Conseil de Guerre

📖 ASCENDIUM Cycle I Hedora ville de merveilles ! ✍️ DreamSky 📝 3257 mots

Sans perdre un instant, Idrys regagna la salle de réunion, son esprit déjà focalisé sur les mesures à prendre pour affronter la crise imminente. D’un geste précis, il entra en communication avec la Générale Aria Tyros, Supernova de l’armée des forces spatiales, la meilleure tacticienne du Consortium.

L'hologramme d'Aria Tyros s'ouvrit au centre de la pièce tel une fleur carnivore, projetant une présence moins massive que celle de Varek quelques instants plus tôt. Mais on sentait d’emblée cette chose rare : le calme d’un prédateur rassasié. La Générale, issue de la race des Arthryx, n'avait peut-être pas la carrure imposante des Vortach, mais son autorité et son aura de commandante étaient indéniables.

Originaire de la planète Nesthara, Aria Tyros représentait une espèce qui avait évolué dans des labyrinthes souterrains complexes, bâtissant des cités souterraines vastes et ingénieuses. Malgré cette vie sous la surface, les Arthryx avaient développé un sens aigu du voyage spatial et une compréhension profonde des tactiques militaires. Leur capacité à anticiper les mouvements ennemis et à orchestrer des stratégies complexes en faisait des atouts inestimables pour le Consortium.

Contrairement aux Vortach, connus pour leur force brute, les Arthryx excellaient dans l'art de la stratégie et du commandement communautaire. Aria Tyros incarnait parfaitement ces qualités, combinant une intelligence tactique redoutable avec un sens du commandement inébranlable. Destinée à devenir la Reine de son monde, elle jouissait non seulement de la vénération de son peuple, mais aussi du respect des Vortach. Sa réputation était solidement établie : elle avait réussi l’impensable en mettant fin à une guerre de plusieurs siècles entre deux mondes voisins, consolidant ainsi une paix fragile mais durable.

Sous son apparence gracieuse et sa voix douce se cachait une détermination inébranlable, un esprit aiguisé par des siècles d’héritage militaire. Aria Tyros était prête à défendre le Consortium contre toutes les menaces, qu’elles viennent de l’extérieur ou de l’intérieur.

Son apparence captivante était le reflet de la complexité de son esprit. Aria avait la silhouette élancée et agile d’une créature arthropode, évoquant la forme gracieuse d’une fourmi. Ses yeux composés, d’un noir profond et scintillant, semblaient percer les âmes, conférant à son regard un aspect envoûtant et énigmatique. Sa tête insectoïde, surmontée d’une chevelure rousse flamboyante, était également ornée d’une paire d’antennes fines et délicates, qui frémissaient légèrement, captant les moindres variations de l’environnement.

Ses traits mêlaient l’étrangeté et l’évidence. Silhouette élancée, presque musicale ; peau violette à la matité soyeuse, parcourue de reflets ténus ; yeux composés qui accrochaient la lumière et, plus que tout, deux antennes fines qui vibraient à peine — capteurs d’un langage que nul humain ne maîtrisait. Une chevelure rousse, riche, tombait en ondes étudiées le long d’une nuque nerveuse. Chaque geste semblait tissé dans une géométrie de soie : gracieux, précis, calculé pour tenir le regard. Sa voix, chaude, entrait dans la pièce comme un parfum. Sa présence magnétique ne se contentait pas de séduire ; elle commandait l’attention, laissant derrière elle une impression durable, presque indélébile.

La voix douce et mélodieuse d'Aria Tyros résonna à travers l'hologramme, enveloppant la pièce d’une chaleur envoûtante malgré la gravité de la situation. 

— Monsieur Valor, à quoi dois-je l'honneur de cet appel ? 

— Générale Tyros, commença le suzerain, son ton ne laissant place à aucune incertitude, la situation exige votre expertise. Nous faisons face à une menace qui pourrait compromettre la stabilité du Consortium. Vos talents seront cruciaux pour contenir cette crise. 

Un frisson parcourut ses antennes, subtil comme un sourire intérieur.

— Alors parlons franchement, répondit-elle. Qu’est-ce qui respire trop fort dans mon espace ?

Idrys Valor, habituellement stoïque, se sentit néanmoins légèrement rassuré par la présence de cette alliée redoutable et exposa la situation: trois fugitifs, un édifice Esthérian découvert, une fuite, un risque systémique.

Elle l’écouta sans ciller — et le considéra, lui. Son regard le traversa, puis revint, comme pour le mesurer sous plusieurs angles.

