VIII - Le Cuistelier
Jour 1
Je ne sais pas quel jour nous sommes. Je ne sais même pas si les jours existent ici. Mais j'écris quand même parce que j'ai besoin de fixer ce qui m'arrive avant que ça ne me semble normal.
Je suis mort. Enfin, peut-être. Je me souviens du froid, de la faim, de la fièvre qui ne me quittait plus. Je me souviens d'avoir fermé les yeux.
Et je me suis réveillé ici.
Nu, trempé, le corps neuf comme si je n'avais jamais vécu dedans. Des gens m'ont relevé, m'ont donné des vêtements taillés dans une matière que je n'avais jamais vue. Ils m'ont parlé, dans une langue que je ne connaissais pas mais que je comprenais. Ils m'ont dit que j'étais dans la Gueule. Que je ne vieillirais plus, que je ne tomberais plus malade, que la faim et la soif n'étaient plus un problème.
J'ai ri. Ils n'ont pas ri avec moi.
Jour 3
Cette cité, La Gueule, elle est vivante ! Je ne dis pas ça comme une image. Les murs respirent. Le sol pulse si on y pose la main assez longtemps. Il y a une substance qui coule partout, dans des rigoles, dans des canaux. Ils appellent ça la Lymphe. C'est le sang de cet endroit. Ils en boivent pour étancher leur soif.
Et il y a la Chyme.
On m'a montré. Une pâte épaisse, grumeleuse, d'un blanc sale qui s'accumule dans de grands creux. Certains en mangent, à pleines poignées. Ça ne coûte rien et ça cale la faim m'ont-ils dit.
J'en ai goûté une bouchée et j'ai failli la recracher. Ce n'était pas mauvais. C'était… rien, insipide. Ça n'a pas de goût. Ça n'a pas d'odeur.
Jour 4
Il s'appelle Vorst. C'est lui qui m'a trouvé.
Pas trouvé au sens physique, trouvé au sens où il a vu ce que j'étais. Je ne sais pas comment. Peut-être la façon dont je regardais la Chyme. Peut-être la grimace.
Vorst cuisine. C'est le mot qu'il utilise, même si ce qu'il fait ne ressemble à rien de ce que je connaissais. Là d'où je viens, cuisiner c'est du feu, de la viande, des herbes, du sel. Ici, il n'y a rien de tout ça. Il n'y a que la Chyme et ce qu'on en fait.
Il m'a montré. La Chyme réagit à la chaleur, à la pression, au temps. Si on la bat assez longtemps, elle devient aérienne, presque mousseuse. Si on la chauffe lentement, elle se caramélise en une croûte craquante. Si on la mélange à certaines concentrations de Lymphe, elle développe des arômes que je n'ai pas de mots pour décrire.
Vorst a vécu il ne sait plus combien de temps. Longtemps. Assez longtemps pour avoir exploré des centaines de combinaisons. Il m'a tout donné. Tout ce qu'il savait. Sans condition, sans contrepartie.
Je lui ai demandé pourquoi.
Il a dit : « Parce que j'ai fait le tour et que toi, non. »
Ses mots ont résonné dans le vide de l'atelier. Je cherche encore à leur donner un sens.
Jour 17 / Cycle 224
Ils mesurent le temps différemment ici. Pas en heures ni en jours mais en battements, cycles, éclipses, voiles, ombres et strates. Ces échelles de temps sont vertigineuses rapportées à la durée moyenne des vies telles que je les connaissais, mais elles auront peut-être du sens face à l'éternité.
Cela ne fait que dix-sept jours que je suis arrivé mais Vorst m'a dit que nous en étions au deux cent vingt-quatrième cycle depuis la dernière éclipse.
À ma demande, l'officine de l'Administratère m'a fourni une sorte d'abaque qui permet de compter les cycles et le reste selon les règles de la Gueule. Je calquerai les entrées de mon journal dessus.
