Ils sont venus...
J’ai fait le rêve d’un homme qui portait un bébé en écharpe. Il faisait frais, le bébé était blotti bien au chaud sous le blouson de cet homme. Mon rêve ne disait pas s’il s’agissait de son père. C’était un simple rêve, le rêve d’un bébé au chaud contre un ventre.
L’homme marchait dans la rue, paisiblement. Des hommes en noir se sont approchés de lui. Des hommes en noir, casqués, matraque au poing. Des hommes sans visage. Ces hommes en uniforme l’ont frappé. Les uniformes ont couru après l’homme qui mettait les mains sur son ventre en hurlant : « Baby, baby ! »
C’était un rêve en anglais.
Les uniformes matraquent l’homme dans le ventre. Une tache rouge s’élargit sur le blouson. Il n’y a pas un cri, si ce n’est l’homme qui hurle encore : « Baby, baby ! » Le bébé n'a jamais crié.
Les uniformes sont silencieux. Méthodiques. L’homme tombe à terre. Les uniformes lui donnent des coups de rangers noirs dans le dos. Soubresauts contre le bitume sombre. L’homme ne crie plus.
D’un coup de botte, les uniformes le retournent. Nouveaux coups de pied, de talons, de matraques. Les uniformes ouvrent le blouson. Dans l’écharpe, il n’y a plus qu’une bouillie sanglante. Ils ne savent même pas ce qu’ils ont fait. Ils ne reconnaissent plus rien.
Je me réveille.
Je me réveille dans un pays qui se tient sage.
Ils ont tué les « jeunes de banlieue », sauvages et dangereux.
Ils ont mutilé les « sans dents », bien ridicules avec leurs revendications de rond-point.
Ils massacrent la jeunesse, qui ose se plaindre de la chaleur et passe son temps sur son portable.
Je me réveille.
Le cauchemar est toujours là.
💬 Commentaires 9
https://rmc.bfmtv.com/actualites/police-justice/le-bebe-pleurait-enormement-apres-l-hospitalisation-d-un-bebe-a-cause-d-un-tir-de-mortier-d-artifice-des-temoins-racontent_AV-202610070325.html