— Vous voulez un couvercle, dit-elle doucement. Très bien. Nous le poserons sur l’espace lui-même.

Elle avança d’un pas dans l’hologramme. Le simple mouvement eut l’effet d’un rapprochement réel ; Idrys inclina, malgré lui, imperceptiblement la tête.

Ses doigts effleurèrent ses boucles flamboyantes avec une sensualité naturelle, un geste qui sembla capturer l'attention d'Idrys plus qu'il ne l'aurait souhaité. Le Président Valor, se ressaisissant, fit glisser une main sur la table, concentrant son esprit pour expliquer la situation. 

La Générale, d’un regard perçant qui semblait traverser l’hologramme, comprit instantanément l’ampleur de la situation. Ses yeux composés, profonds et scintillants, brillèrent d’une lueur énigmatique alors qu'elle pesait chaque mot . 

— Exactement, répondit le seigneur, surpris par la rapidité avec laquelle elle saisissait les implications. Pourtant, avant qu'il ne puisse ajouter un mot de plus, Aria, avec une assurance désarmante, poursuivit.

Son regard perçant captant chaque nuance de l’expression de l'autorité se dressant devant elle, esquissa un sourire subtil avant de reprendre, son ton empreint d’une assurance calme mais indéniable.

— Pour neutraliser cette menace, nous devons concentrer nos efforts exclusivement dans l’espace, là où nous avons un contrôle total sur les mouvements et les communications. Voici les tactiques que je propose.

Elle s'arrêta un instant, son regard fixé sur Valor, captant chaque micro-expression sur son visage.

— Premièrement, nous devons établir un blocus spatial autour des principales routes hyperspatiales et des points d'entrée et de sortie des systèmes clés du Consortium. En plaçant des croiseurs intercepteurs et des stations de surveillance équipées de capteurs longue portée, nous pourrons détecter et intercepter tout vaisseau tentant de quitter ou d’entrer dans ces zones. Ces croiseurs seront dotés de dispositifs de brouillage hyperspatial, capables de perturber tout saut en hyperespace, forçant ainsi les vaisseaux suspects à revenir dans l'espace conventionnel, où ils seront à notre merci. 

Elle marqua une pause, observant la réaction de son interlocuteur, puis reprit, ses antennes frémissant légèrement alors qu'elle exposait sa deuxième proposition.

— Deuxièmement, je recommande la mise en place de patrouilles mobiles composées de frégates furtives, capables de naviguer sans être détectées dans les zones périphériques de nos systèmes. Ces frégates seront équipées de scanners à balayage rapide, capables de détecter les signatures énergétiques les plus infimes, même celles masquées par des technologies furtives avancées. En utilisant des trajectoires aléatoires et en changeant constamment leurs points de patrouille, nous minimiserons les risques d’évasion et maximiserons nos chances de détection. 

Un sourire calculé se dessina sur les lèvres d’Aria alors qu'elle poursuivait.

— Troisièmement, nous devons déployer nos unités de chasseurs interstellaires spécialisés dans la traque des cibles rapides. Ces escadrons seront dispersés dans des formations en essaim, couvrant des volumes d’espace importants. Leur mission sera d'intercepter et d'engager immédiatement tout vaisseau suspect, en utilisant des tactiques de harcèlement pour les immobiliser ou les forcer à se rendre. Ces chasseurs, équipés de dispositifs de verrouillage hyperspatial, empêcheront toute tentative de fuite vers l'hyperespace. 

Elle marqua une pause. Ses antennes effleurèrent ses cheveux, comme par inadvertance. Le geste, pourtant, était une prouesse de contrôle : on sentait la caresse et la mise en joue. 

— Enfin, je suggère d'installer des balises d'interdiction hyperspatiale autour des systèmes voisins d'Oberon V. Ces balises créeront une perturbation dans l'espace-temps localisé, rendant tout saut en hyperespace extrêmement risqué, voire impossible. Ainsi, même si les fugitifs parviennent à échapper à nos forces, ils se retrouveront piégés dans un périmètre que nous contrôlons entièrement. 

Elle termina sa présentation en observant Valor avec une intensité tranquille, ses antennes captant les moindres vibrations dans l’air.

— Avec ces mesures en place, Monsieur le Président, aucun vaisseau ne pourra pénétrer ou quitter nos systèmes sans être détecté et intercepté. Nous verrouillerons l’espace autour de nos cibles, les isolant complètement avant de les éliminer. Notre supériorité spatiale sera totale, et le message envoyé à tous ceux qui pourraient être tentés de nous défier sera clair : personne n’échappe au Consortium.

