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lundi 03 août 2026 💬 Discussion libre Archivé

Une bonne histoire a-t-elle forcément besoin d'un conflit ?

Chaque récit commence par un équilibre.

Puis quelque chose le bouscule.

Une rencontre, un choix, une peur, une catastrophe ou parfois... rien de spectaculaire. Juste un doute qui s'installe.

Depuis toujours, on nous répète qu'une histoire a besoin d'un conflit.
Mais est-ce vraiment une règle ? Peut-on captiver un lecteur sans affrontement, sans antagoniste, sans bataille à livrer ?

Ce soir, près du feu de l'Auberge, les Scribonautes vous invitent à débattre de ce qui fait battre le cœur d'un récit.


Aujourd'hui, nous vous proposons de partager :
* votre vision du conflit en littérature
* si vous pensez qu'un récit peut s'en passer
* le type de conflit que vous préférez écrire ou lire
* un livre qui vous a marqué malgré l'absence de véritable affrontement
* la manière dont vous entretenez l'intérêt du lecteur lorsque l'action ralentit

Et si vous le souhaitez, racontez-nous aussi :
* avez-vous déjà écrit un récit presque dépourvu de conflit ?
* le quotidien peut-il suffire à faire une bonne histoire ?
* selon vous, la littérature est-elle en train d'explorer de nouvelles façons de raconter ?
* qu'est-ce qui, à vos yeux, rend une histoire impossible à lâcher ?
Contributions 17 contributions
Je vais commencer par faire une distinction entre conflit et difficulté.
Si un conflit est une difficulté, l'inverse n'est pas toujours vrai.

Certains récits ne présentent que des difficultés, sans conflits, et ce sont pourtant des ouvrages reconnus (L'Homme qui plantait des arbres, Terre des hommes ou, plus récemment, Seul sur Mars).

En ce qui me concerne, je n'ai pas de préférence pour un type de conflit donné, que ce soit à lire ou à écrire, bien que je sois très mauvais pour en écrire certains.

J'ai même fait quelques petites histoires dépourvues de conflit. Je trouve que cela colle très bien aux formats « tranches de vie ». Une anecdote, une aventure, une situation étrange, une rencontre hors du commun... Avec cette approche, le format témoignage est assez efficace, je trouve, et le quotidien est souvent une belle source d'inspiration. On note un petit quelque chose, un détail incongru, une bribe de conversation entendue et on extrapole pour en faire une histoire.

Quant à ce qui rend une histoire impossible à lâcher ? Je n'en sais rien. Dans le cas contraire, je serais certainement un écrivain reconnu.
Je pense que, oui une bonne histoire a besoin d'un conflit pour avancer et rebondir.
C'est le conflit entre Ulysse et Poséidon qui est le cœur de l'Odyssée.
Mais les meilleures histoires jouent sur des conflits intérieurs et là Kafka est indépassable.
D'ailleurs vivre, n'est-ce pas aller de conflit en conflit ?
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 08:56
Je te réponds dans mon propre post.
Je pense qu'au-delà du conflit, la plupart des très bonnes histoires portent en elles une tension, une question qui reste ouverte. Si tout est clair dès le départ, si tout est déjà tranché, il n'y a plus vraiment d'histoire susceptible de marquer le lecteur. Il ne reste que des historiettes, qui peuvent parfaitement atteindre leur objectif — faire rire, émouvoir, divertir, faire un peu réfléchir — sans pour autant laisser une empreinte durable.

Ce qui nous pousse à tourner les pages, ce n'est pas forcément un affrontement. C'est l'incertitude. Le besoin de savoir.

Certains chefs d'œuvre (ex. "A la recherche du temps perdu") se passent de conflit(s), mais il existe une tension profonde, souvent intérieure. Même un récit contemplatif fonctionne parce qu'il fait naître une attente chez le lecteur : que va-t-il comprendre ? Que va-t-il choisir ?

Le conflit au fond n'est peut-être qu'une des formes possibles de la tension narrative. Une énigme, un désir, un manque, une métamorphose annoncée ou une simple promesse suffisent parfois à créer cette tension. Sans elle, le récit risque de devenir une succession d'événements plutôt qu'une véritable histoire.

