La nuit du chat
La nuit du chat
25 mars 2015 – V9V – Poésie SF
La nuit du chat
Le Miss s’endort collé contre ton dos,
Insoucieux du dehors, lové au chaud.
Ce chat sans race, que tu perds dans tes songes,
Sur des fils se déplace pour que s’allonge
Dans l’invisible une part de toi-même.
L’animal est paisible, pour peu qu’on l’aime.
Très sociable sous de douces caresses,
C’est l’ange du diable de par l’espèce.
Dans ton sommeil, de l’air que tu respires,
De ton cher sang vermeil, il en retire
Des bulles pers, gazelles d’Uranus.
Alors, dans ses yeux verts, tout son tonus
Explose en feu, en flammèches vivantes
Qu’il tresse peu à peu, virevoltantes
Pukus d’étoiles, comme une passerelle
Qui flotte sur les voiles ! Telle une échelle.
Prêt à partir, s’accrochant à l’éther,
Le fil du Miss s’étire en un mystère
Abandonné par la raison des hommes.
Le félin a gardé, le temps d’un somme,
La faculté de retrouver les siens,
Vagabonds étrangers : les Uraniens.
Là-bas, chez lui, sous Puck et Miranda,
Jusqu’au bout de la nuit, il dansera…
De quelques vies, il a rempli son sac.
Délaissant Ophélie, il part ric-rac
Te retrouver. Sur son fil de lumière
Il est vite rentré sur notre Terre.
S’ouvrent tes yeux. Sur le lit, Mistigri
Câlin ronronne, heureux, bien dans sa galaxie.
Dans ton cercueil, geôle de l’âme, Camille,
Piaffent mille chevreuils, qu’un chat titille.
💬 Commentaires 25
J'aime bien ce côté poétique de tes mots.
Mais j'imagine que je n'ai peut-être pas bien compris le sens profond du texte, mais est-ce si grave si on l'apprécie ?
Trêve de plaisanterie. La forme et le fond sont travaillés, padawan de 2015.
Décasyllabe, rimes à mi-ver et fin de ver - sauf le "xie" de galaxie.
Sur le fond, il y a quelque chose de magique, d'envoûtant, mais je ne dois pas être assez sensible puisque je m'y suis bien adaptée, même en deuxième lecture :D
C'est quoi ce monde aseptisé et précautionneux... !