— Tout à fait, acquiesça Idrys, un sourire se dessinant sur ses lèvres, à la fois admiratif et prudent. Vous lisez dans mes pensées. 

Aria Tyros répondit avec une lueur d'amusement dans ses yeux scintillants, ses lèvres formant un sourire séduisant qui ne laissait rien au hasard. 

Ses yeux noirs accrochèrent les siens — et les tinrent un battement de trop.

— Je préfère les induire, Monsieur, dit-elle, presque dans un souffle. C’est plus fiable.

Elle venait de poser le jeu. Séduction comme technique d’encerclement ; intelligence comme venin lent.

Son ton, bien que respectueux, portait une note subtile de provocation, une invitation à un jeu d'intelligence que Valor n'était pas sûr de vouloir accepter. Le charme troublant d'Aria, combiné à son esprit acéré, rendait chaque interaction avec elle délicieusement dangereuse.

— Votre perspicacité est ce qui fait de vous une Générale exemplaire. Le ton d’Idrys se fit plus tranchant, cherchant à réaffirmer son autorité face à l’aura enveloppante d’Aria. Ne me décevez pas, Générale Aria Tyros. Varek l'a fait, et je ne tolérerai aucune erreur de votre part. 

Aria, d’un geste gracieux, s’inclina légèrement, ses mouvements empreints d'une grâce presque surnaturelle. Un sourire mystérieux flottait sur ses lèvres, et ses antennes frémirent de nouveau, comme si elles captaient quelque secret invisible.

— La déception n’appartient pas à mon vocabulaire. La faim, si. Donnez l’ordre, et je m’en chargerai, mon Altesse.

Le timbre retomba sur lui comme une main posée au torse. Il reprit son souffle, plus troublait plus qu'il ne l'aurait voulu. Il se redressa légèrement, cherchant à masquer son trouble derrière un masque d'autorité.

-Que le dispositif soit mis en place immédiatement. Terminé ! Ordonna Valor, sa voix pleine d'autorité, bien qu'une lueur d'incertitude brille dans ses yeux.

— À vos ordres. Répondit la fourmi, sa voix douce et mélodieuse résonnant une dernière fois, laissant derrière elle une empreinte de loyauté teintée d'une séduction subtile. Toujours un plaisir de vous.. entendre. 

Le dernier mot effleura l’air. L’hologramme s’éteignit — et laissa, un instant, la sensation d’une présence restée derrière le vide. 

Idrys Valor demeura seul, un moment assis, l'esprit légèrement troublé, lui qui était habituellement si impassible. 

Il n'aimait guère ces entretiens avec Tyros. Cette femme, redoutablement habile, combinait un charme envoûtant à une intelligence dangereusement aiguë, capable de manipuler presque n'importe qui. Aria n'avait pas accédé au rang de Générale Supernovae sans raison, et sa présence imposante, aussi fascinante que perturbante, ne laissait personne indifférent. Le Président le savait bien, et c'est ce qui le rendait à la fois méfiant et étrangement admiratif.

— Monsieur , puis-je entrer ? retentit une voix polie mais déterminée de l'autre côté de la porte.

— Entrez, je vous en prie, répondit Idrys d’un ton calme, bien que la tension des récents événements perçait légèrement sous sa façade sereine.

La secrétaire fit son entrée dans la salle de réunion, tenant fermement une tablette holographique dans ses mains. Ses pas étaient silencieux, mais ses mouvements étaient empreints de l'efficacité et du professionnalisme qu'exigeait une position aussi sensible. 

— Monsieur, le Cercle a répondu à votre appel. Ils se réuniront demain matin comme vous l’avez ordonné. Chaque membre est en route, et leurs permissions exceptionnelles ont été annulées conformément à vos directives. 

— Excellent travail, répondit-il, une légère teinte de satisfaction dans la voix, bien que ses traits trahissaient le doute et l'anxiété le traversant.

La secrétaire, toujours aussi professionnelle, hésita un instant avant d’ajouter avec une touche de sollicitude dans la voix.

— Monsieur, si je puis me permettre, n'oubliez pas la réception des dignitaires commerciaux d'armement dans quatre heures. 

Idrys leva les yeux, une lueur de fatigue traversant son regard. 

— Merci pour le rappel, répondit-il avec un soupçon d’agacement dans la voix. Avec tout ce qui se passe, cette réunion m'était presque sortie de l'esprit... Assurez-vous de m’informer dès que cescharognard seront là.