Puisque Phillechat parle de "L'Odyssée", c'est une histoire où le conflit est clair : Poséidon veut empêcher Ulysse de rentrer à Ithaque. Mais on peut expédier cela en quelques lignes : "Après plusieurs années de navigation et quelques périls, Ulysse rentra chez lui. Pénélope l'accueillit avec joie. Les prétendants partirent. Ils vécurent heureux." (Et hop, moi je t'expédie l'histoire ! 🙂) Il n'y a plus de conflit... mais surtout il n'y a plus aucune question. La tension s'effondre. Le conflit avec Poséidon est davantage un moteur qu'une fin en soi. Ce qui captive le lecteur, c'est l'incertitude permanente.
Le conflit est pour moi une mécanique narrative. La tension est un effet produit sur le lecteur.
Et c'est peut-être cette dernière qui est indispensable. Le conflit n'en est qu'une des sources possibles.
phillechat 03/08/2026 à 10:02
Disons que si on enlève le conflit avec Poséidon il ne reste plus grand grand chose de l'Odyssée
phillechat 03/08/2026 à 10:05
La Recherche est truffée de conflits entre personnes : Swann et Odette.
Le conflit moteur edt celui entre le narrateur et son homosexualité, c'est le coeur de la Recherche !
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 10:12
Le conflit moteur edt celui entre le narrateur et son homosexualité : c'est ce que j'appelle une tension, bien plus qu'un conflit.

