Saison 4 - Épisode 2 THE ESTORIL AFFAIR
CAPARICA SINS
La nuit était tombée sur Estoril.
Pas une nuit ordinaire.
Une de ces nuits où l'argent semble flotter dans l'air.
Les Bentley s'alignaient devant l'entrée.
Les Ferrari brillaient sous les projecteurs.
Les palmiers illuminés donnaient à l'ensemble des allures de carte postale pour milliardaires.
Le Casino d'Estoril accueillait un vernissage privé.
Collection rare.
Photographies historiques.
Invités triés sur le volet.
Politiques.
Banquiers.
Collectionneurs.
Mafieux.
Et quelque part dans cette foule...
Viktor.
C'était tout ce que Diana avait besoin de savoir.
Une Aston Martin noire s'arrêta devant les marches.
Alex sortit en premier.
Costume noir.
Lunettes fumées.
Puis Luna apparut.
Et même Alex se tut.
Robe noire.
Longue.
Élégante.
Une esthétique presque gothique.
Mystérieuse.
Les lumières semblaient glisser sur elle sans jamais réellement l'atteindre.
Puis Nicky descendit.
Robe blanche.
Capuche légère.
Silhouette digne d'une reine sortie d'un vieux mythe futuriste.
L'élégance.
La grâce.
Le danger.
Les deux femmes étaient opposées.
Comme l'ombre et la lumière.
Et pourtant parfaitement assorties.
Alex regarda Emmanuel.
Puis les deux.
Puis Emmanuel.
Puis les deux.
— Bro, c'est abusé.
— Pourquoi ?
— Parce que avec elles personne ne vas remarquer que j'ai une montre a 2000000 dollars.
Pendant ce temps.
Joe attendait dans la Mustang.
Le pitbull noir allongé sur le siège passager.
— Pas de champagne et de petits fours pour nous ce soir...
Le chien bâilla.
— Merci pour ta solidarité régime, j'apprécie.
À l'intérieur.
La mission était simple.
Trop simple.
Remplacer une photographie.
Récupérer l'originale.
Partir.
Personne n'y croyait.
Parce qu'avec eux...
rien n'était jamais simple.
La photographie représentait un groupe de chercheurs soviétiques.
Et au fond.
Un enfant.
Toujours le même.
Toujours Emmanuel.
Le plan était parfait.
Donc forcément...
il allait mal tourner.
Luna et Nicky se placèrent près de la salle principale.
Puis la dispute commença.
Une fausse dispute.
Prévue.
Préparée.
Répétée.
Mais incroyablement crédible.
— Tu crois toujours avoir raison !
lança Luna.
— Parce que souvent j'ai raison !
répondit Nicky.
— Tu fonces sans réfléchir !
— Au moins je fonce !
— Tu te prends pour qui ?
— Tu veux vraiment qu'on fasse ça ici ?
Tous les regards se tournèrent.
Parfait.
Le plan fonctionnait.
Les gardes aussi regardaient.
Les collectionneurs aussi.
Même Viktor.
Pendant quelques secondes...
personne ne regardait la photographie.
Et c'était exactement ce qu'il fallait.
Alex passa à l'action.
Invisible.
Rapide.
Précis.
L'ancien illusionniste adorait ce genre de mission.
La photographie disparut.
La copie apparut.
Personne ne remarqua rien.
Une œuvre d'art.
— Je suis un génie, incompris, mais je suis un génie.
murmura Alex.
Puis il prit la direction des cuisines.
Et c'est là que tout partit en vrille.
Comme toujours.
Deux hommes l'attendaient.
Immenses.
Costumes noirs.
Oreillettes.
Regards de prédateurs.
Pas des gardes.
Des tueurs.
Des professionnels.
Les hommes de Viktor.
L'un d'eux regarda Alex.
Puis la photographie sous sa veste.
— Mauvaise sortie.
dit-il calmement.
Alex sourit nerveusement.
— J'en ai connu des meilleures.
Le premier sortit une arme.
Le second aussi.
Et Alex comprit immédiatement une chose.
Cette conversation allait être très courte.
Une ombre surgit.
Puis une autre.
Puis plus rien ne fut lent.
Emmanuel.
Toujours.
Toujours quand il le fallait.
Le premier homme tenta de lever son arme.
Trop tard.
La main d'Emmanuel frappa le poignet.
L'arme tomba.
Un mouvement.
Un pivot.
Le coude.
L'épaule.
Le garde s'écrasa contre un plan de travail.
Le second attaqua immédiatement.
Plus rapide.
Plus dangereux.
Ancien militaire.
Ça se voyait.
Deux échanges.
Trois.
Puis Emmanuel entra dans sa garde.
Court.
Brutal.
Précis.
Pas de gestes inutiles.
Pas de spectacle.
Seulement de l'efficacité.
Le garde s'effondra.
Inconscient.
Silence.
Alex regarda les deux hommes.
Puis Emmanuel.
Puis les deux hommes.
— Tu sais que tu es terrifiant ?
— Pourquoi.
— Tu viens de désarmer et mettre hors service deux mecs de 100 kilos en moins de 30 secondes comme Wolverine, et là tu as un rythme cardiaque proche du néant... Rassure-moi, dedans toi, c'est pas du métal bro ?
Quelques minutes plus tard.
Toute l'équipe quittait le casino.
Mission accomplie.
La photo était dans leurs mains.
Viktor n'avait rien récupéré.
Du moins...
c'est ce qu'ils croyaient.
Parce que depuis la terrasse du casino...
Viktor observait leur départ.
Calme.
Souriant.
Comme un homme qui venait d'obtenir exactement ce qu'il voulait.
L'avocate s'approcha.
— Vous les laissez partir ?
Viktor regarda les lumières de Lisbonne.
Puis répondit :
— Ils pensent avoir volé une photographie.
Silence.
— Et qu'ont-ils réellement pris ?
Le sourire de Viktor s'élargit légèrement.
— La première pièce du puzzle.
Puis il regarda la route qui menait vers Caparica.
Là où roulait déjà la Supra.
— Maintenant nous allons voir jusqu'où Emmanuel est prêt à aller pour découvrir la vérité.
Au loin.
Les lumières de la ville se reflétaient sur l'océan.
Et quelque part dans la nuit...
une nouvelle partie venait de commencer.
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