Se levant de sa chaise avec une certaine lenteur, Valor se dirigea vers la porte, ses pensées déjà tournées vers l'importance de la rencontre à venir. Bien que la priorité etait tout autre à ses yeux, il savait que la réception de ces puissants acteurs du secteur de l'armement nécessitait toute son attention. La réussite de cette rencontre pourrait bien déterminer l’avenir du Consortium lui même.

Alors qu'il se dirigeait vers ses appartements, il passa une main sur son front, effleurant les signes de fatigue qui commençaient à se manifester. Malgré tout, il se préparait mentalement à affronter une autre bataille, celle des négociations politiques, aussi cruciale que n'importe quel conflit spatial.


Huit heures plus tôt - Salle du Conseil du CERCLE.

— Mesdames, Messieurs, déclara Idrys Valor avec une courtoisie empreinte d'une autorité naturelle, alors qu’il accueillait la délégation commerciale d'armement. Sa voix résonnait dans la vaste salle, imprégnée d'une gravité qui commandait l'attention.

Cette délégation représentait l'élite de BlueZyn Corp, l'entreprise la plus puissante du Consortium. Subventionnée en grande partie par le gouvernement, cette corporation avait pour mission de renforcer et d'améliorer l'armement et l'équipement de l'armée des Supernovae. Chaque année, une réunion cruciale était organisée pour décider des orientations technologiques militaires à venir.

— Je vous prie, prenez place, poursuivit Valor, d’un geste élégant de sa main droite à six doigts, désignant les sièges autour de la table. Les deux Généraux étaient déjà présents sous forme holographique, leur participation à distance étant essentielle en raison de l’urgence des affaires militaires.

— Veuillez excuser leur absence physique, ajouta-t-il d’un ton solennel. Des affaires d’une importance vitale retiennent nos deux officiers sur leurs postes respectifs.

Une voix grave, rocailleuse, vibra alors dans la pièce : 

— Toujours si cérémonieux, Idrys, toujours impeccable. C’est presque apaisant.

C’était Vaan Outen, Président de BlueZyn Corp.Cet homme d'affaires, l'une des figures les plus influentes du Bras d'Orion, était un Azarien dont la richesse et le pouvoir étaient légendaires. Sa peau gris ardoise, typique de son espèce, contrastait avec sa petite stature et son corps svelte, taillé avec la précision d'un sculpteur. Malgré sa taille modeste, il dégageait une présence qui dominait la salle. Ses yeux noirs, perçants comme des poignards, scrutaient chaque détail, chaque mouvement, avec une intensité quasi dérangeante. Il était le seul être du Bras d'Orion capable d'une autorité similaire à celle du Président lui même.

Vaan Outen portait un costume d’un noir profond, fabriqué à partir de fibres ultra-modernes qui réagissaient à la lumière en produisant des reflets subtils. Ce vêtement sophistiqué, bien qu’élégant, ne dissimulait pas l'aura menaçante qui émanait de lui. Entre ses doigts, un cigare de luxe, roulé dans des feuilles de Kaldran, émettait un mince fil de fumée argentée. Outen le tenait non pas comme un vice, mais comme une signature. Il l’alluma, lentement, sans se soucier du protocole, avant de répondre d’un ton où se mêlaient courtoisie et familiarité :

— Allons, mon cher Idrys, inutile de t’excuser. Quand on dirige un empire, il faut savoir déléguer. Il sourit, un sourire de velours où brillait un éclat d’acier. Et puis, entre nous, je doute que le Consortium s’écroule parce que deux hologrammes remplacent deux uniformes, n’est-ce pas ?

Valor soutint son regard un instant, puis répondit d’un ton parfaitement neutre : 

— Vous n’avez pas changé, Vaan. Toujours cette propension à mêler le sarcasme aux affaires d’État.

— Le sarcasme, répliqua Outen en exhalant un nuage de fumée, est parfois la seule arme honnête dans cette salle, non ?

Malgré sa petite stature, l'autorité que Vaan Outen imposait dans la salle était écrasante. Chacun savait que cette réunion serait décisive pour l'avenir des forces armées, et que chaque mot échangé pourrait influencer les décisions stratégiques majeures.

