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📖 La magie des rêves ✍️ Alisée 📝 702 mots


Vingt ans plus tôt.

Annabelle, les cheveux coiffés en un chignon désordonné, habillée d'un tee-shirt taché et d'un jogging troué, descendit les escaliers, un verre à moitié vide dans la main. Elle se dirigea vers la cuisine pour le remplir à nouveau. À la vue d'Alexandre, son mari, elle sursauta.

– Alex chéri, tu m'as fait peur. Tu devais rentrer seulement demain, affirma-t-elle en se resservant.

– Donne-moi ça, lâcha-t-il en lui prenant le verre et le vidant dans l'évier. Où est Lisa ?

– Dans sa chambre, elle s'est endormie.

Alexandre attrapa la bouteille d'alcool, jeta le contenu, puis sortit de la cuisine.

— Où vas-tu ?

– Vérifier qu'elle va bien, répondit-il sans le moindre regard pour sa femme.

Il la rejoignit quelques minutes plus tard dans le salon.

– Depuis combien de temps ne prends-tu plus tes médicaments ? interrogea-t-il en s’asseyant sur l'accoudoir du canapé.

– Alex chéri, je vais bien. Ne t'inquiète pas, lui assura-t-elle en dansant autour de lui.

– Ce n'est pas l'avis de la directrice et de l'institutrice de l'école de notre fille. Mais qu'est-ce qui t'est passé par la tête ?

– Il fallait que je parle à Lisa… Alex, elle a un destin à…

– Arrête, mais arrête, la coupa-t-il en haussant le ton et en tapant violemment la main sur la table basse. Tu ne peux pas débarquer dans sa classe, complètement débraillée, sentant l'alcool, et l'embarquer sans aucune explication.

– Lisa va tous nous sauver et…

– Tu ne peux pas… Tu m'entends, tu ne peux pas l'entraîner dans ta folie…, cria-t-il cette fois-ci.

– Alex... Je peux prouver ce que je dis…

Son mari ferma les yeux, inspira et expira longuement pour se calmer.

– Je crois qu'il est préférable que j'emmène Lisa…

– Tu ne peux pas me l'enlever…

– Anna, je t'aime, mais tu me laisses pas le choix…

– Jamais… Tu m'entends, jamais tu me la prendras, contra Annabelle d'une voix autoritaire, presque surréaliste.

Son épouse s'avança, ses iris d'un vert intense changèrent de couleur, désormais ils semblaient être noirs, sans vie, sans âme. Un courant d'air, non, un vent s'infiltra dans la pièce. Annabelle tendit sa main, une boule de feu s'en échappa et fonça sur Alexandre. Le regard écarquillé, il se baissa pour l'éviter de justesse. Du coin de l’œil, il aperçut les rideaux s’enflammer. Avant de pouvoir réagir, une nouvelle boule de feu atteignit le canapé et une autre percuta le tableau de famille accroché au mur. Les flammes se propageaient rapidement. Une fumée commençait à envahir la pièce. Annabelle contrôlait ses pouvoirs, mais leur utilisation lui coûtait. Elle s’affaiblissait physiquement : sa respiration se saccadait, ses gestes tremblaient, ses jambes chancelaient… Alexandre s'orienta difficilement vers les escaliers, il devait sortir sa fille à tout prix. C'était sa seule préoccupation. Avant d'entrer dans la chambre, il aperçut sa femme s’effondrer au sol. Elle peinait à se relever.


Après avoir mis sa chair et son sang à l'abri, le père de famille revint sur ses pas, cette fois-ci pour aider son épouse. L'effondrement du plafond dans le hall d'entrée ainsi que la progression de l'incendie le ralentissaient.

– Anna, cria-t-il entre deux quintes de toux.

– Ici, entendit-il faiblement.

Il se faufila presque à genoux, un bras devant sa bouche et son nez. Il pénétra dans ce qui restait de la cuisine. Il s'arrêta net, non pas par le feu, mais par ce qui l'attendait. Anna se tenait devant la porte de derrière, bien ancrée sur ses jambes, un revolver à la main. Son bras tendu tremblait, mais tenait bon.

– Anna...

– Tu ne me laisses pas le choix, prononça-t-elle d'une voix étouffée.

– Anna… écoute… tenta Alexandre en avançant lentement d'un pas.

– Pardonne-moi… sanglota-t-elle.

Annabelle appuya sur la détente au moment où une poutre s'écroula dans la pièce dans un vacarme assourdissant.


Lorsque les pompiers entrèrent dans la maison, Alexandre gisait sur le sol, sous des gravats. Une tache de sang se répandait sur sa chemise, au niveau de son cœur. Son pantalon avait commencé à brûler. Ils retrouvèrent l'arme à moitié fondue.


La dernière image qu'aperçut Lisa fut sa mère couchée dans un champ de coquelicots.


💬 Commentaires 8

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AttrapeRêve • 2 semaines, 3 jours
Ça fait froid dans le dos
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Alisée Auteur • 2 semaines, 3 jours
Merci pour ta lecture.
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LauraAnco • 2 semaines, 5 jours
Passage efficace et très visuel, top ;)
La montée de la tension est progressive. La dispute conjugale liée à l'alcoolisme et à la maladie d'Annabelle qui passe à une scène dramatique où le fantastique surgit brutalement, fonctionne bien. Le rythme est fluide, les dialogues sonnent juste. La fin est tragique et marquante. Ça laisse une part de mystère autour des pouvoirs d'Annabelle et du souvenir de Lisa... Bon chapitre ;)
Je t'ai mis quelques annotations de chipotage ^^
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Alisée Auteur • 2 semaines, 5 jours modifié
Merci !
Tu as fais quelques remarques sur le manque d'immersion. Je souhaite y répondre. Au début je voulais faire un chapitre plus complet, mais à la fin du chapitre précédent j'ai ajouté à la fin que Lisa est assaillie par une multitude d'images. Dans ce chapitre 8, c'est un peu la description de ce que lui montre Arwen. Voilà la raison pour laquelle je n'ai pas détaillé certaines choses.
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LauraAnco • 2 semaines, 5 jours modifié
Ça marche ;) J'avais oublié ce point sur Lisa assaillie d'images ^^' Désolée.
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Alisée Auteur • 2 semaines, 5 jours
J'ai changé la fin du chapitre 7 sur mon traitement de texte, mais pas sur le site. Donc tu n'as pas à t'excuser.
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scifan • 2 semaines, 5 jours
Un passé dramatique.
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Alisée Auteur • 2 semaines, 5 jours
Merci pour ta lecture.
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