Saison 3 - Episode 8 - CAPARICA BAYWATCH
Costa da Caparica.
16h43.
Le soleil tapait encore fort.
Les vagues déroulaient parfaitement.
Le vent offshore dessinait des tubes propres.
La plage était bondée.
Touristes.
Surfeurs.
Familles.
Étudiants.
Et surtout...
beaucoup trop de jolies filles selon Alex.
Beaucoup trop.
L'alerte rouge venait d'être levée.
Les sauveteurs repliaient certaines zones.
Les vagues devenaient plus puissantes.
Sur l'eau.
Deux silhouettes revenaient vers le bord.
Luna.
Et Nicky.
Les deux sortaient d'une session de surf de près de trois heures.
Cheveux mouillés.
Peau dorée par le soleil.
Planches sous le bras.
Le genre de scène qui fait ralentir tous les mecs présents sur la plage.
Même ceux qui prétendent regarder l'océan.
Sous la terrasse du beach bar.
Emmanuel buvait tranquillement son café.
Alex observait la plage.
Puis Luna.
Puis Nicky.
Puis Luna.
Puis Nicky.
Puis il secoua la tête.
— C'est pas normal.
— Quoi ?
— Ça.
— Ça quoi ?
— Ça.
Alex pointa discrètement la plage.
— Comment tu veux que les hommes travaillent correctement ?
Emmanuel leva les yeux.
— Alex...
— Non sérieux.
— Alex...
— On est censés enquêter sur Atlas.
— Alex...
— Moi je veux bien sauver le monde mais le monde fait vraiment aucun effort pour nous aider.
Même Emmanuel finit par sourire.
— Tu es un idiot.
— Je suis un homme.
— Nuance importante.
— Très importante.
Les deux femmes approchaient.
Nicky riait.
Luna racontait quelque chose.
Visiblement une histoire impliquant une vague.
Un touriste.
Et probablement une humiliation publique.
Alex soupira.
— Tu sais ce qui m'énerve ?
— Encore ?
— Elles sont même cool.
— Oui.
— Si elles étaient insupportables ce serait plus simple.
— Pourquoi ?
— Parce qu'on pourrait leur en vouloir.
Nicky arriva la première.
— Vous faites quoi ?
Alex répondit immédiatement.
— On travaille.
— Ah bon ?
— Oui.
— Sur quoi ?
— Une étude scientifique.
— Laquelle ?
— Les conséquences psychologiques du surf sur les hommes.
Luna éclata de rire.
— Et votre conclusion ?
Alex regarda Emmanuel.
Puis les deux femmes.
Puis Emmanuel.
— On est foutus.
Même Emmanuel faillit recracher son café.
La conversation continua.
Légère.
Simple.
Comme ces rares moments où Atlas semblait très loin.
Où personne ne parlait de guerre.
Ni de trafics.
Ni de cargos.
Ni d'enfants disparus.
Juste quatre personnes.
Sur une plage.
À regarder l'océan.
Et pour quelques minutes...
c'était suffisant.
Puis Alex regarda Emmanuel.
Long silence.
— Tu te rends compte qu'on est devenus vieux ?
— Non.
— Si.
— Pourquoi ?
— Parce qu'avant on regardait les problèmes.
— Et maintenant ?
Alex désigna Luna et Nicky qui riaient quelques mètres plus loin.
Puis répondit :
— Maintenant on regarde ce qu'on protège.
Pour une fois.
Personne ne plaisanta.
Même Emmanuel resta silencieux.
Parce qu'Alex venait encore de dire quelque chose de beaucoup plus intelligent qu'il ne le pensait.
Au loin.
Les vagues continuaient de dérouler.
Caparica respirait.
Et pendant quelques minutes...
le monde pouvait bien attendre.
💬 Commentaires 1
Mais dis donc, c'est moi ou il a arrêté de bouffer ? Régime ?