Le dressage, un véritable apprentissage commun !
J’en ai fait voir des vertes et des pas mûres à Mamandine, Franfran et Charlaine. Je ne suis pas comme les autres et ils ont dû l'apprendre à leur dépend. Ils ont aussi appris que je n’étais ni spécialement attiré par les jouets, ni par la nourriture, ni par les caresses/attentions de leur part. L’éducation a donc été bien compliquée car seuls les copains chiens m'attiraient et donc rien ne comptait plus que la rencontre. Ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient. Il fallut des mois d'entraînements acharnés pour que j’en arrive à ce que je suis maintenant.
Commençons par la liste des mots et ordres que j’ai appris du début jusqu’à maintenant :
- Koda : Mon prénom, c’est moi
- Le chien : C’est moi aussi
- Assis : Je dois poser mon postérieur au sol. Ordre donné à de multiples reprises pour de multiples raisons.
- Couché : Je dois être entièrement sur le sol sauf ma tête. Je dois le réaliser que très rarement depuis que je ne suis plus au dressage. J’en suis reconnaissant car cela me demande beaucoup d’énergie de me coucher et me relever à plusieurs reprises.
- Côté : Je dois plaquer une partie de mon corps au sol tout en soulevant deux de mes pattes sur le côté. Ma tête peut être ou non sur le sol. Ils font souvent ça pour des soins ou chez le vétérinaire pour m’observer …
- La patte : Je dois donner une patte, peu importe laquelle. Cet ordre là aussi ne m’est plus jamais demandé sauf par des gens qu’on croise rarement ou par des inconnus comme si j’étais une bête de foire. Mais mes humains ont compris que cela tendait mes muscles et pouvait me faire mal alors je n’ai plus à le faire non plus.
- L’autre patte : Lorsque j’ai donné une patte, je dois donner l’autre. Logique en soit. Ordre aussi abandonné par mes humains pour éviter de me faire mal.
- Look : Ordre complexe car ils ont souvent quelque chose en main ou il y a un truc plus impressionnant ailleurs mais je dois les regarder droit dans les yeux et toucher leur nez avec ma truffe (enfin je crois, je sais pas, c’est comme ça que je fais car je n’arrive jamais sinon à rester dans leur regard assez longtemps pour que l’ordre soit validé). Il est rigolo celui-là et on le pratique encore. Rarement en rue vu que mes humains devraient se pencher et atteindre le niveau de ma tête pour que cela soit totalement réussi.
- Maison : L’endroit où on vit. Je l’entends lorsqu’on est au jardin ou en balade et qu’on rentre justement.
- Jardin : La zone remplie d’herbe et de trèfles où je joue et mes humains y passent beaucoup de temps surtout quand il fait chaud. Je l’entends lorsque je souhaite sortir et qu’on ne part pas en balade mais au jardin. Je dois donc me diriger vers la porte de sortie qui mène au jardin et non à la cour extérieure.
- Se promener : Le harnais est sorti, la laisse également et il ne manque plus que moi pour sortir soit dans les rues autour de chez nous soit ailleurs en balade.
- Attend : Je dois attendre qu’ils arrivent à mon niveau ou qu’un contre-ordre soit lancé avant de faire quoi que ce soit. Cela arrive par exemple quand ils ouvrent la porte pour sortir et que je suis prêt à y aller. Ils veulent parfois que j’attende que la porte soit ouverte en plus grand par exemple. Ils ne passent jamais avant moi, par contre, je pars toujours en avant et une fois le sas passé, je dois de nouveau attendre pour qu’ils ferment la porte. L’ordre arrive aussi en balade quand je tire légèrement et que je ne les regarde pas. Alors j’attends, le regard fixé vers l’avant et une fois qu’ils sont à mon niveau je sais que je peux reprendre la marche.
- Stop : Celui-là par contre est plus complexe. Je dois m’arrêter entièrement. Seul un geste ou un ordre peut me défaire de cet arrêt complet.
- Viens : C’est quand mes humains souhaitent que je les rejoigne mais que je n’en ai pas l’obligation. J’ai le choix.
- Ici : Là par contre je n’ai aucunement le choix. Je dois les rejoindre le plus vite possible malgré tout ce qui peut m’entourer. Utiliser surtout en balade lorsque je suis en longe et qu’on croise des gens, des animaux ou qu’on arrive sur une route.
- Traverse : Je peux avancer et aller jusqu’au trottoir d’en face.
- Trottoir : Je dois marcher sur le trottoir, le sol qui est contre les maisons qu’on longe.
- Côté (en balade) : Je dois me coller sur le côté, le plus loin possible des voitures. C’est surtout sur un lopin de terre ou d’herbe que je marche dans ces cas-là.
- Droite : Je dois aller à droite.
- Gauche : Je dois aller à gauche.
- Avance : Je dois avancer, ne pas regarder sur les côtés ni me laisser distraire. Ordre toujours donné lorsque je tire vers un congénère derrière une clôture ou vers quelque chose qui m’attire mais qui n’est pas sur notre chemin.