Il était accompagné de son assistante et vice-présidente, Ulria Cars, du directeur du département technologique d'armement, Zerio Frick's, et du scientifique en chef, Elon Dern. Deux immenses gardes du corps GolGor, véritables montagnes de muscles et de métal, complétaient la délégation. Ces colosses, taillés pour le combat, étaient équipés des derniers armements portatifs développés par BlueZyn Corp, ajoutant une touche supplémentaire de menace à l’entourage déjà intimidant de Vaan Outen.

— Tout le monde est présent, je vous prie de bien vouloir vous asseoir, ordonna le Président d’un ton qui n'invitait à aucune objection. Fermez la porte, s’il vous plaît. 

La lumière dans la pièce s'atténua, plongeant la salle dans une ambiance sobre, propice aux discussions sérieuses. Le murmure des préparatifs s’évanouit alors que chacun prenait place, l’atmosphère devenant immédiatement plus solennelle.

Vaan Outen, d’un ton empreint d’une fausse camaraderie, prit la parole en s’adressant au Général Varek. 

— Varek, cela fait un certain temps que nous n’avons pas eu l’occasion de discuter, vous et moi ! J’espère que vous nous ferez l’honneur de votre présence lors des Championnats de gladiateurs dans quatre ans ? demanda-t-il avec un sourire qui, malgré son apparence affable, était marqué par une froideur calculée.

Ryden, adoptant un ton décontracté, répondit chaleureusement. 

— Monsieur Outen, en effet, cela fait trop longtemps. Les affaires m’ont accaparé, et j’en suis désolé. Mais soyez assuré que je ne manquerai pas vos jeux dans quatre ans. C’est un événement que j’attends avec impatience.

— Voilà qui me réjouit, mon cher Varek, répliqua Vaan Outen, son sourire s'élargissant. Puis, tournant son attention vers Aria Tyros, il ajouta avec une insistance subtile : Et vous, MiLady Tyros ? Nous feriez-vous l'honneur de votre présence ? 

Les yeux noirs d'Aria brillèrent d’un éclat glacial alors qu’elle rétorquait avec une hauteur qui faisait écho à sa réputation. 

— Vos divertissements barbares ne m'intéressent pas, Outen, et vous le savez pertinemment. J’ai des responsabilités plus élevées que de m’adonner à des spectacles pour le Bras d’Orion. Général Varek, je vous conseille de réfléchir à la dignité de votre rang avant d'accepter de telles invitations. 

— Voyons, murmura Vaan, l’air amusé. Ce ne sont pas des morts… ce sont des investissements qui s’amortissent. 

Varek éclata de rire, sa voix joyeuse contrastant vivement avec la froideur d’Aria. 

— Toujours aussi rigide, Générale Tyros ! Ces jeux ne sont pas qu'un simple divertissement, mais une démonstration de la puissance et de la discipline des Supernovae's. Mais chacun ses goûts, n’est-ce pas ? D’ailleurs, Monsieur Outen, j’aimerais vous inviter à une chasse sur Omega X le mois prochain. Vous êtes un chasseur accompli, à ce qu’on dit ? 

Vaan Outen tirant sur son cigare, savourant l’attention avant de répondre, un sourire satisfait flottant sur ses lèvres. 

— Ce serait un honneur de me joindre à vous, mon cher. Et il semble en effet que ma réputation de chasseur me précède. 

Alors que l’échange se poursuivait sur un ton léger, Idrys Valor, qui avait observé la scène avec une patience mesurée, intervint d’une voix ferme qui coupa court aux plaisanteries. 

— Messieurs, je vous prie. Le ton du Président était glacial, ramenant immédiatement le sérieux dans la salle. Ce qui nous réunit aujourd'hui dépasse de loin les convenances mondaines. Je vous demande de concentrer toute votre attention sur les enjeux stratégiques de cette réunion. 

Le poids de ses paroles fit taire toute légèreté. Les regards se tournèrent vers lui, et l’atmosphère dans la salle devint plus tendue, chacun comprenant que les décisions qui allaient être prises ici auraient des répercussions bien au-delà de cette salle. L'heure était venue de mettre de côté les plaisanteries pour se concentrer sur les affaires d'État qui allaient modeler l'avenir du Consortium.

Vaan écrasa lentement son cigare dans le cendrier intégré à la table. — Très bien, Idrys, très bien… fit-il, un demi-sourire aux lèvres. Revenons aux choses sérieuses, puisque tu insistes.

Son regard s’assombrit, redevenant celui de l’homme d’affaires qui gérait des guerres comme on gère un portefeuille.

— Maintenant que tout le monde est attentif, commençons, je vous prie ! Lança Idrys Valor, sa voix claquant comme le signal de départ d'une course cruciale.


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