Saison 2 -Épisode 7 - GHOST ROADS

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 751 mots

À A L'écouter avec : https://open.spotify.com/track/1n5zeMfHxTgyRv29mmnJ1M?si=UPRsWwntS F2g6oS6GieKrg L'océan roulait lentement sur Caparica. Le genre de matin où tout semblait normal. Trop normal. Comme lorsque le monde prend une grande inspiration avant de replonger sous l'eau. Luna ouvrit le beach bar. Comme tous les matins. Même café. Même terrasse. Même odeur de sel. Même vagues. Mais quelque chose manquait. Emmanuel. Sa cabane était vide. La Supra aussi. Les chats étaient là. Pas lui. Et ça faisait maintenant trois jours. Trois jours sans appel. Trois jours sans message. Trois jours sans trace. Alex entra dans le bar. Lunettes noires.

Fanta à la main. Visage fermé. — Toujours rien ? Luna secoua la tête. Alex regarda l'océan. — Je déteste quand il fait ça. — Moi aussi. Le silence retomba. Parce qu'au fond... personne ne savait vraiment où Emmanuel allait lorsqu'il disparaissait. Même Luna. Et cette idée commençait à la déranger. À plusieurs centaines de kilomètres. La Supra roulait. Pas vite. Pas lentement. Comme si elle suivait un rythme connu d'elle seule. Montagnes. Pluie. Stations-service. Routes secondaires. La musique jouait doucement dans l'habitacle. Les mêmes morceaux. Toujours les mêmes. Ceux qu'il écoutait déjà vingt ans plus tôt. Quand il était encore l'Errant. Quand personne ne l'appelait Emmanuel Delga. Quand il n'était qu'un type avec un sac à dos et beaucoup trop de questions.

Les kilomètres défilaient. Le Portugal était derrière lui. L'Espagne aussi. La frontière française approchait. Et avec elle... les fantômes. Caparica. Diana avait transformé le triplex en bunker. Des écrans partout. Des cartes. Des photos. Atlas. Toujours Atlas. Mais quelque chose clochait. Quelque chose que personne n'avait vu. Puis soudain. Un mot. Un seul. Toujours le même. DISAPPEARANCE. Elle le retrouvait partout. Archives. Rapports. Transactions. Programmes. Comme un fil invisible. Diana ouvrit alors le dossier complet. Et resta immobile.

Parce qu'elle comprit enfin. Atlas ne recrutait pas des enfants. Atlas recréait des vies. Effaçait des identités. Réécrivait des existences. Comme un programme informatique appliqué à des êtres humains. Elle sentit un frisson remonter dans son dos. Puis appela immédiatement Luna. — Je crois qu'on regarde le mauvais problème. Lisbonne. Rooftop de Saorie. Le soleil se couchait sur le Tage. La Japonaise observait les bateaux. Puis son téléphone vibra. Tokyo. Encore. Toujours Tokyo. Elle décrocha. Écouta. Longtemps. Très longtemps. Puis son regard changea. Et pour la première fois depuis le début de l'histoire... Saorie sembla réellement inquiète. Elle raccrocha. Puis composa immédiatement un autre numéro. Luna. — Si tu veux comprendre Emmanuel...

— Tu dois comprendre ce qu'il a laissé derrière lui. — Et qu'est-ce qu'il a laissé derrière lui ? Saorie regarda le soleil disparaître derrière Lisbonne. Puis répondit calmement : — Des morts. Beaucoup de morts. Et quelques personnes qui l'aimaient. Tokyo. Néons. Pluie. Autoroutes suspendues. Garages. Montagnes. Une Skyline noire. Un jeune Emmanuel. Plus maigre. Plus sauvage. Plus heureux aussi. Une femme rit hors champ. Une photo. Puis l'image disparaît. Comme un souvenir qui refuse d'être regardé trop longtemps. Caparica. Alex était assis devant la cabane. Les deux chats dormaient sur le capot de sa voiture. Cerb aussi. Joe fumait.

Comme toujours. — Tu sais où il est. dit Alex. Joe souffla sa fumée. — Peut-être. — Et tu vas me le dire ? — Non. — Pourquoi ? Joe regarda l'horizon. Long silence. Puis : — Parce qu'il est allé chercher une réponse. Et certaines réponses... il faut les trouver seul. Même Alex ne trouva rien à répondre. Nuit. Pyrénées. Une vieille route oubliée. Puis une station-service abandonnée. Éclairage cassé. Vent. La Supra s'arrêta. Le moteur se coupa. Et pour la première fois depuis le début de son voyage... Emmanuel resta immobile. Comme s'il n'avait plus envie d'avancer. Comme s'il savait déjà ce qui l'attendait.

Puis il sortit. Le vent soufflait entre les pompes rouillées. L'obscurité était presque totale. Et soudain : Une voix. Calme. Ancienne. Familière. — Tu as mis du temps. Emmanuel ferma les yeux. Une seconde. Puis les rouvrit. Parce qu'il connaissait cette voix. Impossible de l'oublier. Impossible. Vingt ans. Et pourtant il l'aurait reconnue parmi des millions. Il releva lentement la tête. Une silhouette se tenait sous l'unique lampe encore allumée. On ne voyait pas son visage. Juste son ombre. Et pourtant... Pour la première fois depuis le début de la série... la peur apparut dans les yeux d'Emmanuel elga. Pas la peur de mourir. Pas la peur de perdre. La peur du passé. La peur de la vérité.

Puis la silhouette sourit. Et dit simplement : — Bonsoir Emmanuel. Ça fait longtemps, mon garçon...

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