- Pied : Je dois marcher au pied. Je n’arrive pas vraiment à réaliser cet ordre en dehors du jardin mais au jardin je le fais parfaitement si Mamandine ou Franfran ont un jouet en main. En dehors, je m’en fou des jouets.
- Mange : Lorsque ma gamelle est remplie et que je peux manger.
- Bois : Je dois boire. Cela m’a été appris car je ne buvais pas assez à mon arrivée chez eux.
- Encore : Je dois refaire ce que je viens de faire.
- Prend : Je peux attraper ce qu’ils tiennent en main (bonbons, jouets)
- Tire : Je peux tirer de toutes mes forces, en arrière, en secouant la tête etc. J’adore jouer à ça, c’est trop amusant !
- Lache : Je dois immédiatement ouvrir ma gueule et ne plus tenir ce que je tenais.
- Doucement : Je dois ralentir ou être calme, cela dépend de la situation. Si je suis en balade, c’est que je marche trop vite. Si on me donne des bonbons, c’est que je les prends trop rapidement au risque d’attraper un doigt au passage.
- Tiens : Pareil que prend mais utilisé que pour la nourriture cette fois.
- Bonbon : Ce sont les friandises grande ou petite que je reçois lorsque je suis sage ou encore après ma sortie au jardin.
- Clé : Là, celui-là, c’est moi qui ai compris sans qu’ils ne me disent rien du tout, ils ont ajouté le mot après que j’ai répété le geste de moi-même plusieurs fois. Je touche la clé de la porte de sortie à la cuisine afin de leur montrer que je dois faire mes besoins. Ils ont très vite compris. Je n’utilise cette technique qu’en cas d’extrême urgence.
- Jouets / Balles : Ce sont toutes mes peluches, mes balles petites ou grandes avec lesquelles je peux jouer. Les peluches ont toutes des prénoms et je les reconnais : biquette, chevrette, petit âne, le kong (pour la balle), nonos, cureuil … Certains ont disparu au fil de temps car ils avaient perdu de leur forme ou de leur rondeur. J’avais vidé leurs entrailles de mousses à force de les mâchouiller. Mais je reçois cet ordre lorsque je m’excite un peu trop et qu’ils veulent que je me canalise sur autre chose, généralement dans la maison ou dans le jardin.
- Monte : Je dois grimper généralement dans le coffre. Au fil du temps, nous avons adopté une rampe pour m’aider à monter et descendre du coffre. J’ai aussi l’ordre pour monter dans le canapé, le lit, mon panier, …
- Descend : L’inverse de monte en fait.
Je crois qu’ils ont aussi essayé de m’apprendre à me secouer car ils me félicitent à chaque fois que je le fais après une rencontre en balade complexe ou avant de rentrer à la maison et que je suis trempé par la pluie. Mais bon, je ne le fait que quand j’ai envie ça. Me secouer par ordre, non mais ils ont cru ?!
Je pense qu’ils ont essayé, parfois pour le même ordre, des dizaines de façon différentes. Surtout pour le rappel, le stop, et les croisements avec les chiens.
J’ai aussi parfois pris l’exemple des chiens qui me côtoient durant l’apprentissage dont ma copine Moon et surtout Franska qui était posée, sage mais demandait à ce qu’on respecte son espace vital : ne pas s’approcher à moins de deux mètres de son magnifique pelage grisonnant. C’est avec elle que j’ai réalisé mes premières rencontres réussies pour mes maîtres.
La première rencontre parfaite…
Assis, le coeur palpitant, la queue un peu gigotante, l’impatience qui grandit mais je la laisse passer, je renifle l’air qu’elle fait bouger sur son passage et à son retour après des secondes interminables, le “GO” est lancé et je peux, de manière douce, aller la saluer. Fransca se laissait toujours faire lorsque je n’étais pas brusque. Si j’arrivais trop vite, la poussait avec ma truffe ou fonçait sur les zones sensibles, elle me réprimandait d’un claquement de dents ou alors d’un grognement mais ça c’était quand j’allais vraiment trop loin et que je n’écoutais pas ses avertissements précédent. Elle ne m’a jamais mordue pourtant elle aurait pu au vu de mon comportement du début. Elle me manque. Elle boitait plus que moi en fin de balade mais était toujours aussi vive et heureuse de sortir. On allait à son rythme les jours où c’était moins facile pour elle ce qui ne me déplaisait qu’une fois sur deux.
