Le toilettage !
Alors… que dire. Je dois avouer que cet aspect était entièrement nouveau pour moi.
Auparavant personne ne s'occupait de mes poils. Ici… avec mes nouveaux humains, la découverte du toilettage fut une grande étape de négociation et d'adaptation !
Commençons par le commencement.
Les brosses et les ciseaux. Outils inconnus ressemblant à des outils de tortures à mes yeux. Cela me faisait paniquer à chaque fois qu'ils entraient dans ma vision, dans les mains de mon humaine généralement.
Je dois avouer avec honte que j'ai hurlé lorsque je voyais mes poils tomber. Je pensais qu'ils m'avaient découpé ! Ôté d'une partie de moi. Chlick faisait le ciseau. La panique emplissait tout mon corps. Mes yeux implorent mes humains d'arrêter de m'enlever des bouts de moi. Ils riaient face à cette réaction ridicule et me rassuraient toujours avec des mots doux, des caresses et des bisous.
Au fur et à mesure j'ai dû m'y adapter car je ne pouvais pas y échapper. Apparemment c'est ça d'avoir des longs poils…
Les hurlements se transformeront petit à petit en gémissement. Sauf lorsqu'on me passait à la douche car je me transforme en commando en mission fuyard ! La douche … J'aime l'eau mais pas comme ça. Cela prenait des heures. Heureusement c'était extrêmement rare. Je peux compter sur le bout des pattes les fois où j'ai dû me faire savonner.
La première quelques semaines après mon arrivée chez eux. C'était chaotique.
Personnellement, je n’étais pas vraiment d’accord avec cette décision de me tremper des griffes aux oreilles. Je trouvais mon odeur tout à fait acceptable, mais visiblement, mon avis n’a pas été retenu lors de la réunion du conseil.
Première étape : monter dans la baignoire.
Déjà, ça commence mal. Pourquoi irais-je volontairement dans un grand bac rempli d’eau ? Mamandine m’encourage, me motive, me promet que ce sera rapide. Elle ment. Je finis quand même par déposer les deux pattes avant sur le rebord, parce qu’elle a cette voix-là, celle qui dit que je n’ai pas vraiment le choix. Mais je la laisse porter mon arrière train. Elle sait que j’en ai pas la force. Mais je pèse mon poids. Heureusement Franfran est là pour l’aider et ils se mettent à deux pour me déposer dans le fond de la baignoire.
Deuxième étape : y rester.
Car oui, entrer dans la baignoire n’est qu’une partie du problème. Il faut aussi accepter d’y rester. Et ça, c’est une tout autre négociation.
Troisième étape : mouiller les poils.
Pour un berger allemand à poil long comme moi, ce n’est pas une mince affaire. Mamandine croit avoir gagné après quelques coups de douchette, mais elle découvre rapidement que ma fourrure possède plusieurs couches secrètes. L’extérieur est mouillé. L’intérieur, lui, reste parfaitement sec. Il faut donc insister. Encore. Et encore. Jusqu’à ce que l’eau atteigne enfin les profondeurs de mon pelage.
Quatrième étape : le shampoing.
Mamandine et Franfran me transforment alors en nuage ambulant. Ils savonnent partout. Le dos, les pattes, le ventre, la queue. Moi, je reste digne. Enfin, aussi digne qu’un chien couvert de mousse peut l’être. De temps à autre, je me secoue, éclabousse toute la pièce malgré les remontrances des humains qui se mettaient à l'abri à chaque engagement de secouage.
Cinquième étape : le rinçage.
En théorie, c’est simple. En pratique, ma fourrure décide de stocker du shampoing dans une dimension parallèle. Mamandine rince, rince encore, puis recommence parce qu’il reste toujours un peu de mousse quelque part. Tandis que Franfran frotte, essaie chercher tous le savon qui est stocké.
Sixième étape : l’après-shampoing.
Parce qu’apparemment, le shampoing ne suffisait pas. On ajoute donc une nouvelle couche de produit à faire pénétrer dans mes longs poils. À ce stade, je commence à me demander si je ne vais pas vivre ici désormais. Je râle, je m’épuise, mes pattes commencent à ne plus en pouvoir non plus malgré les tentatives désespérées que cette épreuve ne dure pas mille ans.
Septième étape : le deuxième rinçage.
L’étape de tous les dangers.
La mousse réapparaît sans cesse. Mamandine pense avoir terminé. Elle passe la main dans mes poils. Surprise : encore de la mousse. Alors elle recommence. Puis encore une fois avec l’aide de Franfran. Je crois sincèrement que cette mousse se reproduit toute seule. Ils sont aussi épuisés que moi !
Enfin vient la huitième et dernière étape : le séchage.
Et là, c’est un drame.
