours ensemble, comme à l’époque ! Alors on parle plus des mecs et profitons, non ?

Rose, dans le groupe, était toujours la plus optimiste à chaque querelle, elle était là et arrangeait souvent tout avec éloquence.

Rebecca revint dans le salon, sourire aux lèvres.

- C’est bon, j’ai négocié avec les petites pour qu’elles ne sortent pas de la chambre ce soir.

- Super, t’es vraiment un ange ma belle, tu sais. Merci ! exclama Karine la mère.

- Oui, mais tu vas me devoir deux cents euros.

- Ah, elle tient bien de son père celle-là ! répliqua Pauline.

- Bon on se fait un monopoly les filles ? proposa Juliette.

Peu de temps après, elle s’était mise à jouer jusqu’à tard dans la nuit.

C’était comme cela que Rebecca aimait ses soirées entre copines. Quant aux jumelles Rose et Juliette Mendes, nous verrons plus tard pour apprendre à les connaître bien plus en profondeur dans un prochain chapitre.


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