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La folie douce s'était déguisée en faux lit ces derniers temps, pour s'amuser et agrandir sa noble famille. Elle avait fabriqué un matelas en fol lie de vin, un rouge sombre composé de levures mortes , de bactéries et de résidus de raison. Il n'en fallait pas moins pour passer inaperçu dans ce monde de folie dure où le vivant n'avait plus de valeur.
Un lit sans pieds dans le même sabot, ni sommier. ni cadre, car il était partisan du hors-cadre, hors-sol, hors-lois-imbéciles.
Et elle se promenait comme ça, la douce folie douce, l'air guilleret un tant soit peu aguicheur, déversant sa couleur indélébile sur chaque personne qui la croisait. Inutile de changer de trottoir, elle vous retrouvait où que vous alliez et du jour au lendemain votre sommeil et vos envies se faisaient une malle de voyage pour l'autre bout du monde.
Il fallait partir loin pour se faire une idée juste de la situation, soit dézoomer et prendre de la hauteur, soit tracer sa route à l'horizontal et juger du moelleux ou de la dureté des ressorts. Le faux lit était d'un confort tout relatif, mais appréciable lorsque vous tombiez de sommeil la tête la première. Puis le faux lit devenait fiable au fil du voyage, fidèle comme un véritable ami. De ceux qui sont honnêtes et droits dans leurs bottes. Droits dans leurs mocassins, leurs baskets et même dans des tongs avec une fleur en marguerite sur le dessus. Un sommeil profond permettait d'ouvrir les rêves sur une autre réalité sans plastique ni contrefaçon. Sans souffrances.
La folie douce avait répondu à un besoin planétaire urgent. Elle s'était répandue comme une trainée de poudre de perlimpinpin si bien que Père Limpinpin en personne en vantait les vertus dans tous les médias. Elles étaient nombreuses, joyeuses, créatives et colorées à la manières de bonbons Arlequin d'un autre temps. Un temps où la folie dure n'avait pas encore fait trop de mal, où ses victimes étaient des cas isolés.
La guerre était féroce entre ces deux folies, une lutte sans Piternelle qui comme d'habitude, manquait à l'appel.
La folie dure creusait des fossés où périssaient les belles idées, elle divisait les peuples et faisait souffrir sans compter ses victimes.
Le faux lit aux ressorts bien rebondissants avait fini par envoyer val-dinguer tous les dingos dans le Val. Pas d'Isère ni d'ailleurs, juste le Val, cet endroit où tous les doux rêveurs, les poètes, les artistes, les saltimbanques, les pacifistes, les cruches fêlées, les penseurs et les dormeurs du Val finissaient leur route. Ainsi une vaste contrée avait vu le jour et s'était emplie d'âmes vaillamment folles et brillamment douces.
La folie dure n'avait plus qu'à rebrousser chemin et se perdre dans les limbes pour les ternités.*
*Les ternités : Endroits incongrus proches de la Hongrie où les congres congruents se congratulent en continu.
💬 Commentaires 16
doit y avoir un nouveau fournisseur local ,un saisonnier peut-être? :-p
mais, pourquoi j'en ris??
*sifflotte*
Homomonyme de folie...
Quelle belle imagination.