Cycle 423
Mes mains savent avant ma tête.
Ce matin, si c'est le matin, j'ai pris de la Chyme et j'ai commencé à travailler sans réfléchir. Mes doigts connaissaient la pression, le rythme. J'ai battu, plié, chauffé. J'ai obtenu quelque chose qui ressemblait à du pain. Pas du vrai pain. Mieux que du vrai pain. Un pain qui n'existe nulle part ailleurs que dans la Gueule, parce qu'il est fait d'une matière qui n'existe nulle part ailleurs.
Des gens sont venus. Ils ont goûté. L'un d'eux a fermé les yeux et n'a plus rien dit pendant un long moment.
J'avais oublié ce que ça faisait. Nourrir quelqu'un. Vraiment le nourrir.
Cycle 768
Je progresse vite. Trop vite peut-être. Mais comment ne pas progresser quand on a tout le temps du monde ? Mes mains ne tremblent plus. Mes yeux ne se brouillent plus. Mon dos ne me fait plus souffrir.
Ce corps en pleine santé est un outil parfait. Et la Chyme est un matériau d'une richesse folle. Plus je la travaille, plus je découvre de possibilités. Des textures que je n'aurais jamais imaginées. Des saveurs qui n'ont pas de nom parce qu'elles n'existent que quand la Chyme est traitée d'une façon très précise, à une température très précise, pendant une durée très précise.
Vorst avait raison. Il y a un monde entier là-dedans.
Éclipse 1 - Cycle 1
Je viens de passer ma première éclipse dans la Cité. Cinq jours pendant lesquels se déroule le Tournoi des Dix Lames. Cinq jours où la Voûte prend une couleur rouge-orangée. Le sang brille comme du métal en fusion sous cette lumière. Cela revient tous les 834 cycles m'a-t-on dit.
Vorst m'a laissé seul pendant l'éclipse. Il est parti cuisiner pour les champions et les faiseurs qui participent au tournoi. Un immense honneur d'après ses dires, mais ses traits ne reflétaient aucune fierté.
Éclipse 2 - Cycle 227
Vorst est parti.
Je ne sais pas quand exactement. Personne ne sait. Un jour il était là, le lendemain son espace de travail était vide. Ses outils rangés. Ses notes empilées proprement.
On m'a dit qu'il avait remonté l'avenue vers le Puits du Vide. Calmement. Sans rien dire à personne.
J'ai relu ses notes ce soir. La dernière ligne dit : « Il ne reste rien à trouver. »
Je n'ai pas compris ce qu'il voulait dire.
Éclipse 3 - Cycle 189
On commence à me connaître.
Les gens viennent de plus loin maintenant. Pas seulement du quartier. Des arènes, des forges, des marchés, tant d'endroits dont je ne connais même pas encore le nom. Ils viennent, ils mangent, ils repartent rassasiés, heureux peut-être.
Quelqu'un m'a appelé Cuistelier. Pas cuisinier. Cuistelier. Comme si c'était un titre, un rang. J'ai protesté. On m'a dit que Vorst portait le même titre avant moi.
Avant moi. Comme si c'était fini pour lui.
Éclipse 4 - Cycle 113
J'ai créé quelque chose de nouveau aujourd'hui. Une préparation en sept étapes qui transforme la Chyme en une sorte de gelée translucide. Quand on la met en bouche, elle fond en libérant une succession de saveurs. D'abord amère, elle devient sucrée, puis quelque chose d'indéfinissable qui fait monter les larmes sans qu'on sache pourquoi.
Les gens qui l'ont goûtée ont souri pendant plusieurs minutes.
Éclipse 8 - Cycle 635
Un Faiseur m'a convoqué. Pas demandé, convoqué. Un coursier est venu avec un tube de métal. À l'intérieur, un message roulé, couvert d'une écriture serrée.
Le Faiseur organise un banquet pour ses Vieux-Sangs et ses gladiateurs. Il veut que je prépare le repas. Tout le repas. Pour quarante convives.
