Quand la Lune tombe
Lune
Les yeux fermés, je respire profondément. La chute sera-t-elle brutale ? Est-ce que je souffrirai ?
J'ai peur mais je n'en peux plus. Je n'en peux plus des insultes, des regards, des rumeurs. J'ai tout essayé. Les coupures sur mon corps, les brûlures sur mes poignets. Avant ça me calmait un peu, ça me soulageait. Ça enlevait un peu ma peine. Mais ce soir, après un énième message sur les réseaux ? Je veux juste mourir. Je suis au bout du bout, du putain de rouleau. Je veux juste que ça s'arrête. Personne ne pouvait plus rien, personne ne pouvait déjà rien faire. En haut de ce pont, où l'on voit la mer, un soir de demi-lune. Comme si, dans son sommeil, elle ouvrait un œil pour me voir mettre ma vie en l'air. Je n'en peux plus de faire semblant, de dire que tout va bien, alors que j'ai juste envie de m'enfouir au fond d'un trou, et de ne jamais en ressortir. Marre de cette première année de lycée, qui m'a défoncé. Je veux en finir avec ce désastre qu'est devenu ma vie. Alors j'ouvre les yeux. Je passe une jambe par-dessus la rambarde, les joues pleines de larmes. Des gouttes de pluies sur mes pommettes, remplis de tristesse, de culpabilité, de honte, de haine contre eux, contre moi de n'avoir plus la force de me battre. J'enjambe définitivement la barrière.
Le pire, dans cette histoire, c'est que ce n'est pas eux que je déteste le plus. Mais c'est moi. C'est moi que je hais, pour leur avoir donné une raison de me détester. Je n'ai jamais voulu toute cette haine, mais ils en ont décidé autrement, et je ne pouvais rien faire à part subir. Je ne peux rien faire à part subir. Mais j'en ai marre de me battre, de rester forte. Je tiens encore la barrière avec mes bras. Peut-être un peu trop fort. C'est mon subconscient je le sais, ce n'est pas naturel et anodin de sauté d'un pont, de se suicider. Je ferme les yeux, respire, les ouvre à nouveau. Je sens le métal froid sous mes mains, et l'odeur de rouilles, qui fait penser à celle du sang. Je reste un moment comme ça. Je sens le vent sur mon visage, j'entend le roulement de la mer, sous mes pieds. Il n'y a pas âme qui vive autour de moi, je suis seule, face à la mort. Je chasse la petite voix dans ma tête qui essaie de me résonner. Elle est devenu faible, trop faible, je ne l'entend plus.
Si je ne suis plus là, il ne pourront plus me détester.
Je ne veux plus vivre tout ça. J'ai pris ma décision, et je ne changerai pas. Je veux en finir. En finir avec les larmes, les humiliations, les rires, les regards. Toute ces images me reviennent en tête et alimentent ma conviction.
Un doigt lâche la barrière.
Je revoit les visages de ce groupe qui me hais, me zieuter dans les couloirs.
Deuxième doigt lâche la barrière.
Je revois cette peste de Claire, chuchoter à son copain, sur mon passage, notant ma démarche, la façon de m'habiller.
Troisième doigt lâche la barrière.
Je revois les garçons rirent de moi à la piscine.
Quatrième doigt lâche la barrière.
Je revois Claire dans les toilettes, avec cette fille rousse. Appuyer ma tête dans l'eau salle des toilettes, me ruer de coup, sous le regard observateur de cette autre fille, même pas une once de pitié.
Cinquième doigt lâche la barrière.
Je revois les messages de mon groupe de classe, m'insultant ouvertement.
Sixième doigt lâche la barrière.
Je vois les grafities sur mon casier au lycée, m'insultant de tout les péjoratifs existant.
Septième doigt lâche la barrière.
Je revois les messages insultants de ce compte sur Instagram Redbad_girl.
Huitième doigts lâche la barrière.
