SEASON 3 - EPISODE 2 - THE BALTIC WAVE
Le soleil frappe déjà fort sur Costa da Caparica. 10h17. Une chaleur de début d'été. Le sable est blanc. L'océan est bleu. Les vagues déroulent tranquillement. Luna travaille. Comme d'habitude. Pieds nus. Short en jean. Débardeur noir. Cheveux attachés à l'arrache. Autour d'elle : des planches. des touristes. des surfeurs. des enfants. de la musique. du bordel. Le paradis selon Luna. — Non. Tu mets la wax dans l'autre sens. — Pourquoi ? — Parce que sinon tu vas mourir. — Sérieusement ? — Non.
Mais tu vas tomber comme une merde. Le gamin éclate de rire. Luna aussi. Puis elle aperçoit quelqu'un. Une silhouette. Au loin. Une femme. Grande. Blonde. Tailleur blanc. Lunettes noires. Qui avance sur la plage. Et qui ne ressemble absolument pas au décor. Luna plisse les yeux. — Ah. Elle comprend immédiatement. — Emmanuel ! Plus loin. Emmanuel est en train d'expliquer à un touriste allemand pourquoi une vague de cinquante centimètres n'est pas un tsunami. — EMMANUEL ! — Quoi ? — Je crois que ton problème vient d'arriver. — Quel problème ? Luna désigne la plage. Emmanuel se retourne. Et le monde ralentit. Pas complètement.
Juste assez. Parce qu'il la reconnaît immédiatement. Klaudija. Des milliers de kilomètres. Des mois. Des disputes. Des appels. Des silences. Et maintenant... Elle est là. En vrai. À quelques mètres. Les lunettes noires tombent lentement. Elle sourit. Petit sourire. Le vrai. Pas celui qu'elle montre aux autres. Celui qu'Emmanuel connaît. — Salut. Le cerveau d'Emmanuel cherche quelque chose d'intelligent à dire. Ne trouve rien. Comme souvent. — Salut. Magnifique performance intellectuelle. Luna secoue la tête. — Vous êtes fatigants tous les deux. Et elle disparaît. Parce que Luna sait quand elle doit être là.
Et quand elle ne doit pas être là. Ils marchent sur la plage. Au début. Ils parlent de tout. Du vol. De Lisbonne. De la chaleur. Des vagues. Du Portugal. Des sujets de gens qui évitent les vrais sujets. Puis Klaudija finit par rire. — Tu fais toujours ça. — Quoi ? — Tu contournes. — Je contourne quoi ? — Tout. Touché. Le vent souffle. Une série de vagues casse devant eux. Puis elle s'arrête. Le regarde. Vraiment. — Tu m'as manqué. Simple. Sans défense. Sans stratégie. Sans manipulation.
Juste vrai. Et ça surprend Emmanuel plus que n'importe quelle dispute. Parce que parfois les gens crient. Et parfois ils disent la vérité. Et la vérité fait beaucoup plus de dégâts. PLUS TARD Bar de plage. Alex débarque. Évidemment. Personne ne l'a invité. Comme d'habitude. Chemise rose fluo. Lunettes miroir. Chaîne en or probablement achetée sur Temu. — BONJOUR LES AMOUREUX ! — Va-t'en. dit Emmanuel. — Impossible. Je suis un personnage secondaire très apprécié. — Par qui ? — Moi. Alex s'assoit. Commande trois mojitos. Aux frais d'Emmanuel. Naturellement. SOIR Le soleil descend. Caparica devient orange.
Puis rouge. Puis dorée. Toute la bande est là. Mais aussi Klaudija. Musique. Bières. Rires. Et pendant quelques heures... Tout semble parfaitement normal. Jusqu'à ce que Luna se fige. Complètement. Son regard est tourné vers les dunes. Au loin. Très loin. Une silhouette. Un homme. Immobile. Qui observe le groupe. Depuis plusieurs minutes. Peut-être davantage. Luna ne dit rien. L'homme finit par repartir. Comme s'il avait simplement vérifié quelque chose. Comme s'il cherchait quelqu'un. Ou quelque chose. Puis il disparaît. Luna garde les yeux fixés sur l'endroit. Et pour la première fois de la journée...
Elle ne sourit plus.
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