Saison 3 - Épisode 1 - BLACK ROSARY
Lisbonne. 6h02. Le soleil montait lentement derrière le Tage. Rouge. Orange. Rose. L'aéroport semblait flotter dans la lumière du matin. Un avion venait d'atterrir. Les réacteurs ralentissaient. Les passagers commençaient à sortir. Hommes d'affaires. Touristes. Familles. Puis elle apparut. Grande. Blonde. Cheveux longs. Bouclés. Lunettes noires. Tailleur blanc parfaitement coupé. Élégance froide. Le genre de femme qui n'entre pas dans une pièce. Le genre de femme qui prend possession de la pièce. Elle s'arrêta quelques secondes sur le tarmac. Respira l'air portugais. Puis regarda vers l'océan.
Comme si elle savait déjà où elle allait. Comme si elle savait déjà qui elle venait chercher. Une voiture noire l'attendait. Elle monta à l'arrière. Puis murmura simplement : — Caparica. La voiture démarra. Des milliers de kilomètres plus loin. Colombie. La pluie tombait sur l'Amazonie. Pas la pluie européenne. La vraie pluie. La pluie qui transforme le monde entier en rivière. Une petite fille courait pieds nus dans la boue. Luna. Neuf ans. Sauvage. Libre. Vivante. Elle riait. Toujours. Malgré les fusils. Malgré la guerre. Malgré les cartels. Malgré les soldats. Parce que les enfants trouvent toujours une raison de rire. Même au milieu de l'enfer. Sa grand-mère vivait à l'écart.
Dans une vieille maison en bois. Perdue au milieu de la jungle. Les villageois la respectaient. Certains la craignaient. D'autres disaient qu'elle parlait aux esprits. Elle répondait toujours la même chose : "Je parle surtout aux vivants. Les morts sont généralement plus polis." La vieille femme connaissait les plantes. Les poisons. Les remèdes. Les histoires. Et surtout... elle connaissait les hommes. Un soir. Alors que la guerre se rapprochait du village. Elle fit asseoir Luna devant elle. Puis sortit un objet. Un chapelet noir. Pierre volcanique. Bois ancien. Petites têtes de mort sculptées. Le même. Toujours le même. Celui que Luna porte encore aujourd'hui. — Tu vois ceci ? La petite Luna acquiesça. — Oui.
— Les gens pensent qu'il protège de la mort. — C'est vrai ? La vieille femme sourit. Puis secoua la tête. — Non. — Alors pourquoi tout le monde le dit ? La vieille femme regarda la jungle. Longtemps. Puis répondit : "Parce qu'ils n'ont pas compris." "La mort ne se combat pas." Luna fronça les sourcils. — Alors il sert à quoi ? La vieille femme passa le chapelet autour du cou de l'enfant. Puis posa sa main sur sa joue. Et répondit : "Il te rappelle simplement ce qui mérite d'être protégé avant qu'elle arrive." Le vent souffla dans les arbres. La pluie continua de tomber. Et Luna ne comprit pas. Pas encore. Retour au présent. Caparica. Luna ouvrait le beach bar. Comme tous les matins. Le même océan. Le même sable.
Le même ciel. Le chapelet tournait entre ses doigts. Toujours. Instinctivement. Sans même y penser. Puis soudain. Une sensation étrange. Comme un courant dans l'air. Comme si quelque chose approchait. Elle leva les yeux. Et aperçut une voiture noire qui longeait la plage. Lentement. Très lentement. La voiture s'arrêta. La portière s'ouvrit. Une femme descendit. Grande. Blonde. Tailleur blanc. Lunettes noires. Luna la reconnut immédiatement. Même après toutes ces années. Et pour la première fois depuis longtemps... la sorcière de Caparica resta immobile. Parce qu'elle savait exactement qui venait d'arriver. Klaudija Griks. Et quelque part dans sa cabane... Emmanuel ignorait encore que son passé venait de poser le pied sur sa
plage.
💬 Commentaires 2
Court extrait de l'enfance de Luna. Arrivée du chapelet protecteur.
Servira-t-il à se protéger de K ? à protéger Manu de K ?