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📖 Improbable ✍️ docno 📝 506 mots

L’open-space était vide. Un brouhaha feutré provenait de l’espace détente (machine à café et babyfoot. Personne n’était au boulot, comme d’habitude. Lorenzo alla directement au bureau de la mère Muskin, n’ayant croisé personne, pas même à l’accueil. En France la culture du travail est une institution, une seconde nature, d’ailleurs c’est pour ça qu’on a inventé les Chinois, parce qu’au final il faut bien que quelqu’un fasse le job, enfin surtout les autres.


Censure Scribouillasse. Attention on frôle la zone rouge, là ! Ces insinuations non fondées sont intolérables !

Nan, attends, je disais ça comme ça… C’est juste une licence poétique. Genre un haïku en moins feignasse, vu que je suis capable de dire plus de trois mots d’affilée.

Reprenons…


— Chef, vous m’avez fait mander ? fit-il, entrant sans avoir attendu après les quatre coups du destin toqués à la lourde.

— Ah, Lorenzo ! fit la directrice, tentant de cacher son agacement devant ce manque manifeste de la plus élémentaire politesse. J’ai besoin de vous...


Lorenzo se laissa tomber sur un fauteuil et fixa la directrice avec insistance, sans dire un mot. Madame Muskin soupira et expliqua son projet en termes politiquement corrects, des litotes polies pour dire des saloperies, des mots pervertis, comme si l’on avait usurpé leur identité, pénétrés sans leur consentement, quoi...

— Cela peut-il être fait ?

— Pourquoi moi ?

— Vous êtes une crapule… qu’on peut acheter !

— Combien ?


Madame Muskin griffonna un chiffre sur un post-it.

— Rajoute un zéro ma poule, on ne va pas marchander comme au souk ?

— Hein ? C’est exorbitant ! Jamais !

— Je me casse ! J’ai golf !

— Attendez ! Comment vous y prendrez-vous ?

— Dans la douceur, avec la vaseline et le doigtier. Prévoyez une cellule de soutien psychologique virtuelle quand même. Le Français est émotif.

— Lorenzo…

— Quoi ?

— Vous êtes ignoble… Vous le savez ? C’est horriblement séduisant.

— Pour l’ignoble, c’est juste une question de point de vue… Moi, je ne me cache pas derrière un executant. J’assume. Pour le reste, vos fantasmes pervers ne me regardent pas.

— Sortez !


Au moment de franchir la porte, madame Muskin reprit.

— Il faudra qu’on golfe ensemble un jour…

— Je ne me tape pas les vieilles…


La directrice étouffa un hoquet. Elle sonna le bon Foutriquet, elle avait grand besoin d’un peu de brosse à reluire.

— Madame la directrice m’a appelé ? s’enquit le zélé assistant.

— Ah Foutriquet ? Vous n’êtes jamais là quand on a besoin de vous !

— C’est qu’on chuchote dans l’entreprise. Je suis vos oreilles…

— On chuchote ?

— On murmure !

— Et que dit-on ?

— C’est à propos de la venue du… Lorenzo.

— Il est déjà là !

— Non ! Mais comment ?

— Il n’est sans doute pas passé par l’espace détente… fit remarquer la directrice.

— Ah… Il a été correct ?

— Odieux ! C’est un monstre !

— Je le fais chasser…

— Idiot ! N’en faites rien ! Avec ce qu’il me coûte…

— Qu’est-ce qu’il va faire ?

— Travailler, bien sûr ! Que voulez-vous qu’il fasse ? C’est un professionnel !

— Ah…

— Sortez ! Allez, allez…

— Bien, bien.


Foutriquet se hâta et de son pas trottinant, arpenta les allées, l’œil aux aguets, cherchant un Lorenzo. Le ver était dans le fruit, cela ne devrait pas être trop difficile de le trouver… Ce serait probablement le seul à bosser.

🏆
Défi terminé
Réunion absurde

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💬 Commentaires 2

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phillechat • 2 semaines, 4 jours
Je salive d'avance
👍 2
LaKlandestine • 2 semaines, 4 jours
Me too. ;-)
👍 1