si on enlève le conflit avec Poséidon il ne reste plus grand grand chose de l'Odyssée : on peut très bien enlever ce conflit et d'Ulysse un homme ballotté par les flots (au propre comme au figuré) et le hasard. Ici, le conflit est le moteur de départ, mais Hopmère aurait pu raconter les péripéties d'Ulysse sans cete dimension (qui explique, mais qui n'indique pas comment ça va se terminer).
phillechat 03/08/2026 à 10:23
La différence entre conflit et tension le semble un peu casuistique : il ya bien un immense conflit intérieur chez le narrateur par rapport à l'homosexualité.
phillechat 03/08/2026 à 10:28
Pour l'Odyssée toute l'histoire n'a de sens que dans le cadre de la guerre de Troie : toute l'histoire d'Ulysse est celle d'un post traumatisme consécutif au conflit par excellence : la guerre !
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 10:56
Ça, c'est une vision très moderne : chez les Grecs anciens, les héros ne souffrent pas vraiment de post trauma 😀
phillechat 03/08/2026 à 10:58
C'est la grandeur des classiques : rester pertinent pour chaque époque !
C'est très visible dans le film de Nolan !
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 17:33
A propos de l'Odyssée - deux choses :
- On peut imaginer un récit où Ulysse erre pendant des années sans que cette errance soit causée par la colère de Poséidon. Les épisodes resteraient intéressants s'ils continuaient à nourrir la même incertitude : rentrera-t-il ? dans quel état ? retrouvera-t-il les siens ?
- "Toute l'histoire d'Ulysse est celle d'un post-traumatisme." Ça, c'est une lecture contemporaine, qui est le point de vue de Ch. Noman, qui a le droit de faire ce qu'il veut dans son film (mais pas de se réclamer d'Homère sur ce point). Ce n'est certainement pas ce qu'Homère met en scène (maintenant, ma lecture remonte à quelques décennies). Ulysse est surtout le héros de la "mètis", l'intelligence rusée. Il pleure, il souffre, il regrette, mais jamais le texte ne suggère un traumatisme psychique au sens moderne.
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 17:35
"La différence entre conflit et tension me semble un peu casuistique." --> Je pense que c'est précisément là que se situe le cœur du débat. Pour un écrivain, la distinction n'a rien de "casuistique". un exemple très simple : un homme attend les résultats d'une biopsie. Il est seul chez lui. Pendant 20 pages, il ne se passe objectivement presque rien. Pourtant, le lecteur peut être incapable de lâcher le livre. Pourquoi ? Il n'y a ni antagoniste, ni affrontement, ni bataille. En revanche, il y a une tension maximale : quel sera le résultat ? C'est un exemple presque "pur " où la tension existe sans conflit.
phillechat 03/08/2026 à 17:43
Je ne pense pas que la lecture post traumatisme de l'Odyssée soit la plus proche de l'intention originelle, mais que savons-nous vraiment de l'intention d'un auteur dont certains spécialistes disent qu'il n'a jamais existé ?
phillechat 03/08/2026 à 17:46
D'autre part c'est la guerre de Troie qui constitue la toile de fond de l'Odyssée et aussi l'incapacité d'Ulysse den finir avec ce conflit !
phillechat 03/08/2026 à 17:49
L'exemple donné de la biopsie n'est qu'un épisode : honnêtement tu ne vas pas écrire la Recherche sur cet épisode .
En revanche tu peux écrire un chef-d'œuvre avec ton combat avec l'homosexualité et le temps dimension bien étudiée par Deleuze !
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 18:15
Je crois que tu changes un peu les termes de la question au fil de la discussion. Au départ, la question était : "Une bonne histoire a-t-elle forcément besoin d'un conflit ?" Selon moi : non, elle a besoin d'une tension. MAis tu réponds progressivement à une autre question : "Peut-on trouver des conflits dans les grands récits ? A cela, la réponse est évidemment oui. 0n en trouve partout, y compris sous la forme d'un conflit intérieur. Ce n'est pas incompatible avec ce que je dis.
Sur la biopsie, en revanche, il me semble que tu commets un petit glissement logique. Tu écris : "Tu ne vas pas écrire La Recherche sur cet épisode." Mais personne ne l'a prétendu ! L'exemple de la biopsie n'avait pas vocation à fournir la matière d'un roman de 3000 pages. Il servait simplement à montrer qu'il peut exister une tension narrative sans affrontement explicite.
C'est un contre-exemple à une règle générale, pas un modèle de roman.
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 18:18
Concernant "La Recherche", dire le conflit moteur est celui du narrateur avec son homosexualité est un rien réducteur. On pourrait tout aussi bien soutenir que le moteur est la quête du temps perdu...
