C'est un chien face à la mer et la mer face à un chien.
L'eau de la mer, c'est dégueulasse.
Le sable, c'est dégueulasse.
Mais la sortie était géniale !
Je ne me plains pas, je m'exprime et vous explique mon ressenti et mes découvertes.
Qu'est ce que j'en savais moi que l'eau de mer était salée et très très mauvaise. J'avais, comme dans la rivière, ouvert grand ma gueule pour en avaler une grande goulée. Grossière erreur.
Certes, les humains avaient crié de ne pas faire ça... Mais moi, j'aime faire ça, alors j'ai fait ça...
J'aurais pas dû faire ça.
La journée a débuté par une longue balade en voiture de plusieurs heures. Bien entendu, j’avais fait un tour dans le jardin pour mes besoins matinaux.
Pendant le trajet, aucun arrêt pipi. En même temps, je sais me retenir des heures voir une journée complète donc ils ne prennent pas la peine de me sortir pour me dégourdir les pattes. Après, quand je vois la marche que j’ai dû endurer le reste de la journée, je suis content de ne pas avoir fait d’activité le matin.
On arrive, normal, dans un endroit inconnu. A mon habitude, je sors du coffre en sautant et tire directement vers l’odeur la plus attrayante. A leurs habitudes, ils m’en empêchent et râlent sur mon comportement trop hâtif.
Je suis équipé, ils le sont aussi. La fille prend la laisse et on avance. Le sol est chaud mais agréable. Il se transforme vite en de la terre poussiéreuse et les contours du sentier en de petits arbustes ou de la genre d’herbe sèche. C’est génial. Les odeurs sont extraordinaires et totalement nouvelles. Je savoure chaque brin d’herbe, chaque cou de vent iodé, chaque parcelle de terre.
Cela dure une bonne demi-heure, le sentier est plat et agréable. Ensuite, nous arrivons à quelque chose de plus meuble, fin et qui rentre dans mes narines lorsque je respire. On dirait de la poussière, rien que de la poussière, entassée là pour créer des montagnes de poussières qu’il faut escalader.
J’éternue. Je me secoue et je suis mes humains qui peinent à avancer dans ce nouveau chemin qui n’en est plus un à mes yeux. Je les regarde peiné pour sortir leurs pieds de ce sol peu engageant. Moi, je gambade et je m’amuse. C’est attrayant comme sensation.
Plus de végétation pour délimiter où nous devons aller, les humains perdus à plusieurs reprises sur notre destination, les aller-retours, les montées ardues et les descentes glissantes… Je glisse un peu mais pas autant qu’eux lorsque nous gravissons ces mini montagnes de poussière appelées dune de sable apparemment. Bizarre mais c’est comme ça, ne me demandez pas pourquoi.
C’est très épuisant, le soleil commence vraiment à chauffer. Mes humains sont aussi morts que moi. On se stoppe, on boit de l’eau fraîche, ça fait du bien. Ils retirent une couche, se badigeonnent d’une crème qui sent bon et que j’ai envie de lêcher. Et il vérifie que je vais bien pour ensuite repartir dans cette étendue de sable.
Une odeur en particulier est de plus en plus forte. L’odeur de la mer apparemment. C’est spécial mais j’aime ça. Le vent se lève et souffle mes poils. Il s'immisce dans mes oreilles et rafraîchit ma truffe pleine de sable. Ma gorge s'assèche rapidement en ces lieux, heureusement que nous faisons plusieurs haltes pour s’hydrater.
A la moitié du trajet dans le sable, nous tombons sur des morceaux de bois créant un chemin plus confortable. Bonheur, délivrance, enfin un sol qui ne résiste pas à notre présence. Il nous soutient, stable.
Moins cool, nous allons gravir les marches qui me semblent interminables. Les humains débattent sur l’utilité de gravir cet escalier pour voir la vue ou non. Je prends alors l’initiative et je gravis, petit à petit, à mon aise, cette montée plutôt aisée en comparaison à ce que nous venons de faire durant la matinée.
La vue est belle, le vent est frais, on voit super loin. Les humains sont contents, je le suis aussi. Ils s'asseyent sur un banc et veulent que je me couche, me repose. Cela signifie que nous n’en avons pas fini de la marche. Je soupire un peu, obtempère et bois quelques lampées d’eau fraîche mise à ma disposition tout en admirant la vue et sniffant les odeurs environnantes se déplaçant avec le vent.
J’observe les humains qui vont et viennent sur cette plateforme ainsi que ceux au loin. Nous en avons croisé pas mal certains avec leurs toutous d’ailleurs mais j’étais tellement attiré par tout le reste que je n’y ai prêté que très peu d’attention. Les humains devaient être content que pour une fois, je ne tire pas vers le premier chien croisé.
Après un temps certain ou incertain, nous repartons de bon pied. Les humains ont mangé et semblent plus enclins à avancer de nouveau à un bon rythme. Bien entendu, ce rythme, c’est moi qui le donne. J’avance, je recule, je tourne à gauche, puis à droite. Je m’arrête 2 minutes sur une touffe d’herbe à l’odeur étrange puis fait demi-tour afin de remonter la piste et peut-être trouvé l’origine de cette dernière. Toujours sans succès.
L’air s’était bien réchauffé mais le vent apportait une fraîcheur bien plaisante. Le chemin fut encore long, quelques heures avant qu’on arrive sur une zone plate avec, à perte de vue, une étendue d’eau. Ils me mettent en longe, j’ai vingt mètres pour m’amuser.