J'ai dit oui sans hésiter.
Le banquet a duré jusqu'au soir. J'ai servi douze plats. Chacun différent, chacun pensé pour surprendre après le précédent. Les Vieux-Sangs mangeaient en silence, ce qui chez eux est apparemment le plus grand compliment possible. Les Gladiateurs étaient plus démonstratifs mais appréciaient tout autant.
Le Faiseur m'a payé en Larmes. Beaucoup de Larmes. Plus que je n'en avais jamais vu.
Mais ce n'est pas ça que je retiens. Ce que je retiens, c'est le visage d'un Vieux-Sang, un homme qui a vécu trop longtemps dans cet endroit, qui a pris la première bouchée et qui a eu l'air, pendant un instant, de ne plus être ici.
Ombre 2 - Éclipse 6 - Cycle 833
Les commandes ne s'arrêtent plus.
Des Gladiateurs célèbres. Des Faiseurs qui rivalisent entre eux à travers les banquets qu'ils m'ordonnent. Des guildes d'artisans. Chacun veut quelque chose d'unique, de jamais servi, de stupéfiant.
Et je livre. Chaque fois. Je puise dans la Chyme des combinaisons nouvelles, des associations improbables, des techniques que j'invente au fur et à mesure. Mon répertoire s'élargit sans cesse. Je suis un Cuistelier de la Gueule, celui qu'on s'arrache, celui dont on parle dans les coursives et sur les gradins.
Je suis heureux. Je crois que je suis heureux.
Ombre 3 - Éclipse 9 - Cycle 424
Le Primordial.
Je n'écrirai pas les détails de la commande. Je n'écrirai pas comment elle m'est parvenue, ni par qui. Certaines choses n'ont pas besoin d'être fixées par de l'encre.
Je dirai seulement ceci : j'ai cuisiné pour l'un des êtres les plus puissants de la Gueule. Celui qui règne au-dessus des arènes. Celui dont certains redoutent même l'ombre.
Mes mains tremblaient. Pour la première fois depuis des années, mes mains tremblaient. Et la Chyme le sentait. La pâte refusait de monter. La croûte se fissurait là où elle aurait dû rester lisse. La matière me résistait comme si elle percevait ce que j'essayais de lui cacher, que je n'étais pas sûr de moi.
Moi qui n'avais pas jeté un plat depuis au moins trois ombres. Plus de vingt mille cycles sans fausse note, jusqu'à maintenant.
À la quatrième tentative, j'ai cessé de lutter. J'ai cessé de vouloir impressionner. J'ai cuisiné comme si c'était mon dernier repas, pour moi. La Chyme a cédé. Pas tout à fait comme je l'avais imaginé. Quelque chose d'autre. Quelque chose que je n'avais pas prévu.
Il a mangé ce que j'ai préparé.
Et il n'a rien dit.
Est-ce bon signe ou mauvais signe ? Le silence du Primordial signifie-t-il la même chose que celui des Vieux-Sangs ? Je ne sais pas si ce qu'il a goûté était mon meilleur plat ou un aveu de faiblesse que la Chyme a trahi malgré moi.
Mais pendant ces heures de préparation, j'ai ressenti quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis longtemps.
De la peur. La peur de ne pas être à la hauteur.
C'était merveilleux.
Ombre 3 - Éclipse 9 - Cycle 426
J'ai compris aujourd'hui pourquoi c'était merveilleux.
Parce que la peur a disparu. Et avec elle, tout le reste.
Voile 3 - Ombre 6 - Éclipse 8 - Cycle 646
Cela fait si longtemps que je n'ai pas écrit, absorbé par mon art. Je vais essayer de mettre des mots sur ce qui m'arrive.