J’ai appris la vie dans le jardin et la cohabitation avec des voisins. Plusieurs choses sont expliquées dans le chapitre dédié. J’ai donc appris grâce aux jouets à ne plus sauter à chaque fois sur les clôtures. Cela s’est fait grâce aux conseils de Charlaine et à la détermination de mes humains. En laisse, des heures d’apprentissages avec les voisins qui passent sans crier gare. Avec le petit qui courait, les chiens qui aboyaient … Cela a duré des mois et des mois et je n’ai pas encore la perfection au bout des griffes. Le vieux m’exaspère encore parfois même si désormais je ne saute plus dès que j’entends son pas sur le sol caillouteux de son allée longeant notre jardin. Charlaine est même venue après l’incident avec le petit des voisins afin de déceler ce qui posait problème. Là aussi ça a été complexe. Dans mes bons jours, je m’assieds, grogne et pleure tout en mastiquant avec frénésie le jouet qui se trouve dans ma gueule. Si le petit me regarde ou court, c’est fini je le pourchasse enfin de ce que je peux car mes humains m’attrapent toujours lorsqu’ils les voient passer. C’est pas facile car cela ajoute de l’excitation. Maintenant que je suis toujours en liberté mais attaché en même temps, ils réalisaient des tests jusqu’où j’étais sage et où je craquais. Ce qui m’a permis d’offrir un assis grognon au lieu d’aboiement intempestif et un jetage au grillage impressionnant. J’ai entendu certains parler de collier électrique ou de barrières électriques afin que j’arrête de sauter dessus, de blesser mes humains et de faire peur aux voisins. Mamandine et Franfran ne s’y sont jamais résolu et ont continué à chercher d’autres méthodes pour m’apprendre à ne plus être un monstre au jardin, car c’est ce que j’étais mais bon. Dans mon ancienne vie je devais le défendre donc je le défendais. Il fallait du temps pour effacer les mauvaises habitudes et en créer de nouvelles.
Le rappel a été extrêmement complexe et il fallut aussi des mois entiers de travail pour arriver à des résultats. Je me souviens d’un jour, avec Charlaine, où nous avons passé 1h30 dans un champ. J’étais en bout d’une longue corde de vingt mètres et Mamandine et elle étaient de l’autre bout. On m’appelait, me montrait qu’elles partaient, rien n’y faisait. Je m’en foutais royalement, j’adorais marcher dans la terre légèrement meuble et sentir les traces récentes d’animaux sauvages. Les exercices furent moins complexes lorsque j’étais avec d’autres toutous car j’étais plus enclin à rejoindre la bande et jouer avec mon congénère. Désormais, au jardin le rappel est parfait et en ballade il l’est presque. Parfois il ne fonctionne pas car mon attention est rivée ailleurs et mes émotions trop fortes pour que j’écoute alors mes humains s’adaptent et utilise plutôt un STOP suivi d’un attend tout en continuant de répéter STOP à intervalle régulier. Au début, il devait quasi tirer sur ma longe lorsqu’il faisait ça car dès qu’ils faisaient un pas, j’en faisais un également. Maintenant, c’est OK. On se comprend vraiment mieux. Ils savent quand le rappel est faisable ou qu’il faut utiliser l’autre stratagème.
Bah oui, rien ne m’attire comme je l’ai expliqué plus haut. Il fallut plusieurs semaines pour que mes humains comprennent que ce qui me ferait répondre c’était le canard et le poulet séchés. Les bonbons bas de gamme : hors de questions. J’ai aussi eu droit à du saucisson, des petites saucisses ou encore du fromage pour les exercices les plus difficiles : le rappel, la marche calme face aux congénères ou le croisement avec d’autres toutous. C’était rare et ils ont vite échangé ces récompenses, lorsque j’avais compris ce qu’on me demandait, par du poulet et du canard. Apparemment les autres friandises n’étaient pas des plus saines pour moi… Pourtant, elles étaient si bonnes ! Mais bon. Ce que j’ai est tout aussi bon.
Tout au long des prochains chapitres, vous apprendrez les erreurs que j'ai pu commettre. Je n’ai jamais été violent envers mes humains sauf à deux reprises : lorsqu’ils m’ont fait mal aux pattes, j’ai attrapé leurs bras mais sans les blesser. Ces deux fois se sont déroulées après un entrainement. J’étais épuisé, mon cerveau ne demandait qu’une chose : se reposer. Alors mes réflexions étaient au point de néant et seul mon instinct réagissait encore. Ils n’ont jamais fait état de ces deux accès d’aggressivités. Je n’avais qu’attraper mais le bras entier de Mamandine s’est malgré tout retrouvé dans ma gueule. Elle avait croisé mon regard, ne tirant pas sur son bras et elle comprit, dans mes yeux, la douleur que j’avais et elle parla doucement afin que je lâche ma prise.
Ils ont également compris que le dressage collectif n’était pas fait pour moi à cause des ordres répétés, de la frustrations emmagasiné et des congénères autant fou allié que moi qui m'entraînent vers le bas plutôt que m’aider à progresser. J’explique les altercations que j’ai pu avoir aussi durant l’un des cours dans le chapitre XXX.
On a beaucoup joué aux essais-erreurs. On nous disait qu’il fallait garder du mouvement lorsqu’on croisait un chien et que mes humains devaient être plus intéressant que ce qui avait autour… Cela n’a jamais fonctionné pour moi. c’est lorsqu’on me laissa s'asseoir pour observer le chien passer et qu’ensuite on me laissait renifler son odeur que j’ai commencé à rester sage pendant les croisements sauf que ceci n’aurait surement pas été entièrement réalisable si je n’avais pas ma bande de copine avec moi pour jouer une fois semaine en balade. Chaque chose à son importance et mes humains ont su me comprendre. On a essayé, arrêté des choses, modifié d’autres, compris certaines… Mais ils n'ont jamais abandonné.
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