Je n'ai plus que deux doigt qui tiennent, et une volonté inconnu s'empare de moi, et je tiens fermement la barrière. Je m'étais préparer à ce mécanisme de défense de mon corps, je m'étais préparer à ne pas me débattre. Mais c'est plus fort que moi j'essaie... mais je sens la force me quitter, je n'arrive plus à attraper la rambarde de mes mains, je me retourne pour l'attraper avec ma main gauche, mais je glisse et je chute. Je ferme les yeux, par instinct, pour ne pas voir les rochers, les vagues et l'eau, qui me sera fatal, pour ne pas me voir mourir. J'ai l'impression de chuter indéfiniment. Je ne tombe pas, je sens seulement le vent qui souffle dans mes oreilles et soudain j'ouvre les yeux. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je les ouvre, et je vois, que je suis toujours là. En vie. J'ai un bras qui pend le long de mon flanc. Et des doigts me retiennent par l'autre poignet. D'une poigne ferme et chaude. Je lève les yeux, un jeune homme blond, peut-être un peu plus âgé que moi, essaie de me remonter. Il doit avoir une sacrée force parce qu'il y arrive presque du premier coup sans jamais me lâcher. Je le regarde, je dois avoir l'air effrayer. Je ne l'entend pas parler et je ne réagis même pas quand il glisse sa main sur ma taille pour me porter sur le côté sécurisé du pont. Je le regarde, il me regarde. On se fixe un long moment, je suis incapable de bouger. J'ai failli mourir, j'ai regarder la mort en face. Je détails le jeune homme devant moi, son sourire est chaleureux et inquiet à la fois, il me regarde, s'approche un peu et je recule. Je suis effrayer, je ne veux que personne ne me touche, j'ai failli mourir. J'allais m'écraser sur les rochers en bas, et mon sang allait se faire emporter par les flots. L'image est net dans mon esprit, je me demande si on aurait retrouver mon corps, après combien de temps, on m'aurais trouver, là gisant sur les roches, du sable coller à mon sang, pourrissant au soleil, me décomposant petit à petit. Manger pas les verres, et les charognard, peut-être quelques requins qui aurait été attiré par l'odeur aigre de mon sang. Seulement à cette pensée j'explose, devant le jeune blond, je pleurs, je sanglote, mon cœur bat fort, je suis incapable de le retenir. Alors quand le blond se penche sur moi pour m'emmener avec lui je ne réagis pas, je le laisse faire. Je sais qu'il ne vas pas me faire du mal, et puis au point où j'en suis, rien ne peut-être pire. Il me soulève, un bras dans mon dos, l'autre sous mes jambes. Il me chuchote que tout va bien, que je n'est pas à m'inquiété, que tout est fini. J'entend à peine sa voix, un bourdonnement sourd dans les oreilles, peut-être les restes d'un traumatisme. Il me porte loin du pont, jusqu'à une petite superette ouverte. Il me dépose sur un petit muré du parking.
-Reste là, je reviens tout de suite. dit-il doucement.
Je hoche la tête, de toute façon je n'ai pas envie de partir, pas la force non plus. Alors je le regarde s'en aller, et j'attend. J'attend dans le silence de la nuit, seul le bruit des vagues se fait entendre, comme une berceuse chuchoter aux creux d'une oreille. Je lève la tête, et regarde le ciel, je la voix, mon homologue astral. Elle doit se sentir seul la nuit, ce soir il n'y a même pas d'étoile. Elle doit avoir froid tout là haut. Un peu comme moi ici. Des larmes coulent encore sur mon visage. Doucement et calmement, elles font le voyage sur mes pommettes. Je ne les essuies pas, de toute façon elles couleront toujours. Soudain, la sonnette de la porte de la superette retentis, et le blond sort pour me rejoindre. Ses mains sont pleine de boisson et de chose à manger. Je reste bien assise et l'attend arriver.
Il s'assoit face à moi et met un peu de distance. J'aime bien ce geste, il sait qu'il me faut de l'espace. Il dispose toute la nourriture devant nous, il y a des fruits, fraise, raisin, aussi des chips de toute sorte, des bonbons, des sucettes à la fraise (mes préférée); il a aussi ramener des boissons, des petites canettes de coca, des Dr Pepper, et deux Monsters. J'hésite à prendre quelques choses à manger dans tout ça. Ce n'est pas bon pour ma santé, et je vais encore prendre du poids, et je déteste ça. Il me regarde, et me tend une fraise:
-Ca te fera du bien tu verra, mange.
Je prend la fraise à contre cœur, et croque à l'intérieur, le goût sucrée et fruité, m'explose dans la bouche, et j'avoue que ça à un côté réconfortant.
-Merci, je chuchote doucement.
Il me regarde l'air attendrit.
-Je m'appelle Raphaël, au fait.
Je le regarde, sourit timidement et dit d'une toute petite voix:
-Enchantée, moi c'est...
-Lune je sais, finit-il. Je suis désolée pour ce qui t'arrive.
Je souris hoche la tête, et repose la fraise. Je n'ai plus faim. Un silence un peu gênant s'installe entre nous. Je sens son regard sur moi, mais je n'ose pas le regarder. Il est au courant de ce qui m'arrive, il le sais bien, peut-être à t-il même participer. Peut-être même que me sauver c'est une ruse pour mieux me tuer. Je ne sais pas, je doute, j'ai peur, j'ai mal. Ma tête va exploser. Quand j'ose regarder le blond, c'est lui qui baisse les yeux.
-Je suis désolé, je voulais pas plomber l'ambiance. dit-il d'une petite voix. Tu sais je t'ai vu sur le pont, je pensais pas que t'allais sauter.
-Moi non plus, j'avoue, quand j'ai voulu faire demi-tour, j'ai glisser et je suis tomber. Au final j'allais bien mourir ce soir.
Il rit.
-Ben non, regarde toi tu es encore en vie non?
-Merci de m'avoir sauver.