et puis, que Deleuze ait proposé une lecture de Proust ne signifie pas que cette lecture épuise le roman, ni qu'elle soit la seule pertinente, je crois...
phillechat 03/08/2026 à 18:20
Disons que je prends le terme "bonne histoire" dans le sens d'une histoire complète pas 'un épisode.
phillechat 03/08/2026 à 18:21
D'autre part avec les classiques on a un critère éprouvé de bonne histoire !
phillechat 03/08/2026 à 18:27
aux USA Proust est considéré comme écrivain gay !
Le combat contre le temps qui s'enfuit est central : c'est évident !
GrandeMarguerite 03/08/2026 à 18:38
aux USA Proust est considéré comme écrivain gay ! I know, I've been there. So what? Ça veut dire qu'ils ont raison ?
Ben oui, lire "La Recherche..." sous le seul prisme de l'homosexualité efface toutes les autres dimensions de l'œuvre (et l'appauvrit). On peut tout à fait lire chaque histoire sous un angle précis, mais... ce n'est pas mon approche.
phillechat 03/08/2026 à 18:40
Je ne défends pas la lecture américaine, mais elle montre que ce conflit intérieur peut être lu "officiellement" comme majeur pour l’œuvre !
Je dirai ni oui, ni non; mais je ne la jouerai pas thèse, antithèse, synthèse, parce que vous voudrez que je me "taise". Bien sûr quand on pense au schéma narratif, il y a ces fameuses "péripéties" qui permettent au héros de se transcender ou pas... Mais il peut être aussi amusant de délier du flou, de l'intrigue, sans rien dévoiler ou si peu. D'écrire autour du "rien qui se passe", comme si c'était un moment extraordinaire. Les conflits viennent aussi du type d'écrit vers lequel on se dirige : romance, relationnel famillial, business ou fantaisie. A croire que c'est moins intéressant quand tout va bien et que personne ne s'engueule.
bonjour,
un conflit n est pas pour moi une nécessite..
qu'il y ait un rebondissement , un troisième larron, un incident , accident, oui bien sur !!
Un conflit entre les deux principaux personnages ou le troisième , je ne vois pas forcement l intérêt
Ca dépend vraiment de l'histoire qu'on a envie d'écrire ou, lorsqu'on est lecteur, de ce que l'on a envie de lire. :)
Franchement, sans conflit ou de tension, il ne peut pas y avoir d'élément déclencheur pour que le protagoniste se lance dans sa quête personnelle... Donc, je crois que oui, ça prend un certain degré de conflit pour beaucoup d'histoires.
Il faut bien un élément déclencheur pour raconter une histoire. Raconter une histoire ou tout est parfait et paisible, cela n'aboutit nulle part. Même notre vie n'est pas un long fleuve tranquille. Des événements viennent nous perturber d'une manière ou d'une autre.
Denthil 03/08/2026 à 13:41
Je te conseille de lire "L'Homme qui plantait des arbres", la nouvelle de Jean Giono.
L'histoire d'une rencontre, répétée au fil des ans. C'est beau, paisible et pourtant, cela mène quelque part. :)
Morgane 03/08/2026 à 18:28
Ok merci pour la suggestion de lecture ☺️
phillechat 03/08/2026 à 18:48
tout giorno est en conflit avec la vie moderne surtout l'homme qui plantait !
Le conflit est-il inhérent à l'homme, qui lorsque la tension d'une situation interne ou externe n'est plus supportable alors l'équilibre existant doit changer.
Si des personnes évitent les conflits relationnels très souvent celui-ci se retrouve au niveau interne à défaut de ne pas l'avoir régler.
Alors pouvons nous écrire sans conflit? De mon côté ce sont mes états intérieurs , mes émotions agréables pu désagréables qui me pousse à écrire. Mais lorsque j'écris car je suis émue par la beauté d'une chose, y a t-il conflit? Peut-être y aurait il conflit si je n'assouvissais pas ce besoin d'exprimer, d'extérioriser cette émotion car trop forte même si agréable... donc en conflit ? Avec ma capacité vivre l'instant présent, ou mes capacités d’auto-régulation
Si je connaissais le secret d'une bonne histoire, ce serait un super pouvoir !
Et qu'entend-on par conflit ?
Un bon baston ou une démarche intérieure ?
L'amplitude laisse de l'espoir à beaucoup.
phillechat 03/08/2026 à 18:02
Le vrai conflit est intérieur !!
Il ne me semble pas qu'un conflit soit une obligation pour une histoire captivante. Par contre, il me semble impératif que le héros ou l'héroïne change et se transforme durant cette histoire, qu'il ou elle change de statut, qu'il ou elle modifie sa façon de voir ou de penser avec ce qu'il ou elle aura vécu.
Si pas de conflit et pas de changement chez les protagonistes, on sera dans un histoire essentiellement contemplative qui risque de ne pas captiver.
Mais il ne s'agit que de mon avis ;-)
phillechat 03/08/2026 à 21:04
Oui souvent le conflit central est intérieur !
FredLarsen 04/08/2026 à 08:57
Exactement @phillechat
Du conflit né le changement. Le changement n'est néanmoins pas nécessairement issu du conflit.