Je voyais au loin des groupes de personnes, avec enfants ou chiens. Mais là, ce qui m’importait, c’était le sol, l’eau, les alentours proches. Je n’osais pas m’aventurer trop loin de mes maîtres. Ils riaient car ils essayaient de me faire jouer, courir, etc mais je revenais sans cesse vers eux. L’étendue inconnue, ce grand large ne m’inspirait pas une grande confiance. Mamandine avait un sourire jusqu’aux oreilles lorsque je me retournais pour vérifier leur présence !
Les oiseaux crient fort et souvent. Je les ai pourchassés un moment, c’était rigolo.
Parfois j’essayais de les attraper sans grande espérance et parfois je voulais juste les voir tous s’envoler, ensemble, en symbiose avec un bruit très caractéristique que j’aimais beaucoup. J’aime bien cet endroit.
On arrive plus proche de l’eau, il y a déjà des grosses flaques. Avec la chaleur, je ne dis pas non à une grande lampée d’eau. J’ouvre très grand et enfonce mon museau dans l’eau qui rencontre très vite du sable. Je relève la tête et regarde mes maîtres. Désarçonné, j’essaie de recracher un maximum de ce sable humide. J’essaie à nouveau, moins brusquement, sans racler le fond. L’eau est toujours aussi dégueulasse et imbuvable. Mes maîtres rient et me filment.
J’ai oublié de préciser que, tout le long de la balade, ils prennent des photos, à tour de rôle. Je pose sur certaines afin de leur offrir mon meilleur profil.
Frustré de cette eau peu ragoûtante, je cours, les oreilles bourdonnantes tant le vent était fort à cet endroit. Je savais que je ne pouvais m’éloigner trop loin grâce à la longe mais, je courais sans me soucier des alentours. Ils me suivront, c’est certains.
Essoufflée, mes humains essaient de me faire avancer plus calmement et vers l’eau en mouvement. J’en ai déjà vu des courants d'eau. Le robinet, les rivières, la fontaine à eau, la pluie. Mais ces mouvements hypnotiques avec ce son atypique m'intéressaient sans pour autant me rendre assez curieux pour y mettre les pattes.
J’avançais, reniflait et reculait dès que l’eau revenait vers moi à une vitesse plus ou moins modérée. Ils ont essayé de m’y faire avancer plus mais j’ai catégoriquement refusé à chaque fois. Ils ont vite abandonné.
Après une bonne heure sur cette étendue de sable mouillé à longer l’eau montante et descendante, nous remontions vers la population et le tarmac.
Ils s'asseyent sur un banc, je me couche à leur côté. Une gamelle d’eau à mes pattes. La fatigue est si forte que même les chiens courant en liberté proche de moi ne me font pas me lever. Je les regarde simplement passer et lorsqu’ils s’approchent, je redresse la tête, à l’affut sans toutefois me redresser sur mon fessier.
Le repos, c’est bien. Le repos, c’est important.
Je ne sais pas pour combien de temps nous en avons encore dans ce lieu mais si nous devons refaire le chemin inverse, je dois garder mon énergie pour retourner à la voiture.
La balade reprend, sur du bitume tiède et agréable au coussinet. Beaucoup d’humains nous croisent, nous dépassent, à pied ou en vélos.
Ensuite, mes humains s’assirent à une table, essayèrent de m’y installer le mieux possible, sous cette table bien trop basse. Après deux tentatives ratées, ils optèrent pour l’option laisser ma tête dépasser.
La tête du serveur me fait encore rire à ce jour. Ces yeux éberlués et un sourire illumina son visage lorsqu’il vit ma tête faire irruption entre les deux petites tables extérieures, l’empêchant de mettre son plateau car ma grosse boite crânienne prenait le quart de l’espace.
Il m’amena une gamelle et me caressa la tête.
Un petit chien aboya derrière nous, je devais rester calme, je n'ai pas tiré ou forcément réagit. Je le fixais, me demandant ce qu’il me voulait. Il y a eu également un groupe gigantesque d'enfants à vélo. Des joggeurs qui me frôlèrent, des motos et d’autres distractions plus fortes les unes que les autres. J’ai passé ce moment entre la position assise et couchée.
La balade repris, à nouveau, encore, comme si cela n’avait jamais de fin. Une pause et c’est reparti, encore et encore !
Mes humains riaient de l’agissement des autres. Chaque groupe qu’on croisait se fendait en deux afin de nous laisser la place pour passer. J’étais fier, curieux et heureux. Je ne tirais pas pour voir les chiens, les enfants ou les autres humains. Pas cette fois. Ils étaient trop nombreux, trop d’odeurs, trop de lieux à regarder. Mes humains me félicitèrent plusieurs fois et je n’ai jamais dû mettre la muselière !
Ma maîtresse est partie dans un magasin pendant que Monsieur me tenait à l’écart. Je m’assis donc afin de reposer mes pattes arrières qui commençaient vraiment à ne plus supporter ce voyage. Mes humains le comprirent car l’halte finie, j’entendis le mot voiture.
Ils n’avaient pas menti. La voiture ne fut plus très loin. Ils ont dû me porter afin de me mettre dans le coffre, une dernière lampée d’eau et on rentrait chez nous. La route du retour est encore plus longue. On était souvent à l’arrêt, stoppé pour je ne sais quelle raison. Mais nous sommes rentrés à la maison.
J’avoue que des pensées envahissantes sont venues troubler cette journée. Allaient-ils me laisser ici, ou là ? Partiraient-ils sans moi ?
Chaque sortie, c’est la même rengaine mais elle diminue au fur et à mesure des jours, des semaines. Je me sens de plus en plus en sécurité avec eux. Je pense que je les aime bien ces humains !
💬 Commentaires 4
Je n'ai pas le temps de relever les petites fautes d'orthographe ou de conjugaison, juste attention à tes changements de temps : un coup le présent, un coup le passé... Cela fait bizarre à la lecture.