Les premières séances de dressage

📖 Koda ✍️ Mandhyne 📝 1749 mots

Nous partons en voiture ! 


La journée avait été super longue. L’homme était parti quelques heures après la fille en me laissant avec mes jouets et un os à ronger. Cela fait plus d’un mois, je crois, que je vis avec eux. Je connais mon nom, j’y répond de temps à autres et j’fais également quelques autres ordres quand j’suis d’humeur à les écouter. 


Ils m’ont mis le harnais puis un petit pipi dans l’herbe et hop, dans le coffre. 


La route m’était inconnue, le trajet long. 


Une fois arrivé, je suis submergé par les odeurs. Beaucoup de chiens inconnus et d’humains tout aussi inconnus. L’endroit est sympa, il ne fait pas trop trop chaud, j’suis excité. Je marche à côté de mes deux humains jusqu’à l’intérieur, exigu et peu confortable. Ensuite, on nous dirige vers l’extérieur, dans un endroit clos. Les barrières étaient en bois, des chevaux étaient un peu plus loin, certains m’observaient. Le reste était entouré de végétations.


Au centre de l’enclos, une petite femme arrive vers nous, tout sourire. J’aime son odeur et ce qu’elle dégage. Je vais lui dire bonjour. Elle ne me prête que peu d’attention et parle à mes humains. Elle accepte qu’on me détache alors, je visite et sens les odeurs environnantes dans tout l’enclos. 


Après plusieurs minutes, ils reviennent vers moi, je me laisse faire. Ils m’attachent à nouveau et là, … Ils se bataillent avec moi pour me placer un bout de plastique autour de la truffe. Cela m’angoisse, me comprime, m’énerve. Je me débats tant bien que mal. Je recule, pousse, ronchonne, … Ils persistent et gagnent. 


C’est mal ajusté, j’arrive à la retirer avec mes pattes avant alors, ils resserrent les liens, vérifient que je respire, mais aussi que je peux boire et manger. 


Je n’avais jamais eu ce truc sur moi depuis la première visite chez le vétérinaire et je n’aimais pas ça du tout à l’époque. Désormais c’est un peu mieux mais je vous expliquerai. 


On me rattache donc en laisse, avec ce truc en plastique m’empêchant d’ouvrir ma gueule en grand. Deux chiens arrivent dans l’enclos. Ils se tiennent droits et m'affrontent du regard. La femme qui les tient a une mauvaise haura ! Je ne l’aime pas. L’un de ses chiens me cherche aussi, je ne l’aime pas. La femelle par contre, j’ai envie d’aller lui dire bonjour, alors je fonce ! 


Apparemment, ce n’était pas la chose à faire. 


La chienne s’est retournée contre moi, croc en avant, bave qui tombe de ses babines retroussées. Je recule, esquive et retente ma chance. L’autre chien s'immisce dans ma présentation. Les deux m’engueulent, essaient de me mordre. La femme qui les tients doit sévir. Mes humains à moi, m'appellent, m'engueulent également et je suis tiré en arrière. J’essaie à nouveau, le schéma se répète.


Cela fait des semaines qu’on m’interdit de réagir quand je suis en laisse, ou dans le jardin. C’est très frustrant de ne pas être libre de ce qu’on fait. Non, ne tire pas. Non, ne saute pas. Non, ne cours pas. Non, on va pas lui dire bonjour. Non, n’attrape pas sa main. Non, n’attrape pas le chien ! 


Je comprenais rien aux consignes. J’ai compris par la suite que c’était pour cela que je me retrouvais là ce jour-là. Je devais apprendre à gérer mes réactions, gérer mes salutations et surtout marcher en laisse de manière plus adaptée à mes humains. Après, je n’avais jamais été sorti avant, c’est normal que l’excitation prenne le dessus et que je ne réfléchisse plus trop à mes actions. En plus, je n’avais quasi jamais rencontré d’autres canidés alors j’étais juste heureux d’en approcher enfin.


Mais bon, bref, on retente un salut. J’avance donc à nouveau, de ma façon, jusqu’au premier chien qui commence à me montrer les dents. Joli sourire, j’accélère le pas et l’humaine n’arrive pas à bien me tenir. La femme qui est venue avec les deux chiens me regardent de haut, me juge et repars assez vite sans omettre de donner des remarques à mes humains. Ils se font réprimander de manière assez sévère sans qu’elle n’ai eu l’histoire de notre début d’aventure à mes humains et moi. 


Mon humaine d’ailleurs n’apprécie apparemment pas les remarques. Son cœur palpite, sa circulation sanguine augmente et monte jusqu’à ses joues. De honte ? Non, de colère. J’ai encore merdé … J’imagine.


Je me calme lorsque les deux chiens ne sont plus en vue. J’arrête de tirer, de sauter, d’être infernal.


Mes humains ont reçu des reproches de la part de la méchante dame. Comme s’ils ne faisaient pas assez pour moi (de ce que j’ai compris). Sauf que … C’est elle qui n’avait rien compris. J’ai une meilleure vie avec eux, je m’en rends compte de jour en jour. J’ai mes angoisses qui commencent à diminuer, j’arrive à leur faire confiance, de plus en plus, chaque jour. 


