Saison 2 - Épisode 11 - THE WITCH MARKET
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Cascais ressemblait à une publicité géante pour la richesse. Le soleil descendait lentement derrière les yachts. La marina brillait comme un miroir d'or. Des Ferrari étaient garées devant les restaurants. Des Lamborghini longeaient le port. Des femmes en robes hors de prix buvaient du champagne face à l'océan. Des hommes bronzés parlaient immobilier, crypto et investissements comme s'ils possédaient la planète. Et quelque part au milieu de ce cirque luxueux... Luna vendait des colliers de sorcière. Son stand était coincé entre une galerie d'art contemporain et un horloger suisse. Une absurdité totale. Et pourtant... c'était le stand qui attirait le plus de monde. Des influenceuses achetaient ses pierres volcaniques. Des épouses de milliardaires repartaient avec des bracelets de protection. Même quelques politiciens portugais venaient discrètement lui demander si ses talismans fonctionnaient vraiment. Luna encaissait les billets avec le calme d'une prêtresse aztèque. Alex observait la scène avec un mojito. — Sérieusement ? — Quoi ? demanda Luna. — Tu vends des cailloux. — Oui. — Trois cents euros. — Oui. — Les gens les achètent. — Oui. Alex regarda la foule. Puis Luna. Puis la foule. — Putain. Le crime organisé est vraiment partout.
Luna éclata de rire. À quelques mètres. Nicky était déjà en place. Robe blanche. Talons. Lunettes légèrement roses. La perfection. Sa cible ? Une héritière italienne. Très riche. Très belle. Très insupportable. Autour de son cou brillait un collier. Un simple pendentif pour le reste du monde. Une puce Atlas pour eux. Toute l'équipe était connectée. Diana pilotait l'opération depuis son triplex. Des écrans partout. Des caméras. Des GPS. Des téléphones. Des satellites. — Tout le monde est prêt ? — Toujours magnifique. répondit Alex. — Ce n'était pas la question. — Pourtant c'était une excellente réponse. Le plan démarra parfaitement. Nicky aborda le couple. Un sourire. Une remarque. Deux regards. Le mari mordit immédiatement. Comme prévu. La femme devint jalouse. Comme prévu. La conversation se déplaça. Comme prévu. La main de Nicky glissa lentement vers le collier. Puis...
un garde de sécurité fronça les sourcils. Deux mètres. Cent vingt kilos. Costume noir. Oreillette. Regard de pitbull. Il observait depuis plusieurs minutes. Et soudain... il comprit. — Merde. souffla Diana. — Quoi ? demanda Emmanuel. — Ils nous ont grillés. Le garde hurla. L'héritière se retourna. Le mari également. Nicky arracha le collier. Puis se mit à courir. Le festival explosa. Champagne renversé. Plateaux qui volent. Millionnaires paniqués. Musiciens qui continuent de jouer parce qu'ils n'ont rien compris. Et Alex... Alex éclata de rire. — ÇA Y EST ! — Alex ! hurla Diana. — J'adore quand les plans partent en couilles !
Le parking souterrain résonna d'un rugissement mécanique. La Lamborghini Huracán blanche démarra. Le V10 hurla. Nicky sauta derrière le volant. Luna monta côté passager. Au même moment. La Supra démarra. Alex monta côté passager. Regarda Emmanuel.
Puis son sourire disparut. — Non. — Quoi ? — Je connais ce regard. — Quel regard ? — Le regard Tokyo. Petit silence. — Ah. dit Emmanuel. Puis il passa la première. Et la Supra partit comme une balle. Derrière eux. SUV. BMW. Mercedes. Sécurité privée. Mafieux. Mercenaires. Toute la cavalerie. La chasse venait de commencer. La Supra plongea dans les rues de Cascais. Virage gauche. Virage droite. Rond-point. Trottoir. Rue pavée. Alex s'accrocha à la poignée. — Emmanuel... — Oui ? — Pourquoi on roule à cent quatre-vingts dans une rue prévue pour des vélos ? — Parce que les vélos dorment. — C'EST PAS UNE RÉPONSE ! La Supra passa entre deux camionnettes. Alex ferma les yeux. — Ah putain. Je vais mourir. Je vais vraiment mourir. — Non. — Les gens qui disent "non" avant de mourir meurent toujours !
— Tu regardes trop de films. — ET TOI PAS ASSEZ LES PANNEAUX DE SIGNALISATION ! La Supra sauta un ralentisseur. Alex décolla du siège. — J'AI VU DIEU ! — Il ressemblait à quoi ? — IL AVAIT TON VISAGE ET IL CONDUISAIT MAL !