Ce matin, j'ai commencé une nouvelle préparation. Une idée qui m'était venue pendant la nuit : une façon de superposer trois textures de Chyme dans une même bouchée, chacune fondant à un rythme différent. En théorie, ça devait créer un effet de vague, une sensation de mouvement dans la bouche.
J'ai travaillé pendant des heures. Le résultat était bon. Très bon.
Mais en le goûtant, j'ai reconnu quelque chose. La sensation de vague… Je l'avais déjà obtenue. Autrement, par un autre chemin, avec une autre technique. Mais c'était la même sensation. Le même point d'arrivée.
J'ai recommencé. Autre approche, autres proportions. Même destination.
Encore. Et encore.
Le soir, j'ai jeté la dernière tentative et je suis resté assis devant mon plan de travail vide pendant très longtemps.
Voile 4 - Ombre 7 - Éclipse 3 - Cycle 697
C'est partout maintenant.
Chaque plat que je conçois, chaque idée qui me vient, je la suis jusqu'au bout et je retrouve quelque chose que j'ai déjà fait. Pas la même recette, non. La même essence. Le même effet. La même émotion dans la bouche de celui qui goûte.
Les combinaisons sont finies. Pas les combinaisons de gestes ou de proportions. Celles-là sont mathématiquement infinies. Mais les résultats, eux, ne le sont pas. Il y a un nombre fini de textures que la Chyme peut prendre. Un nombre fini de saveurs qu'elle peut produire. Un nombre fini de réactions qu'un palais peut avoir.
J'ai atteint les bords.
Voile 6 - Ombre 8 - Éclipse 1 - Cycle 613
Je continue à cuisiner. Les commandes arrivent toujours. Je prépare des banquets, des repas, des dégustations. Ma présence est requise pour chaque nouveau Tournoi des Dix Lames. Les gens mangent et sont satisfaits. Impressionnés, même. Ils ne voient pas les similitudes.
Moi, je les vois.
Ce que je sers maintenant, ce sont des variations. Des réarrangements. Je prends ce que j'ai déjà créé et je le présente autrement, dans un autre ordre, avec un autre emballage. Le fond ne change plus.
C'est comme chanter la même chanson dans toutes les langues qui existent. C'est toujours la même chanson.
Voile 8 - Ombre 3 - Éclipse 6 - Cycle 394
J'ai ressorti les notes de Vorst ce soir.
« Il ne reste rien à trouver. »
J'ai compris maintenant. Il n'exagérait pas.
Strate 1 - Voile 2 - Ombre 10 - Éclipse 9 - Cycle 54
J'ai arrêté de prendre des commandes.
Les coursiers viennent encore, avec leurs tubes de métal et leurs messages roulés dedans. Je ne les ouvre plus. Ils s'accumulent près de l'entrée.
Je cuisine encore, mais pour moi seul. Je refais mes premiers plats, ceux du début, quand tout était découverte. Ils sont techniquement meilleurs que les originaux. Mes mains sont plus précises maintenant, ma compréhension de la Chyme plus profonde. Mais la joie n'est plus là.
La joie était dans le chemin. Il n'y a plus de chemin.
Strate 1 - Voile 2 - Ombre 10 - Éclipse 10 - Cycle 818
Quelqu'un est venu me voir. Une femme, arrivée récemment. Elle avait le regard que j'avais eu en voyant Vorst travailler pour la première fois. Ce mélange de fascination et d'incompréhension devant ce qu'on peut tirer de la Chyme.
Elle m'a demandé de lui apprendre.
J'ai failli dire oui. J'ai ouvert la bouche pour dire oui.
Et puis j'ai vu la suite. Toute la suite. L'émerveillement, les progrès, la maîtrise, la gloire, le plateau, le mur. L'éternité passée à réarranger les mêmes pièces d'un puzzle terminé depuis longtemps.
J'ai dit oui quand même.
Pas pour elle. Pour le temps que ça me donne avant la suite.