L’autre dame du centre me regarde, me caresse. On me retire la muselière aussi et ce jour-là, il ne se passa pas grand chose de plus sauf quelques petits rappels entre mon humain et mon humaine. Je devais aller de gauche à droite mais en restant enfermé dans l’enclos. Je n’avais pas su sentir à mon aise chaque odeur alors, j’avais décidé de les ignorer. J’allais également renifler le trajet des chiens qui étaient partis sans que je puisse les saluer afin de m’imprégner de leurs odeurs. 


Avant de quitter le lieu de dressage, la fille me caressa la tête, m’offrit des friandises que je recracha aussi sec. Elle dit au revoir à mes humains. On se reverrait apparemment. J’espère pouvoir enfin dire bonjour aux chiens que j’avais vu ! J’peux jamais leur dire bonjour. 


Ce ne fut que le premier jour ! Il y en a eu plusieurs séances chez eux. J’avais la fille gentille, que j’aimais beaucoup. Elle avait de la patience mais n’était pas tendre avec moi quand je faisais des bêtises… Enfin… cela n'était aucunement comparable à la violence que mon ancien maître me faisait subir. Ici c'était juste qu'elle ne lâchait pas l'affaire et ne cédait sur rien.


Je préférais les venues suivantes à ma première fois. J’ai pu rencontrer plein de chiens, comprendre certaines choses, en apprendre d’autres aussi ! Je devenais, apparemment un peu moins bébête ! J’en étais ravi. J’avais rencontré des petits comme des grands chiens, toujours affublé du plastique autour de la gueule. Mais si je devais avoir ça pour enfin dire bonjour et interagir, j'indiquais. Au fur et à mesure, je compris qu’il ne fallait pas sauter de face sur les chiens, ne pas renifler leur truffe immédiatement, quand il y a des crocs visibles, ne pas s'approcher et ainsi de suite. J’apprenais leur communication et c’était cool, difficile mais cool car dès qu’on arrivait à se comprendre, on pouvait rester ensemble et ça faisait du bien. 



Les balades devenaient au fil des semaines plus agréables, j’avais moins mal partout si je tirais pas en laisse. Ce fut un chemin périlleux et complexe. Mais j’suis fier d’être arrivé où j’en suis. 


Comprendre que tirer ne sert à rien. Mes humains iront à l'endroit et me laisseront le temps de renifler. Pas besoin de tirer pour communiquer.


J’ai eu droit à des cours particuliers et en dehors du lieu que je n’aimais pas avec Charlaine. Ma dresseuse. J’adore cette fille et j’adore Franska et Moon. Ce sont ses deux chiens.


La première fois que mon humaine m’amena seule, dans le nouvel endroit, l’excitation l’emporta et j’avais réussi à m’extirper du coffre pour aller poser mes fesses sur le siège à côté d’elle. Elle riait mais m’engueulait en même temps. Je sentais qu’elle n’était pas en colère de cette situation. Juste désappointé de voir que j'avais réussi à grimper la banquette arrière et passer les sièges avant pour m'asseoir à ses côtés. 


Charlène lui fit la remarque que c’était fortement dangereux de conduire avec moi à ses côtés. Je fis deux trois léchouilles aux deux fille afin de me faire pardonner et la balade pouvait commencer. 


Ces rendez-vous furent réguliers. Ils duraient entre 1h et 2h30 généralement. Je devais rester fortement concentré mais elles me laissaient aussi des moments de détente, je pouvais jouer dans de grands espaces (toujours attachés malgré tout). Les premiers efforts furent les plus complexes. Les alentours étaient bien plus intéressants. Mon humaine, je la voyais tous les jours, ce lieu, pas tant que ça. Alors je priorisais mes choix. Je préférais renifler, jouer, partir à l’aventure que de suivre ses ordres. J’ai compris après quelques tentatives peu fructueuses qu’elles étaient plus têtues que moi et qu’elles auraient souvent le dernier mot. Alors je capitulais de plus en plus et au fur et à mesure, je me suis rendu compte qu’il valait mieux suivre ce qu’elles me demandaient afin de prolonger la balade et les moments de liberté. Chaque ordre réussi me valait une récompense. J'étais finalement toujours gagnant.


J’avais fini par prendre goût à ces sorties hebdomadaires et mon humain nous rejoignait parfois. J’appréciais vraiment ces moments et je savourais chaque instant. Plus j’y allais et plus j’écoutais sans broncher les ordres qu’ils me donnaient. 


Ses journées étaient épuisantes mais obligatoires. Mon humaine prenait également confiance en moi et m'emmenait de plus en plus seule dans de nouveaux lieux de balades. J’apprenais à les écouter, à faire confiance et à découvrir ma nouvelle liberté en harmonie avec eux.



💬 Commentaires 1

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Pomlamouette • 1 semaine, 6 jours
On voit bien la progression pour Koda. En ce moment, je fais des séances d'éducation canine avec mon chien et je suis tout à fait dans l'ambiance ! Même si son parcours est beaucoup moins dur que celui de Koda (c'est encore un chiot).
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