Le bolduc du glouf
Il était une fois un glouf et une bourde.
Dans son univers, le glouf s’occupait.
Jamais, il n’avait eu, dans ses jeux, la main lourde :
Il donnait petit, mais sans intérêt.
Il avait, dans son nid, un tas d’alibabas,
De shpill congelé et d’anges en panne,
Mais son plus beau trésor restait un ruban gras
Qu’avait égaré une korrigane.
Quand la brume empâtait l’air malsain des marais,
Le glouf tourmenté partait en errance.
Le bolduc sur son dos, chancelant sous le faix,
Il suivait au vent un hum sans défense.
Si la tourbe aspirait l’étourdi voyageur,
Le glouf s’approchait, tendait son bolduc
Auquel se remettait, faute d’autre lueur,
L’hum désespéré face au noctiluque.
Puis le glouf, ahanant, tirait le maladroit,
Mètre après mètre, sur la terre ferme.
Le rescapé cédait au rôle de la proie,
Voyait, de sa vie, arriver le terme.
Le fil était si gras que l’hum restait collé,
Ses deux mains serrées à son salvateur,
Ses yeux obstinément rivés au sol glacé ;
Au-dessus de lui, soufflait la hideur.
Le glouf, peiné, cherchant à recouvrer son bien,
Finissait, d’un coup de couteau tranchant,
Par sacrifier le bout du fantastique lien.
Ainsi, peu à peu, s’usait le ruban.
Un soir, trop fatigué, le glouf commit l’erreur :
Il laissa tomber le bolduc au sol,
Le temps qu’un geste las, du front, chasse la sueur.
L’hum en profita en vil Croquignol.
En l’espace d’un snif, il reprit ses esprits,
Bondit sur ses pieds, vif comme un chacal.
Non seulement l’ingrat s’enfuit sans un merci,
Mais, dans son élan, faucha l’arsenal.
Depuis, le pauvre glouf se complaint de son heur.
Quant aux hums voleurs, ce n’est pas fameux :
Ils n’ont rien empaumé et, ces fleurs de malheur,
Avec le bolduc, ne font que des nœuds.
Juillet 2019
💬 Commentaires 19
Plusieurs termes dans cette histoire m'ont fait penser à l'univers de Denis Gerfaud, auteur du jeu de rôles Rêve de Dragons.
Pendant les parties avec des amis, on a traversé l'Unirêve. On y croisait des zyglutes, des chafouins, des groins, on y respirait de l'onirose, on y mangeait les fruits du veloutier, on grimpait sur ls turlupestres et on traversait les déchirures du rêve pour passer d'un songe à un autre.
Petit effet madeleine de Proust sur ce texte :)
Mais j'en déduis que la morale c'est de toujours voler quelque chose qui nous servira ? ;-))
Good job !