Strate 1 - Voile 3 - Ombre 1 - Éclipse 1 - Cycle 12
Elle apprend vite. Plus vite que moi. Elle a des idées que je n'avais pas eues. Ses idées ne sont pas meilleures, mais elles viennent d'ailleurs, elles portent d'autres souvenirs, d'autres réflexes. Elle mélange ce qu'elle sait avec ce que je lui montre et elle obtient des choses neuves.
Neuves pour elle.
Pas pour la Chyme. La Chyme ne donne que ce qu'elle a.
Strate 1 - Voile 3 - Ombre 1 - Éclipse 2 - Cycle 823
Je lui ai tout transmis. Tout ce que je sais, tout ce que Vorst m'avait donné, tout ce que j'ai trouvé seul. Je n'ai rien gardé. À quoi bon ?
Elle m'a remercié avec une émotion qui m'a rappelé ce que je ressentais au début. Cette gratitude devant l'immensité de ce qu'il reste à explorer.
Je ne lui ai pas dit que l'immensité est une illusion. Que le territoire a des bords. Elle le découvrira elle-même, dans longtemps, et peut-être que d'ici là elle aura trouvé une façon de vivre avec que je n'ai pas trouvée.
Strate 1 - Voile 6 - Ombre 4 - Éclipse 2 - Cycle 19
Je me suis rendu au Puits du Vide aujourd'hui. Là où la Gueule n'existe plus et où s'ouvre le Vide, là où les Ramasse-Misères jettent les déchets et les rebuts qu'ils nettoient pendant la nuit.
Je n'ai pas regardé en bas. Pas encore. J'ai juste voulu sentir si quelque chose en sortait. Pas d'odeur. Pas de température. Ce qui vient du Vide est une absence, pas une présence.
Curieusement, c'est la première chose nouvelle que j'ai ressentie depuis très longtemps.
Strate 1 - Voile 6 - Ombre 4 - Éclipse 2 - Cycle 386
Je pense à Vorst souvent. À sa dernière ligne. Au fait qu'il a rangé ses outils avant de partir. Proprement. Comme on ferme une cuisine à la fin du service.
Il n'était pas en colère. Il n'était pas triste. Il avait simplement fini.
Strate 1 - Voile 6 - Ombre 4 - Éclipse 2 - Cycle 412
J'y suis retourné. Au bord.
Cette fois j'ai regardé.
Il n'y a rien à voir. C'est le Vide. Pas le noir, pas le blanc, pas le gris. Le rien. Un trou dans ce monde. L'endroit où la Cité n'est plus.
J'ai pensé à une chose. Dans la Gueule, je ne vieillis pas. Il n'y a pas de fin. Même les Gladiateurs qui tombent au combat sont avalés par le sable et recrachés vivants dans les souterrains des arènes. Mais le Vide n'est pas la Gueule. Certains disent que le Vide est l'extérieur. Et ce qui tombe à l'extérieur ne revient pas.
C'est la seule porte qui reste quand on a ouvert toutes les autres.
Strate 1 - Voile 6 - Ombre 4 - Éclipse 2 - Cycle 427
Ceci est ma dernière entrée.
J'ai rangé mes outils. J'ai empilé mes notes et celles de Vorst ensemble, en une seule pile. Si quelqu'un les trouve, il aura tout. Sa recherche et la mienne, bout à bout. La carte complète d'un pays exploré dont on ne peut pas repousser les frontières.
Je ne suis pas triste. Pas vraiment. Je suis le meilleur cuistelier que la Gueule ait connue, et la Gueule est le seul endroit où mon art a pu exister. Je ne regrette rien de ce que j'ai vécu ici. Chaque plat, chaque visage émerveillé, chaque silence admiratif. Tout cela était vrai.
Mais la Gueule m'a donné l'éternité, et l'éternité est trop longue pour un art qui a des limites.
Vorst le savait. Je le sais maintenant.
Le Vide. C'est la seule chose que je n'ai jamais goûtée.
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