Un long moment de silence, on se regarde sans rien dire. Ses yeux sont d'une couleur entre le vert foncé et le marron, la lumière d'un lampadaire, l'éclaire parfaitement. Il me sourit un peu, et je détourne les yeux. Je veux pas voir la gentillesse. A chaque fois qu'on à était gentil, ça s'est retourner contre moi. Je reprend ma fraise la grignote, ouvre une Dr Pepper et là bois en silence. Il se fait long, on mange, on boit, des fois on se regarde, mais jamais très longtemps. Je pense à ce soir, c'était peut-être finalement pas mon heure. Mais, j'aurais quand même aimé pouvoir partir. Car chaque seconde de plus en vie, est une seconde de plus à souffrir. Je regarde mes mains, et je remarque quelques coupure. J'ai du serrer un peu trop fort la barrière et des bouts de rouilles sont entrée dans ma peau. Je n'y fait pas attention et ramène mes manches sur mes mains, pour les cacher. J'ai envie de rompre le silence, il s'étend depuis trop longtemps et ça fait bourdonnée mes oreilles:
-Tu faisais quoi dehors à cette heure? je demande à Raphaël.
Il semble un peu surpris, par ma question, ou juste par le fait que j'ai pu m'exprimer clairement, pas dans un chuchotement érailler.
-Hum, j'ai accompagné mon frère à une fête, mais je suis pas resté. J'aime pas les soirées où il y a trop de monde. Ou trop de bruit, ou trop d'ados dépravés au cerveaux ramollis.
Je ris un peu à cette phrase. Il est différent des autres garçons. Les autres, ils aiment aller à des fêtes géré des nanas, bien formé, souvent les pompoms girls, rentré chez eux bourrés, et faire la fête jusque tard. Il n'est pas comme ça. Peut-être que c'est parce qu'il n'est un de ces ados aux cerveaux ramollis.
-La nuit c'est fait pour ceux qui n'aime pas se voir le jour. Dis-je instinctivement.
-Comment ça? demande le blond.
Je lève les yeux au ciel. Pensant, dans mon cœur, que ce n'est simplement qu'une ruse, que personne ne relève réellement ce que je dit. Mais je précise.
-Le jour on agis d'une manière particulière. On doit affronter les autres, les regarder, leurs plair. On est entourer de monde. Le soir on peut être ceux qu'on veut, faire des trucs qui déplait aux autres sans jugement. Le soir personne ne nous regarde, personne ne nous jugent. Tu crois que c'est pourquoi que les prostituées travaillent la nuit?
Il me regarde sérieusement, puis rit. Et je me vois le rejoindre, dans son rire. Un peu timidement certes mais je ris avec lui, d'une remarque très vrai.
-Tu n'as pas tord, dit-il. C'est vrai que la nuit on peut se permettre des folies. Et toi tu fait partie de ces gens n'est ce pas?
Je baisse les yeux, les joues un peu rouge. Oui c'est vrai je fait partie de ses gens, mais pas pour les bonnes raisons. Je vie la nuit, parce que le jour on ne m'accepte pas. Le jour je doit cacher mes cicatrices, et subir sans flancher. La nuit, à la lueur de la lune, je peut exhiber mes blessures, elle ne me jugera pas. Je peux continuer à me briser, elle ne fera que me regarder, elle ne m'arrêtera pas, mais elle ne me jugera pas de me faire ce mal. Raphaël me regarde, sans me juger, il à l'air de comprendre. Puis il ajoute.
-Je crois que tout le monde fait un peut partie de ces gens là. On aime vivre la nuit. Tous. Mais si on le faisait, on aurait préféré le jour.
Je le regarde, on se toise un moment. L'air est étrange entre nous, il m'a compris. Il a compris ma vision des choses. Il a surenchérie. Il ne m'a pas juger, il m'a écouter. Il m'a pris en compte. Il est différent c'est vrai. Il n'est pas comme les autres ado au cerveaux ramollis. On finit par détourner les yeux, gêner par cette atmosphère étrange, et on continue de manger. On ne parle plus mais le silence est agréable. Je me sens un peu mieux, comme si ce soir, il était obligatoire que je le rencontre, que je vois que quelque part quelqu'un me comprend. C'est étrange comme sentiment, un peu irréel. Mais je l'accepte, si c'était mon heure, personne ne m'aurais sauver ce soir. Tout est une question de destin.
💬 Commentaires 1
Je t'ai mis pleins d'annotations, à toi de voir si ça te convient ou pas ^^ À retenir que parfois, on regarde selon la manière dont on écrit aussi, donc certaines remarques ne seront peut-être pas pertinentes selon ce que toi, tu veux écrire ;)
Pour faire un rapide résumé : beaucoup de répétitions avec "regarder", quelques redondances dans les idées, des fautes aussi (n'hésite pas à te relire plusieurs fois ou à te faire relire si tu en as la possibilité ;)). Pour le fond, peut-être un peu rapide le fait de dire que l'autre est différent, etc.
Mais l'idée de fond est intéressante, et je pense que je ne suis pas la seule à la trouver sympa ^^ Je t'encourage à poursuivre en tout cas !