Saison 3 - Épisode 9 - Donuts Chaos Theory

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 629 mots


Almada.

23h48.

La pluie venait de commencer.

Pas une grosse pluie.

Juste assez pour transformer les néons en peinture liquide sur l'asphalte.

Les rues brillaient.

Les enseignes des bars clignotaient.

Les tours d'habitation semblaient observer la ville comme des spectateurs silencieux.

Et quelque part dans cette jungle de béton...

le chaos était sur le point de naître.

Tout avait commencé par une simple information.

Une de plus.

Un rendez-vous.

Une transaction.

Une réunion discrète entre plusieurs intermédiaires liés aux cargos.

Rien de spectaculaire.

Du moins sur le papier.

Dans un parking souterrain sous un casino clandestin d'Almada.

Luna, Nicky et Salazar surveillaient les accès.

Diana gérait les caméras.

Joe préparait une sortie de secours.

Klaudija observait les plaques d'immatriculation.

Et Alex...

Alex mangeait des M&M's.

— Sérieusement ?

demanda Emmanuel.

— Quoi ?

— On va peut-être se faire tuer.

— Exactement.

— Et toi tu manges des bonbons.

— Si je meurs, je veux mourir heureux.

— C'est une philosophie étonnamment cohérente.


Diana interrompit la conversation.

— Mouvement.

Troisième niveau.

Trois SUV.

Deux berlines blindées.

Les écrans affichèrent immédiatement les véhicules.

Puis...

un visage.

El Cuervo.

Le silence tomba.

Parce que personne n'avait encore réussi à l'approcher.

Jamais.

Et ce soir...

il était là.

À portée.

— On le prend.

dit Emmanuel.

— Ça semble être une mauvaise idée.

répondit Alex.

— Oui.

— Très mauvaise idée.

— Oui.

— Dangereuse ?

— Oui.

— On y va quand même ?

— Évidemment.

— J'adore cette équipe.



Le problème...

c'est qu'ils n'étaient pas les seuls.

Une autre équipe surgit du parking.

Des mercenaires.

Très équipés.

Très entraînés.

Très armés.

Et surtout...

pas du tout prévus au programme.

Le premier coup de feu résonna.

Puis un deuxième.

Puis vingt.

Et soudain...

tout explosa.

Les voitures blindées démarrèrent.

Les pneus hurlèrent.

Les alarmes se mirent à sonner.

Les gens couraient dans toutes les directions.

Et quelqu'un hurla :

— POLICE !

Ce qui était techniquement faux.

Mais très efficace.



Dans le parking.

Emmanuel et Alex progressaient derrière les colonnes.

Des impacts éclataient partout autour d'eux.

Alex tenta un regard.

Mauvaise idée.

Une rafale pulvérisa immédiatement le béton à dix centimètres de son nez.

Il replongea derrière sa couverture.

— OH PUTAIN !

— Quoi ?

— ILS TIRENT !

— C'est généralement le principe.

— J'ESPÉRAIS UNE NÉGOCIATION !


Nouvelle rafale.

Alex regarda Emmanuel.

— Je te hais.

— Je sais.

— Vraiment.

— Je sais.

— Profondément.

— Tire.

— Non.

— Alex.

— Non.

— Tire.

— J'AIME PAS QUAND ILS RÉPONDENT !


Une grenade fumigène explosa.

Le parking se remplit instantanément de fumée.

Et Emmanuel sourit.

Le mauvais sourire.

Celui que Luna connaissait.

— Alex.

— Quoi ?

— Tu es notre chaos.

— Ça veut dire quoi ?

— Ça veut dire fais n'importe quoi.

Silence.

Puis :

— Sérieusement ?

— Sérieusement.

— Sans plan ?

— Sans plan.

— J'adore quand tu parles français.


Et là...

Alex partit.

Comme un fou.

Comme toujours.


Une minute plus tard.

Un extincteur explosait.

Une moto tombait.

Un portail s'arrachait.

Un SUV reculait dans un mur.

Une borne incendie traversait une vitre.

Et personne...

absolument personne...

ne comprenait ce qu'Alex était en train de faire.

Pas même Alex.

Mais étrangement...

ça fonctionnait.

Toujours.

— COMMENT ÇA MARCHE ?

hurla Salazar dans l'oreillette.

— AUCUNE IDÉE !

répondit Diana.

— IL A RENVERSE UN DISTRIBUTEUR DE CAPOTES SUR UN SUV REMPLI DE MERCENAIRES !

— JE SAIS !



Puis tout dégénéra encore.

Parce qu'une équipe de télévision locale arriva.

En direct.

Évidemment.

Pourquoi pas.

Une journaliste paniquée filmait désormais la scène.

— Nous sommes actuellement à Almada où...

OH MON DIEU !

Derrière elle.

Un SUV explosa.

Littéralement.

La caméra trembla.

Le caméraman hurla.

La journaliste aussi.

Les téléspectateurs portugais passaient probablement la meilleure soirée de leur semaine.



Et puis...

la poursuite démarra.

La vraie.

El Cuervo s'échappa.

Direction Lisbonne.

SUV noir.

Très rapide.

Très blindé.

Très énervé.

La Supra démarra immédiatement.

La Mustang de Joe aussi.

La Lamborghini de Nicky hurla derrière eux.

Et Almada devint un circuit.

Les tunnels.

Les ponts.

Les docks.

Les avenues.

Tout disparaissait dans un flot de néons.

Alex était toujours côté passager.

Toujours vivant.

Contre toute logique.

— JE CROIS QU'ON LES RATTRAPE !

— Oui.

— JE CROIS QU'ON VA MOURIR !

— Aussi.

— TU PEUX ÊTRE PLUS PRÉCIS ?

— Non.


Devant eux.

Le SUV d'El Cuervo percuta une camionnette.

Derrière.

Joe traversa pratiquement un rond-point en ligne droite.

Nicky envoya la Lamborghini en drift sous un tunnel.

Luna rechargeait tranquillement.

Comme si tout cela était parfaitement normal.

Et pendant quelques secondes...

la ville entière sembla devenir folle.

Les néons.

La pluie.

Les sirènes.

Les moteurs.

Les hélicoptères.

Les caméras.

Une véritable symphonie de chaos.

Puis Emmanuel regarda Alex.

Et malgré tout...

il sourit.

Parce qu'il avait compris quelque chose depuis longtemps.

Il existait des soldats plus rapides.

Plus précis.

Plus disciplinés.

Mais il n'existait qu'un seul Alex.

Et parfois...

dans une guerre contre des monstres...

le chaos était exactement ce qu'il fallait.


💬 Commentaires 1

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Lana • 3 semaines
Un épisode qui dépote. Les images viennent bien, les dialogues sont bien choisis. J'aime beaucoup le déroulé.
Alex le mutant hyperglycémique en mode vénère.
👍 0