Regard sur les actus d'octobre [DEFI Inktober 2026]

Jeudi premier octobre 2026
La pomme de discorde ridée et pelée continue de tressauter comme une patate chaude entre Washington et Téhéran.
Le feuilleton de l’été s’effiloche, mais on continue d’allumer la télé pour savoir la fin.
Vendredi 2 octobre 2026
70 mètres de relique engendrent déjà des polémiques au ras des pâquerettes. Le British Museum, perché sur la gloire de ses grands chevaux racés, a oublié de descendre à l’écoute des sens. Il va y remédier, et les aveugles pourront contempler la Telle du Conquest par la voix d’une autre Mathilde.
Les minorités ont parfois raison, mais seulement si elles ornent la grandeur de leur pays.
Samedi 3 octobre 2026
Les lycéens s’entrainent à la guerre en miniature : saccage de lycées, appels à la haine, tabassages de flics, feux de poubelles, violences de tous ordres, sur les mêmes paradoxes qui nourrissent les conflits internationaux. Au prétexte qu’ils manquent de moyens, ils détruisent le peu qu’il leur reste. Plusieurs millions d’euros de dégâts.
Il y aura du travail sur la planche. De quoi réjouir les entreprises qui auront à intervenir ; du pain béni en ces périodes où tout le monde tire sur la queue d’un pauvre Diable qui n’en peut plus. La guerre relance l’économie, c’est bien connu.
Dimanche 4 octobre 2026
Mira Markovic représentera le Parti animaliste à la présidentielle. La parole sera à ceux qui ne s’exprimeront pas sur le sujet, sachant que la France compte 67 millions d’humains, 75 millions d’animaux de compagnie et plus de 200 millions d’animaux d’élevage, principalement des poulets à déguster le plus rapidement possible. On nous dira qu’il faut interdire la chasse et la corrida, et qu’il faut tuer tous les animaux d’élevage. Ni lait, ni œufs ? Y a des cactus, comme le chantait déjà Dutronc en 67.
En attendant, vétérinaire est un métier d’avenir. Les animaux, on les aime, et de plus en plus hors de l’assiette.
Lundi 5 octobre 2026
De Vierzon la blanche à Bourges la rouge, les gifles sont distribuées, pas toujours de manière élégante et encore moins de manière équitable. D’un côté un parti nationaliste, cherchant à faire peau neuve et laver plus blanc que blanc, assène la première claque à un spectacle malheureux. De l’autre, l’ancienne rouge bien installée dans sa politique du paysage politique à contre-courant, ayant misé depuis longtemps sur le spectacle-liberté pour redorer son nom et faire passer les pilules égalitaires, rétablit l’ordre un peu brutalement. Le travail rend libre ? Et la culture, alors ?!
[Merci à Aurelian, pour son texte inspirateur ► Déprogramma-pont — Aurelian 3310 . De plus amples informations sur ► Déprogrammé par la municipalité d'extrême droite, ce spectacle sur le travail chez Amazon sera accueilli dans une ville voisine ]
Mardi 6 octobre 2026
Les Brésiliens sont appelés aux urnes pour choisir entre le vieux Lula, celui qui a priori nous serait le plus sympathique idéologiquement, nous les non concernés directement, et Flavio, figure d’une droite qui annonce la fin d’un règne, et surtout la fin d’un fier Brésil qui jusqu’à présent tenait tête aux ogres, que ce soit l’aigle-vautour du nord ou le grand dragon chinois. L’ours affamé, lui, n’ayant pas réussi à retenir entre ses griffes cet immense territoire. Mais pour les deux autres, la proie est de choix. Bien des Brésiliens désirent que leur Brésil reste ce Brésil rebelle et indépendant, phare de l’Amérique refusant la soumission, mais il aurait fallu pour ça qu’ils n’aient pas à lutter – pour leur commerce extérieur – qu’entre la peste et le choléra.
Mercredi 7 octobre 2026
Les migrants ne cessent de se bousculer au portillon pour franchir illégalement la Manche. Dangereux ou pas, rien ne les arrête, surtout pas les « small boat » surchargés. Deux hommes sont morts – deux de plus, deux de trop, parmi les 24 déjà recensés depuis le début de l’année – suite à un mouvement de panique à bord. 50 000 arrivées clandestines sont déjà enregistrées côté britannique pour 2026. L’accord « one-in, one-out » n’a pas été reconduit, mais de toute façon il n’avait en rien endigué le mouvement et à peine remué les consciences.
Jeudi 8 octobre 2026
Jours de dèche, et le Système D revient à la mode. Avec la crise du détroit d’Ormuz et les prix aux pompes qui s’envolent, certains se rappellent qu’il est possible de rouler à l’huile de friture. En réalité, mieux vaut la mélanger au gazole dans une proportion ne dépassant pas les 50% et la réserver aux vieux diesels, sans avoir oublié de la filtrer soigneusement. Beaucoup de conditions à réunir pour remplacer les émanations désagréables des pots d’échappement par des relents puant la frite ou le poisson. Les jours où le brouillard s’entêtera à stagner à hauteur de nez risquent de laisser un mauvais goût en bouche, et ce ne sera pas dû qu’aux habituelles particules fines de pollution.
Vendredi 9 octobre 2026
Ritchy Thibault, jeune bélier cherchant à s’affirmer dans le troupeau hétéroclite des moutons bêlants au rythme des pancartes, qualifié d’anarchiste ou d’extrêmement gauchiste, a appris à ses dépens que le crime de lèse-majesté est remis au goût du jour. Une phrase à l’humour douteux, à l’encontre du président Macron, lui a valu quatre mois de prison avec sursis ; le tribunal ayant jugé que l’expression en roue libre n’est pas de la liberté d’expression, et que les rappels à l’Histoire ont droit à être assimilés à des menaces de mort. Rien que ça. En quelques années, le slogan « il est interdit d’interdire » a grillé son « inter » sous le feu des justiciers.
à suivre… jusqu’au 31 octobre 2026
💬 Commentaires 13