Saison 1 - Épisode 7 - SAMOURAÏ SHODOWN
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L'agitation de Tokyo s'arrêta brutalement.
Quelques rues plus loin...
Le silence.
Le sanctuaire d'Asakusa semblait appartenir à un autre monde.
Les touristes étaient déjà partis.
Les lanternes commençaient à s'allumer.
Le vent faisait doucement danser les feuilles d'un immense ginkgo plusieurs fois centenaire.
Sous ses branches...
Deux hommes.
L'un très âgé.
L'autre beaucoup plus jeune.
Ils jouaient tranquillement au Go.
Sans dire un mot.
La Supra s'arrêta.
Le moteur se tut.
Les deux chats descendirent les premiers.
Ils traversèrent lentement la cour.
Le plus vieux des deux hommes leva les yeux.
Un sourire.
« Tu es en retard. »
Emmanuel sourit à son tour.
« De vingt-trois minutes. »
Le vieil homme reposa une pierre sur le plateau.
« Vingt-quatre. »
Le jeune moine éclata discrètement de rire.
« Père...
Vous avez compté ? »
« Depuis hier. »
Emmanuel s'inclina profondément.
Le vieux lui donna une petite tape derrière la tête.
« Arrête.
Tu n'as jamais su t'incliner correctement. »
Le jeune moine regardait Emmanuel avec curiosité.
« C'est donc lui ? »
Le vieux soupira.
« Malheureusement. »
Emmanuel leva les yeux au ciel.
« Bonjour Maître... »
« Tu as maigri. »
« Merci. »
« Ce n'était pas un compliment. »
Ils s'assirent.
Le jeune servit le thé.
Le vieux observa Emmanuel.
Longtemps.
Puis ses yeux tombèrent sur le rosaire.
Ils restèrent dessus quelques secondes.
Aucune surprise.
Aucune question.
Seulement un léger sourire.
« Elle te l'a donc transmis... Intéressant... »
Silence.
Il ne demanda rien d'autre.
Comme si cela lui suffisait.
Le vent reprit.
Le jeune moine observait alternativement Emmanuel... puis le rosaire.
Le vieux reprit son thé.
« Alors...
Parle-moi d'elle. »
« Qui ? »
« Celle qui conduit trop vite. »
Emmanuel éclata de rire.
« Nicky. »
« Oui.
Elle apprend ? »
« Elle apprend surtout à casser des voitures. »
Le vieux acquiesça.
« C'est normal.
Les jeunes veulent toujours aller vite.
Ils découvrent plus tard que la vitesse ne sert qu'à arriver plus tôt à ses erreurs. »
Le jeune moine nota discrètement la phrase dans un petit carnet.
Le vieux le regarda.
« Arrête d'écrire.
Réfléchis. »
Le carnet disparut immédiatement.
Emmanuel sourit.
« Elle a du talent.
Mais elle croit encore que gagner une course suffit. »
Le vieux hocha lentement la tête.
« Et toi ?
Qu'as-tu appris ? »
Silence.
Très long.
« Qu'on peut gagner...
Et perdre l'essentiel. »
Le vieux sourit.
« Enfin...
Tu commences à devenir un Samouraï. »
Le jeune leva les yeux.
« Ce n'est pas ce que vous lui disiez avant. »
Le vieux éclata franchement de rire.
« Avant...
C'était juste un Français têtu. »
Tous les trois rirent.
Le soleil disparaissait derrière les toits.
Le vieux posa sa tasse.
Il se leva difficilement.
La maladie se voyait.
Son souffle était plus court.
Ses jambes tremblaient légèrement.
Pourtant...
Son regard n'avait pas changé.
« Allez. »
Emmanuel posa doucement sa tasse.
« Ici ? »
« Tu préfères attendre ma mort ? »
Ils se placèrent sous le ginkgo.
Le jeune moine recula.
Les chats montèrent tranquillement sur une vieille pierre.
Ils regardaient eux aussi.
Le vieux leva simplement une main.
« Comme autrefois. »
Le combat commença.
Pas de cris.
Pas de violence.
Seulement le bruit du vent.
Emmanuel attaqua.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Rien.
Le vieux semblait disparaître avant chaque frappe.
Il ne reculait presque jamais.
Il n'esquivait pas.
Il n'était simplement plus là.
Une minute.
Deux.
Trois.
Emmanuel accéléra.
Encore.
Encore.
Toujours rien.
Le jeune moine n'arrivait même plus à suivre leurs mouvements.
Le vieux leva finalement un doigt.
Il le posa doucement sur le front d'Emmanuel.
Le combat s'arrêta.
« Mort. »
Silence.
Emmanuel respirait fort.
Le vieux, lui...
Respirait normalement.
Il remit tranquillement ses mains dans ses manches.
« Tu as progressé. »
Emmanuel attendit.
« Beaucoup. »
Un léger sourire.
Puis il regarda le ciel.
« Mais ce qui arrive...
N'a jamais eu lieu depuis des siècles. »
Le vent traversa les branches.
Quelques feuilles tombèrent.
Le vieux fixa Emmanuel.
« Tu devras encore progresser... »
Il marqua une pause.
« ...si tu veux survivre à ce qui t'attend. »
Les deux chats relevèrent la tête.
Le rosaire vibra doucement.
💬 Commentaires 2
On apprend que Manu a pris de l'âge, qu'il est sûrement très bon dans les tubes de Caparica, mais beaucoup moins rapide en mode Ninja😁