Derrière eux. La Lamborghini suivait. Enfin... essayait. Nicky conduisait déjà comme une démente. Mais malgré ça... la Supra continuait de s'éloigner. — Sérieusement ? — Quoi ? demanda Luna. — Je pensais conduire vite. — Tu conduis vite. — Alors lui c'est quoi ? Luna regarda la Supra. — Un problème psychologique japonais. — C'est une vraie maladie ? — Je pense. — Parce que là il vient de prendre un virage qui n'existe pas. Luna éclata de rire. Nicky gardait l'accélérateur au plancher. Pourtant la Supra gagnait encore du terrain. — Je comprends pas. — Quoi ? — J'ai un V10. Sept cents chevaux. Je suis probablement une des meilleures pilotes d'Europe. — Oui. — Et lui il me met cinquante mètres. — Oui. — Pourquoi ? Luna sourit. — Parce qu'il est beaucoup plus fort que çe qu'il aime à le laisser croire.
— Ça explique beaucoup de choses.
Devant. La Supra arriva sur une avenue bordée de palmiers. Deux SUV surgirent. Alex hurla. — ON PASSE PAS ! — On passe. — ON PASSE PAS MANU ! — On passe. — ON PASSE PAAAAAAAS PUTAIN BRO ! La Supra passa. — Tu vois ? demanda Emmanuel. — Non. — Pourquoi ? — J'AI FERMÉ LES YEUX ESPÈCE D'EVADÉ DE L'ASILE !
La poursuite atteignit Lisbonne. Pont du 25 Avril. Océan noir. Ville illuminée. La Supra. La Lamborghini. Les SUV. Les BMW. Les Mercedes. Une guirlande de lumière lancée à pleine vitesse au-dessus du Tage. Puis le tunnel. Puis les docks. Puis le chaos. Un SUV termina dans une fontaine. Une BMW traversa une terrasse. Une Mercedes pulvérisa un kiosque. Des touristes filmaient. La police débarquait. La ville entière semblait exploser derrière eux. Pendant ce temps. Diana venait enfin de cracker la puce.
Les données apparaissaient. Puis son sourire disparut. Parce que ce qu'elle voyait était énorme. Beaucoup trop énorme.
Plus tard. Commissariat. Capitaine Duarte. Rouge. Très rouge. Les informations tournaient en boucle sur l'écran. Images drone. Voitures détruites. Terrasses ravagées. Sirènes. Et au milieu du carnage... une Supra blanche. Une Lamborghini blanche. Duarte regarda l'écran. Puis l'équipe. Puis l'écran. Puis l'équipe. Long silence. — Vous êtes complètement tarés ou vous le faites exprès, on avait dit cool, c'est quoi que vous 1vez pas bien captés dans le mot : Cooooooooolllllll ! Personne ne répondit. — Vous savez ce que ça a coûté ? — Une fontaine du XVIIIe siècle. Trois terrasses. Sept véhicules. Deux kiosques. Et probablement le PIB du Portugal. Alex leva la main. — Techniquement... — FERME-LA ALEX ! Même Joe éclata de rire. Duarte pointa ensuite l'écran. — Sérieusement, regardez ça ! Une image montrait la Supra en travers d'un rond-point.
— Emmanuel ! Pourquoi tu roules comme ça ?
— Parce que ça marchait.
— ÇA MARCHAIT ?
— Oui.
— TU AS TRAVERSÉ UN MARCHÉ D'ÉTÉ BONDÉ À PLUS DE 120 KM/H EMMANUEL !
— Techniquement il n'y avait plus de marché quand je suis passé.
Alex s'écroula de rire. Duarte faillit faire un AVC. Puis Diana brancha son ordinateur. Le premier fichier apparut. Et immédiatement... plus personne ne sourit. Le sourire de Duarte disparut. Celui de Luna aussi. Puis celui d'Alex. Puis celui d'Emmanuel. Sur l'écran s'affichait un unique dossier. ATLAS PHASE 2 Et cette fois... ce n'était plus du trafic. Ce n'était plus du blanchiment. Ce n'était plus du crime organisé. C'était beaucoup plus gros. Beaucoup plus dangereux. Et pour la première fois depuis le début de l'affaire... Emmanuel sentit qu'Atlas lui-même avait peur de ce qu'ils venaient de découvrir. Au loin. Le tonnerre gronda sur l'Atlantique. La guerre venait de changer de dimension.
💬 Commentaires 1
J'adore ♥
Merci pour ces scènes incroyablement vivantes.