Mais fatalement ça fait du conflit une source bien pratique pour amorcer une évolution, interne ou externe à un personnage.

L'on peut cependant écrire sans qu'il n'y ait de changement dans la vie du personnage. La vie déroule sans accro.
L'histoire en elle même n'a pas forcément de conflit mais est-ce que cela veut dire qu'elle n'en provoque pas ?
Un mode de vie que l'on décrira au travers d'un récit imaginaire ou non rentrera en conflit avec le mode de vie du lecteur. On aime lire pour découvrir autre chose que ce que l'on vit. A moins d'apprécier que quelqu'un d'autre vous raconte comment vous avez vécu votre journée.

Donc pour moi, oui, le conflit est essentiel. Soit comme outil, soit comme résultat, volontaire ou non.

Maintenant, sur une note plus personnelle, je préfère les conflits intérieurs. Plus personnels et surtout plus source de tourments. Et ô que j'aime les esprits torturés.
Et j'aime aussi voir les personnages galèrer leur race pour avancer, qu'ils souffrent surtout mentalement. Sinon je trouve leur réussite trop fade.
Au moins un antagoniste (voire plusieurs) ou un (des) obstacle(s).

Difficile de faire autrement. Le principe de 'difficultés à surmonter ' est quasiment une obligation.

Sans parler de la saveur d'un bon conflit verbal, à fleurets non mouchetés.
Ça n'empêche pas les scènes de concorde, mais sans frictions, ça deviendrait vite plan-plan.
Denthil 03/08/2026 à 13:54
Ca dépend. Il y a des oeuvres plus contemplatives, comme La Mezzanine de Nicholson Baker, qui pose des réflexions sur les objets du quotidien. Ni conflit, ni tension. De l'observation et des pensées vagabondes mais une histoire tout de même.
denismursault 03/08/2026 à 14:23
Oui, bien sûr. Pour autant, tu évoques à juste titre le principe de contemplation. Il me semble que dans ce cas, ce doit être plus difficile d'obtenir des rebonds narratifs.
Peut-être, au fond, que le recours au conflit qu'on rencontre ds bcp de textes, est une facilité d'écriture. :)
Non.

Pas besoin de faire des conflits pour faire des chef - d'oeuvres et il y a un manga en ce moment qui cartonne avec ce principe là, presque : Frieren. Ou Sousou no Frieren pour les nippons.

On suit l'après - épopée de Frieren après qu'avec Himmel le Brave,
Ioy_789 03/08/2026 à 15:11
Eisen le nain et le prêtre Heiter ils aient battu le roi démon. Après donc cela, on voit Frieren voit ses amis mourrir car c'est une elfe et pleurer à la mort de son premier compagnon de voyage Himmel. C'est là qu'elle se rend compte qu'elle se rend compte que le temps passe et qu'il faut profiter de chaque instant. C'est aussi le début de sa quête du sens du voyage et de l'amitié sans le côté combat à chaque fois. Elle repart donc avec Strax un guerrier peureux et Fern une disciple mage d'Heiter.

Pour être honnête, il n' y a d'enjeux dans Frieren. Son but est de rattraper le temps et de profiter de ce qu'il y a en plus des beaux dessins de l'ouvrage. Personnellement, j'ai déjà penser à écrire une histoire banale sans conflits comme les tranches de vie.

D'ailleurs, je crois que Sousou no Frieren se traduit par Le deuil de Frieren en japonais.

Mais bref, le conflit est un outil en soi, mais un outil.
Un conflit n' est nécessaire à mon sens. Sûrement plus facile à écrire. Je prends l'exemple de "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" d'Éric Emmanuel Smith. Pas de conflit majeur et un merveilleux livre. J' ai, à mon niveau, écrit un texte de type légende celtique, dans aucun conflit.
phillechat 03/08/2026 à 18:11
une légende sans conflit, y compris avec des forces surnaturelles ?
JanLukin 03/08/2026 à 20:40
Oui, cela parle d'un rite de passage et de choix : "Si tu tends l'oreille."
Mais c'est une histoire très courte et il n'y a pas de personnage principal, donc pas d'arc narratif.
phillechat 03/08/2026 à 21:03
Oui dans ce cas pas de conflit effectivement
Mon esprit tordu m'invite parfois à réfléchir à un récit de cet ordre. Quelque chose d'aussi abscons que profond. Une non-histoire totalement plate et dénuée d'intérêt... quitte à en faire l'intérêt principal de ce récit. J'ai même été jusqu'à imaginer un polar qui reprendrait tous les codes du genre mais... dans un univers sans aucune violence, ni physique, ni verbale. Et ma tête est tellement montée à l'envers que je me dis que cette idée est trop évidente pour qu'elle soit seule à échouer dans les méandres de mon cerveau. Je me dis même qu'un auteur, un de ceux qui a eu la chance de publier une œuvre, a déjà dû s'essayer à ce genre d'exercice.
phillechat 05/08/2026 à 08:33
Ça c'est du conflit... intérieur !
Denthil 05/08/2026 à 09:11
Les polars peuvent aborder bien des genres sans violence ni même crime. Adultères, énigmes, disparitions. Il existe même le genre des Cosy Mystery ou, pour ceux qui ont encore la référence, le "Club des 5" dans la littérature jeunesse.

Pour une ambiance Polar Noir sans la violence qui y est souvent associée, il y a deux incontournables a mon humble avis : "Le Tailleur de Panama" et "Le Détective qui aimait les chats".
Le premier a vraiment l'ambiance mais sans vraiment le coté enquête, néanmoins très bon. Le second est une parodie des polars noirs que je trouve très juste et drole.
Les ateliers/formations du moment nous poussent à définir un conflit dès le début de l'écriture de l'histoire. Perso, ça me bloque totalement. Je ne trouve pas cela très "naturel".