Mamandine sort le sèche-cheveux après qu’elle et Franfran m'ait porté en dehors de ma baignoire et déposé sur un essui. Cet engin souffle du vent directement sur moi. Du vent ! Et tout le monde sait que le vent est hautement suspect.
Je tente donc de l’attraper. De le mordre. De lui faire comprendre qu’il n’a rien à faire dans mon espace personnel. Malheureusement, le vent refuse obstinément de se laisser capturer.
Devant mon manque évident de coopération, ils abandonnent le sèche-cheveux et passent aux serviettes.
Une excellente idée.
Enfin... pendant environ deux secondes.
Car les serviettes deviennent détrempées presque immédiatement. Une, puis deux, puis trois. J’ai l’impression d’engendrer de l’eau plus vite qu’elles ne peuvent l’enlever.
Après une quantité de serviettes que seules mes humains connaissent, je suis enfin déclaré propre.
Je peux donc reprendre mes activités habituelles : courir partout, me rouler dans l’herbe lorsque mon corps me le permet et chercher le moyen le plus rapide de retrouver une odeur acceptable.
Je pensais en avoir fini avec cela. Qu’une fois c’était la seule et l’unique ! Mais non ! Sacrilège.
La deuxième a été réalisée par une soi-disant professionnelle…
Je vous explique celle-là.
Un jour, une dame arrive avec un immense véhicule dans la cour. Elle discute avec Mamandine et ensuite vient se présenter à moi. On fait la rencontre et elle me laisse renifler le véhicule. Elle demande qu'on me musèle après les explications de mon passé et commence à me caresser…
Elle discute beaucoup, me brosse pour ainsi dire pas du tout, je pense que j'ai eu une dizaine de coups de brosses seulement. Mon humaine a dû lui demander de me retirer une texture collante qui poissait mes poils entre mes coussinets et était très désagréable. Elle tondu entre les coussinets d'une de mes pattes. Et ensuite… elle est partie ! Oui !
Mamandine était perdue je le sentais. Elle avait aussi un peu de colère.
La semaine suivante. La dame revient avec son genre de camionnette. Cette fois-ci je vais dans le bain, muselé. La femme qui me savonne avec mon humaine sursaute dès que je me retourne pour voir ce qu'elle fait. Elle a peur je le ressens fort. Je suis coincé dans tous les sens du terme. Je commence à m'agacer et à m'impatienter. Je reste malgré tout assez sage sous les compliments de Mamandine et ses encouragements.
Le bain se termine assez vite. Je suis dégoulinant et encore… moussant ! Alors elle interpella la femme et demanda un retour au rinçage. Une fois fait, où c'est mon humaine qui réalisa tout le travail, l'autre femme parti en empochant quelques billets verts.
Mon humaine fulminait mais essayait de ne pas me transmettre ses émotions négatives. Je compris rapidement qu'elle n'avait aucune négative contre moi. Elle me félicita de mon comportement j'ai même reçu un bonbon. J'avais aussi gagné un nouveau jouet de par la dame du van.
Mon humaine raconta la mésaventure à Franfran. Il était outré de la situation.
Nous avions, Mamandine et moi, passé 2 heures dehors à me sécher au sèche cheveux et aux essuis car la femme etait partie me laissant degoulinant d'eau.
Plus jamais je revis cette toiletteuse. Aucune autre d'ailleurs entre dans ma vie.
Les prochains bains se sont déroulés dans le jardin ce qui était bien plus agréable pour moi car je pouvais me défouler dès que j'en ressentais le besoin et le compromis était parfait.
Le brossage se déroule désormais aussi au jardin. Des poils volent partout. Je cours et pars toutes les 5 à 10 minutes de brosses mais je reviens toujours. Donnant généralement mon arrière train pour que le poil soit démêlé et soyeux.
J'ai compris également que si je me crassais en balade je finissais sous le jet d'eau en rentrant. Comme la fois où je suis tombé dans la rivière faite d'algues et de boue. Jusqu'au épaule je jouais la vase et l'eau croupie. C'était rigolo. Mes humains n'ont pas compris l'humour et la joie que je ressentais face à cette situation !
Le brossage quant à lui se réalise tous les 2 ou 3 jours mais plus je vieillis et plus les sessions sont courtes. A l'intérieur je me retournais en attrapant la brosse ou le ciseau. Parfois même.. et j'en suis peu fière. La main de Mamandine. Dehors cela était plus facile à gérer pour moi jusqu'à un certain point et désormais on réalise de mini session une fois une patte. Le lendemain l'autre. Et ainsi de suite. Si je ne veux pas. Je ne suis pas forcé ! Je les aime mes humains. Qui aurait cru qu'on aurait pu enfin se comprendre aussi bien ?
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