Le Destin
“Aimer, c’est briller ensemble”.
Mais ça, c’était une leçon que n’avait pas compris immédiatement Rebecca. Elle qui enchaînait les rencontres après sa rupture avec Pedro. Elle s’était jurée de ne plus refaire les mêmes erreurs, de ne plus se mettre en couple avec un homme provenant des sites internet. Juste du sexe et rien d’autre, s’était-elle promis.
Puis un samedi matin alors qu’elle courait dans la jardin Botanique, elle croisa le regard d’une personne dont le physique ne l’aurait jamais attiré en temps normal. Un homme plus petit qu’elle, le regard profond et sombre, les cheveux longs et noir de jais. Un homme dont l’origine lui faisait penser à un latino. Il était assis sur un banc, en train de lire un livre à la fraîche, car en ce mois de juillet, il commençait à faire chaud et la météo annonçait une autre vague de canicule dans les jours suivants. Or, ce matin, il ne faisait que vingt-cinq degrés Celsius et courir par ce temps était un véritable régal. Elle avait fait exprès de refaire son lacet juste devant lui afin de voir sa réaction et attirer son attention, mais ce mystérieux personnage ne l’avait pas encore remarqué, bien trop absorbé à lire son histoire. Rebecca ne lâcha pas l’affaire pour autant. Elle s’étira les adducteurs faisant mine de faire sa gym devant lui, il la regarda et avait souri en la voyant faire.
Il se leva et rangea son livre dans son sac à dos posé près de lui. En réalité, il ne l’avait presque pas calculé. Vexée, Rebecca se mit à courir du côté opposé où cet homme était parti. Elle détestait le fait qu’on ne la remarque pas alors que pour une femme elle était placée parmi les plus jolie de sa catégorie. Elle se rappela sa rivalité avec Amélie Santos dont la plastique en aurait séduit plus d’un. Elle était souvent en concurrence avec Amélie. Le matin, dans sa routine passée, elle voulait toujours paraître la plus belle et ce même si parfois, il fallait être un peu vulgaire et cela lui avait fait bizarre de repenser à Amélie, tellement, qu’elle en avait souri. Rebecca balaya cette pensée et se retourna en direction de cet inconnu. Et ce matin, elle refusa que l’amour lui passe sous le nez, elle croyait fort aux signes du destin et elle n’allait pas passer sa vie avec ne faire que baiser des inconnus, même si elle s’était fait une raison quant aux relations de couples. Un homme beau et cultivé avait fait chavirer son cœur, un matin de juillet. Alors, elle lui courut après et ce ne fut qu’arrivé devant le portail d’entrée du parc qu’elle l'aperçut. Elle prit son courage à deux mains, remit sa couette en place, respira un grand coup et partit l’accoster.
- Euh, excuse-moi de te déranger. Je t’ai croisé tout à l’heure. Tu lisais un livre, tu t’en rappelles, car il me semble que tu m’as regardé…
Elle était un peu essoufflée, mais elle ne manqua pas d’assurance. Rebecca la regarda dans les yeux et sourit en disant :
- Je m’appelle Rébecca, on pourrait parler un peu, qu’est-ce que tu en penses ?
L’homme visiblement gêné, l’avait de suite reconnue et lui demanda :
Merci, mais je ne suis pas intéressé, mon cœur est déjà pris, puis il lui montra la bague à son doigt et finit par, je me suis fiancé, il y a tout juste deux jours. Même si je n’ai pas l’habitude que l’on me drague de la sorte, merci. Mais je pense que tu vas trouver un homme, tu es belle et tu as l'air sportive, disait-il en la regardant de haut en bas. Tu vas trouver l’amour un jour, j’en suis sûr !
Rébecca lui répondit :
- Ah, d’accord, d’accord, je n’ai pas l’habitude, mais tu es fiancé, ok… Je pourrais quand même savoir ton petit nom ?
- Je m’appelle Andres, mais je vais y aller, mon bus arrive. Désolé, lança-t-il en regardant l’arrêt de bus.
Elle était dégoûtée, énervée même. Elle resta statique et le regarda partir sans dire mot, simplement elle se disait qu’il était quand même bien petit. Andres devait approcher à vue d'œil les un mètre soixante alors que Rebecca, elle, faisait un soixante-quinze.
Elle repartit dans le parc terminer sa course et dans ses pensées, il tournait en boucle le visage et prénom de ce personnage. Elle s’était jurée encore de ne plus le refaire. Mais loin de moi l’idée de vous dire qu’elle n’était pas arrivée au bout de ses peines. Mais le destin est une force puissante et quand il nous choisit, c’est souvent pour vivre le bonheur le plus absolu.
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