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📖 La magie des rêves ✍️ Alisée 📝 875 mots

La reine se mouva entre ses draps, puis se redressa à l'aide d'une autre elfe. D'une démarche lente, elle se dirigea vers l'un des fauteuils et s'y assit.

Malgré son teint blafard, la créature était sublime, grande, mince, élégante avec sa longue robe bleu-vert aux fines bretelles, se déplaçant avec grâce et légèreté. Une couronne de fleurs ornait ses cheveux noir corbeau tressés sur le côté droit. Son visage représentait la perfection : symétrique, avec des pommettes hautes, un nez fin et des lèvres en forme de cœur. Aucun défaut n'altérait sa beauté naturelle. Ses yeux d'un doré profond brillaient intensément.

L'humaine se sentit insignifiante face à une telle splendeur. Elle n'osa pas croiser son regard quand elle lui fit signe de la rejoindre.

– Ma chère, venez prendre place à mes côtés, ne prenez pas peur.

Sa voix mélodieuse l'enivra en une seule seconde. Lisa n'aurait jamais pensé entendre quelque chose d'aussi harmonieux. En s'installant, sa main se posa sur le dossier recouvert d'un plaid en laine d'alpaga couleur or. La douceur incomparable et la chaleur exceptionnelle du tissu la calmèrent en un instant.

– Je suis heureuse de pouvoir enfin vous parler, déclara Arwen quand son invitée eut terminé de s'installer.

Lisa souhaita répondre, mais n'y parvint pas. De nouvelles questions envahirent ses pensées : de toute évidence, la reine la connaissait. Pourtant elle-même, ne l'avait jamais aperçue, malgré les visites effectuées depuis l'âge de dix ans. Elle s'en serait souvenue. Les paroles d'Astaldo résonnaient encore dans son esprit.

– Je crois que vous avez des interrogations. Avant de commencer, voulez-vous boire quelque chose ?

– Je veux bien, merci, répondit Lisa d'une voix éraillée.

Une servante se pencha pour présenter un plateau en argent, l'hôte prit un verre et le tendit à Lisa.

Elle observa sa boisson. Le liquide couleur vert Peter Pan qu'il contenait lui paraissait peu ragoutant. Un œil discret à Astaldo, adossé au mur en face d'elle, le décida à intervenir.

– Ne t'inquiète pas, c'est un mélange de menthe, basilic, citron vert et du sucre de canne. C'est très rafraîchissant et savoureux, la rassura-t-il.

Elle porta son verre à sa bouche, la menthe fraîche envahit agréablement ses narines, puis goûta le breuvage. Cet assortiment de saveurs lui plut, car le contenu disparut en quelques secondes.

– Ravie que ma composition vous plaise, rit Arwen. Avant de vous faire part de la raison de votre venue ici, je voudrais savoir ce que vous savez.

– En toute franchise... je ne sais plus. Tout est embrouillé.

– Je vois. Je pense qu'il vaut mieux vous raconter les choses en commençant par le début, c'est-à-dire vous conter la légende de notre monde.


Durant des millénaires, Eldhwen prospérait.

Le mythique peuple elfique vivait en paix.

À l'aurore, un puissant mage se présenta.

Une vie de partage, un orgueil étouffé.


Pouvoir et immortalité le fascinaient.

Il convoqua une entité que tous craignaient :

Avec Morwën, l'adversité se propagea.

Trépas, destruction, les elfes s'éteignaient.


Maeglin, un brave chevalier, vint à nous.

Un humain, un protecteur, un combattant né.

En premier, renversa la vanité du mage.

En second, enferma l'ombre dans son épée.

Par ce sort, il se sacrifia et périt.


Le haut conseil elfique l'immortalisa.

Par une statue, son souvenir restera.

Mais la menace de Morwën planait toujours.

L'épée incassable fut fichée sans vergogne.

Au fond d'un repaire, sous l'eau, l'accès bouché.


Un sort aux conséquences négatives veille.

La toucher engendrera vite la mort.

Seul un être pur, descendant de Maeglin,

Pourra récupérer sans risque l'artefact.

En soi une personne de la race humaine.


Arwen stoppa son monologue en se désaltérant. Lisa suivit ses gestes avec attention.

– Il y a un mois de ça, l'épée a été enlevée de son socle et Morwën libérée. Afin de sauver le royaume elfique, il faut retrouver cette épée et détruire la pierre précieuse qui la pare, car Morwën est liée à cette gemme.

– C'est une histoire que je pensais être un mythe... mais en quoi suis-je concernée ? intervint Lisa en se réinstallant sur sa chaise.

– J'y arrive, assura la souveraine avec bienveillance. L'épée ne peut répondre qu'à un humain et la légende raconte qu'elle retournera, d'elle-même, à son véritable propriétaire. Maeglin ayant disparu, l'objet revient à sa descendance, c'est-à-dire à vous, Lisa Rosa, plus précisément à Elisabeth Sophie Brumeau.

Un ange passa.

Brusquement, Lisa quitta sa chaise et arpenta la pièce. Les révélations de la reine l'avaient déstabilisée. De sombres souvenirs remontaient à la surface : l'assassinat de son père, la disparition de sa mère. Des souvenirs qui l'avaient hantée durant de nombreuses nuits. La jeune femme s'immobilisa au centre de la chambre et brava enfin le regard d'Arwen. Ses yeux étincelaient de perles qui menaçaient de s'échapper. Les traits de son visage se crispèrent. Elle se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de lâcher prise.

– J'ai besoin d'air, murmura Lisa après une longue hésitation, puis sortit.

Astaldo désira la suivre, mais sa monarque le retint par le bras.

– Elle a besoin de temps.




💬 Commentaires 4

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Cylliade • 3 jours, 15 heures
Hormis un petit point ce chapitre me semble abouti. On est dans une trope classique mais efficace, je suis curieux de voir comment tu vas développer le personnage de Lisa et le destin qui l'attend.
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scifan • 2 semaines, 2 jours
❤️
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LauraAnco • 4 semaines
Très jolie description de la reine et une légende qui explique pas mal de choses. Superbe chapitre ;)
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Alisée Auteur • 3 semaines, 6 jours
Merci, j'ai galéré pour la légende en alexandrin. Contente que ça fonctionne.
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