Saison 4 - Épisode 3 - BLACK WATER

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 482 mots


Le soleil venait à peine de se lever.

Caparica était encore vide.

Ou presque.

Les touristes dormaient.

Les bars étaient fermés.

Les écoles de surf n'avaient pas encore installé leurs planches.

Mais au large...

une houle parfaite avançait vers la côte.

Des lignes propres.

Longues.

Puissantes.

Le genre de matinée qui rend les surfeurs malades quand ils la ratent.

Au sommet de la dune.

Alex tenait un café.

— Je vais être honnête.

Joe leva les yeux.

— Ça commence mal.

— Je ne comprends pas le surf.

— Normal.

— Ils regardent de l'eau pendant deux heures.

— Oui.

— Puis ils hurlent parce qu'une vague est jolie.

— Oui.

— Puis ils reviennent en disant que ça a changé leur vie.

— Oui.

— C'est une secte.


Joe hocha la tête.

— Complètement.

Au loin.

Deux silhouettes avançaient déjà vers l'océan.

Luna.

Et Emmanuel.

Comme toujours.

Pas besoin de parler.

Pas besoin de plan.

L'océan faisait déjà le reste.


La première vague arriva.

Luna partit.

Une droite parfaite.

Rapide.

Élégante.

Presque agressive.

Puis Emmanuel prit la suivante.

Et tout le spot se retourna.

Parce qu'il ne surfait pas.

Il attaquait.

Bottom.

Spray.

Cut-back.

Re-entry.

Tout semblait violent.

Et pourtant parfaitement contrôlé.

Comme sa conduite.

Comme sa vie.

Comme ses combats.

Depuis la plage.

Des dizaines de surfeurs observaient.

Certains filmaient.

D'autres secouaient la tête.

— C'est qui ce type ?

— Le Français.

— Celui avec la Supra ?

— Oui.

— Il est complètement malade.

— Oui.


Une heure plus tard.

Les deux revenaient vers la plage.

Essoufflés.

Heureux.

Vivants.

Le genre de sensation qu'aucune mission ne pouvait offrir.

Luna posa sa planche dans le sable.

Puis regarda Emmanuel.

— Tu es moins en colère aujourd'hui.

— Ah bon ?

— Oui.

— Comment tu sais ?

Elle sourit.

— Tu surfes moins vite.


Puis elle fit tourner lentement le rosaire noir.

Le vent soufflait dans ses cheveux.

Et pendant une seconde...

son regard se perdit au large.

Très loin.

Comme si elle cherchait quelque chose.

Ou quelqu'un.


À ce moment-là.

Le téléphone de Diana sonna.

Encore.

Toujours.

Parce que les bonnes journées ne duraient jamais.

— J'ai trouvé quelque chose.

Alex leva les yeux au ciel.

— Diana.

— Quoi ?

— Un jour.

— Oui ?

— Tu vas m'appeler pour me dire : "Je n'ai rien trouvé."

— Ce jour-là je serai morte.


Quelques minutes plus tard.

Toute l'équipe était réunie dans le triplex.

Des écrans partout.

Et au centre.

La photographie volée à Estoril.

La vraie.

Pas la copie.

La vraie.

Cette fois.

Ils pouvaient l'étudier correctement.

Diana zooma.

Encore.

Encore.

Puis encore.

Le groupe soviétique apparut.

Les scientifiques.

Les militaires.

Les logos.

Les bâtiments.

Et tout au fond.

L'enfant.

Toujours lui.

Toujours Emmanuel.

Mais cette fois...

quelque chose d'autre apparut.

Une femme.

Floue.

Presque hors cadre.

Comme si elle n'aurait jamais dû apparaître sur la photo.

Silence.

Klaudija se leva.

Instantanément.

Le visage fermé.

Très fermé.

— Impossible.

Personne ne parla.

— Klaudija ?

demanda Nicky.

Elle regardait toujours l'écran.

Comme si elle venait de voir un fantôme.

Puis elle murmura :

— Je connais cette femme.

Silence.

Complet.

Même Alex arrêta de manger.

— Qui est-ce ?

demanda Emmanuel.

Klaudija hésita.

Longtemps.

Trop longtemps.

Puis :

— Je pensais qu'elle était morte.

Et pour la première fois depuis des mois...

Emmanuel sentit quelque chose.

Pas de la peur.

Pas encore.

Mais un changement de courant.

Comme dans l'océan.

Le moment précis où la vague commence à se former.

Et tout sur son visage lui disait la même chose.

Quelque chose approchait.

Quelque chose qui n'avait rien à voir avec Atlas.

Et qui était beaucoup plus personnel.

Au loin.

Sur la plage de Caparica.

Le soleil continuait de briller.

Comme si le monde allait parfaitement bien.

Mais quelque part...

très loin derrière eux...

une histoire beaucoup plus ancienne venait de se réveiller.

💬 Commentaires 2

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Lana • 2 semaines
Quel surfeur incroyable ce Manu.
👍 1
Splinter Auteur • 2 semaines
pascal Sevran dirait même : Quel bel Homme, hein Tintin ?
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