Saison 5 - Épisode 6 - THE GIRL BEFORE TOKYO

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 509 mots


La pluie tombait sur Caparica.

Pas beaucoup.

Juste assez pour rendre les néons magnifiques.

Juste assez pour rappeler à Emmanuel certaines nuits.

Tokyo, Kaunas, Vilnius.

Les villes où les gens mentent mieux que les autres.


Nicky frappait un sac de sable.

Seule.

Dans une vieille salle de boxe d'Almada.

BOUM.

BOUM.

BOUM.

Le cuir grinçait.

Les chaînes vibraient.

Et chaque coup semblait porter plusieurs années de colère.


Au même moment.

Emmanuel était assis dans sa Supra.

Garée de l'autre côté de la rue.

Café, clope.

Et observation.

Comme toujours.

Alex arriva.

— Qu'est-ce qu'on fait ?

— On regarde.

— Ça fait deux heures.

— Oui.

— Tu es bizarre.

— Oui.


Alex regarda à travers la vitre.

Puis Nicky.

Puis Emmanuel.

— Tu savais.

— Oui.

— Depuis combien de temps ?

— Depuis le premier jour.

Silence.

— Bordel...



Parce que la vérité...

La vraie...

Personne ne la connaissait.

Même Luna.

Même Diana.

Même Joe.

Personne.

Pourquoi Emmanuel avait choisi Nicky ?

Pourquoi elle ?

Parmi toutes les personnes rencontrées à Caparica ?

Pourquoi elle ?


BOUM.

Le sac encaissa encore un coup.

Puis un autre.

Puis encore un autre.

Et soudain...

Nicky s'arrêta.

Une image.

Un souvenir.

Un pensionnat militaire.

Une cour.

Une sirène.

Des bottes.

Des cris.

Des instructeurs.

Des règles.

Toujours des règles.


À quatorze ans...

Son père avait abandonné.

Enfin.

C'est comme ça qu'elle l'avait vécu.

Trop de bagarres.

Trop de problèmes.

Trop de colère.

Trop de Nicky.

Alors il l'avait envoyée dans une académie militaire.

Loin.

Très loin.

Pour qu'on lui apprenne ce qu'il n'arrivait plus à lui apprendre.

La discipline.


Échec total.


Mais là-bas...

elle avait appris autre chose.

Tomber.

Se relever.

Encaisser.

Continuer.

Encore.

Toujours.


Puis il y avait eu son frère.

Nathan.

Boxeur professionnel.

Machine de guerre.

Et surtout...

meilleur ami.

Pire ennemi.

Professeur.

Protecteur.

Tout à la fois.

Toute son enfance.

Tous ses week-ends.

Tous ses étés.

Même scénario.

— Remets tes gants.

— Va te faire foutre.

— Remets tes gants.

— Non.

Puis cinq minutes plus tard.

Elle les remettait.



Il lui avait appris à se battre.

Vraiment.

Pas pour gagner.

Pour survivre.

Nuance.


Et pendant des années...

ça avait fonctionné.

Jusqu'au jour où ça avait dérapé.

Vraiment dérapé.

Un combat.

Une mauvaise décision.

Un type à l'hôpital.

Des conséquences.

Et ce jour-là...

Nicky s'était jurée quelque chose.

Plus jamais.

Plus jamais les poings.

Plus jamais les pieds.

Plus jamais.


Le problème...

C'est que les promesses faites à vingt ans sont souvent stupides.



Ce soir-là.

En quittant la salle.

Trois types l'attendaient.

Pas Atlas.

Pas Viktor.

Des abrutis locaux.

Les mauvais.

Ceux qui confondent courage et nombre.

Et malheureusement pour eux...

Ils avaient choisi Nicky.


Le premier la saisit par le bras.

Erreur.

Immense erreur.

Le deuxième souriait déjà.

Le troisième filmait.

Encore plus grosse erreur.

Puis quelque chose céda.

À l'intérieur.

Une vieille porte.

Un vieux verrou.

Une vieille promesse.

Et soudain...

BOUM.

Le premier homme toucha le sol.

Très vite.

Très très vite.

Le deuxième suivit.

Puis le troisième.

Le téléphone vola.

Un genou céda.

Une épaule aussi.

Trente secondes.

Pas plus.

Silence.

Le calme revint.

Comme si rien ne s'était passé.


— Bordel...

murmura Alex.

Depuis la voiture.

— Oui.

répondit Emmanuel.

— Elle est terrifiante.

— Oui.

— Tu savais ça aussi ?

— Oui.



Nicky respirait fort.

Très fort.

Parce qu'elle n'était pas en colère.

Pas vraiment.

Elle était déçue.

D'elle-même.

Encore.

Puis une voix résonna derrière elle.

— Enfin.

Elle se retourna.

Emmanuel.

Évidemment.

— Tu me suivais ?

— Oui.

— C'est illégal.

— Probablement.


Puis le silence tomba.

Et pour la première fois...

Emmanuel la regarda autrement.

Pas comme une élève.

Pas comme une pilote.

Comme quelque chose qu'il attendait.

Depuis longtemps.

— Voilà.

— Voilà quoi ?

— La vraie Nicky.

Silence.

— Tu ne comprends pas.

— Si.

— Non.

— Si.

Long silence.

Puis Emmanuel sourit.

Le sourire du mentor.

Le mauvais.

Celui qui annonçait toujours une catastrophe.

— Ta vraie formation commence maintenant.

Le vent souffla.

La pluie aussi.

Et Nicky sentit immédiatement que quelque chose venait de changer.

Pas dans la mission.

Pas dans Atlas.

Pas dans Origin.

Dans son destin.

Et au loin...

sur les falaises...

Luna observait.

Le Rosaire dans la main.

Et pour la première fois...

une des perles vibra en regardant Nicky.

Comme si elle aussi venait de reconnaître quelque chose.


💬 Commentaires 1

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Lana • 1 semaine, 4 jours
J'adore Nicky. Je veux voir sa photo et savoir à quoi elle ressemble.
Toujours les mystères du rosaire. Hâte de découvrir ce qui se cache derrière tout ça.
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