Ein perfektes Bild

📖 Le chant de Loreleï ✍️ Enattendantlapluie 📝 1567 mots

Après leur retour à Fribourg, das Rudel se prépara pour une journée en pleine nature. Au son de « The Power » de Snap!, Loreleï et Anna jetaient leurs affaires de plage dans leur sac. Toute la tribu se rendait au Schluchsee. D’autres lacs se situaient plus près de Fribourg, mais la famille avait besoin d’espace. Les plus jeunes ne seraient pas collés à leurs parents, ce qui convenait à tout le monde. 

En deux-pièces rouge, Anna se trémoussait en pliant son drap de bain. Elle poussa un cri de surprise en voyant Loreleï enfiler son bikini.

— Tout le tissu est passé dans les ficelles !

Loreleï plaida sa cause avec mauvaise foi.

— Le mien est trop petit et j’allais pas mettre un maillot de natation ! C’était à ma mère, je l’ai trouvé en fouillant avant de partir. Donc si ça allait pour elle, ça ira pour moi !

— Évidemment… et évidemment, tu lui as demandé ?

Loreleï tira la langue à sa cousine. Elle se regarda dans le grand miroir de la chambre, pour une fois sans critiquer ce qu’elle voyait, sans bloquer sur les détails. Visage joyeux et bronzé entouré de boucles souples, poitrine ronde dans le triangle du maillot, épaules de nageuse, hanches pleines sur lesquelles oscillaient les ficelles, longues jambes… En dansant, elle enfila une robe facile à enlever. Anna fit de même. 

Loreleï grimpa dans la voiture de Paul, serrée entre Anna et Greta. Elle réclama le droit de monter devant au retour, à la place d’Aleksander. Celui-ci promit… à condition que Loreleï ne fasse aucune bêtise. Après lui avoir balancé un coup sur l’épaule, elle demanda :

— Il n’y aura que nous ?

Dans le rétro, elle croisa l’expression moqueuse de son cousin.

— Non, des potes nous rejoignent. Je pense donc que je resterai confortablement installé à l’avant.

La tape de protestation ne se fit pas attendre. Après quarante minutes de route, les voitures des cousins et cousines se garèrent dans un secteur isolé. Ils y retrouvèrent leurs amis et gagnèrent une plage tranquille par un petit sentier.


Foot, courses dans l’eau, rires et cris… Les libellules n’en pouvaient plus de tout ce raffut et s’en allèrent chasser plus loin. 

Quelqu’un sortit un paquet de son sac et s’exclama :

— Faut manger les toffifee avant qu’ils fondent !

Loreleï déboula en hurlant :

— Toffifee !

Elle pila devant le garçon, se rendant compte qu’il ne s’agissait pas d’un de ses cousins. Assis à côté d’Aleksander, il la regardait avec malice :

— Tu fais une crise d’hypoglycémie ou t’es juste gourmande ?

— Y’a pas de toffifee en France !

— T’es la Française ? Okay, par compassion.

Tout en lui tendant la boîte, il plongea ses yeux noirs dans les siens. L’expression de sa cousine n’échappa pas à Aleksander, qui chantonna : « Qui va s’asseoir devant ce soiiir ? »

Loreleï se posa à côté du jeune homme, qui se présenta :

— Luka. Tu es Loreleï ? 

Celle-ci prit le temps de mâcher la coque de caramel, chocolat et noisette. Un délice qu’une Bretonne ne pouvait qu’apprécier. La bouche un peu collante, elle demanda :

— Dis, les toffifee, c’était une offre unique ou t’en donnes encore ?

— Ça dépend. Tu restes pour le chocolat ou pour autre chose ?

— J’hésite. Le chocolat, ça fond vite. Il est prioritaire.

— Les gens, ça peut fondre aussi. Faut peut-être revoir tes priorités. 

Aleksander poussa un soupir sonore et partit rejoindre l’équipe de foot de plage. 


Tout en pillant les sucreries, Luka et Loreleï discutaient de leurs études, des différences entre l’Allemagne et la France. Il avait dix-sept ans, lycéen également. Il lui posait des questions, curieux d’elle. Le soleil commençait à taper fort. Ils décidèrent d’aller nager.

La suite fut faite de rires, confidences et rapprochements. Jusqu’à ce que Loreleï lance ses bras autour de son cou et l’embrasse. Elle apprécia son goût, son rythme, la douceur de sa bouche et ses mains légères sous l’eau. Ses jambes autour de la taille du garçon, elle lui lécha les épaules et le cou. Il frissonnait encore quand il demanda :

— On va se trouver un coin plus tranquille ?

— Ja… mais j’ai pas envie de… trop.

— Tu veux quoi ?

— Des caresses. Juste des caresses.

Il sourit.

— Beaucoup de caresses.

Elle posa ses lèvres contre les siennes et murmura :

— Beaucoup… beaucoup… 


En passant prendre leurs serviettes, elle prévint Anna qu’elle partait dans la forêt avec Luka.

Sa grande cousine acquiesça :

— Il est gentil. Et sinon… tu cries et je lance Paul et la meute sur lui !

Luka, qui avait entendu, répondit :

— Ich werde ganz brav sein. Je serai sage.

Loreleï appuya, mutine :

— Wir werden ganz brav sein. 

Elle marqua une pause : 

 Vorbildlich ! Nous serons sages. Comme une image !

Anna afficha un air méfiant :

— Encore une expression française ?

— Oui.

Je ne précise simplement pas quelle image j’ai en tête, pensa Loreleï.

Après avoir marché une dizaine de minutes dans une nature de plus en plus sauvage, le jeune couple se trouva un refuge, entre arbres et buissons touffus. Ils posèrent leurs serviettes côte à côte et reprirent leurs baisers joyeusement. Ils étaient à genoux quand Luka écarta le haut du bikini de Loreleï. Il attendit pour vérifier sa réaction. Elle se retourna. Dos à lui, la jeune fille lui offrit de tirer sur les ficelles. Après avoir délié ses seins, leurs caresses et baisers se firent brûlants. La bouche de Luka contre sa nuque, elle entendit son murmure :

— Des caresses. Juste des caresses.

Loreleï bougea ses fesses contre son sexe en érection et tourna son visage vers lui :

— Viel. Mehr. Wieder. Beaucoup. Plus. Encore. 

Luka respirait avec difficulté, ses mains crispées sur les hanches de Loreleï.

— C’est la première fois que je… enfin, pas la première fois, mais la première fois que c’est aussi… fort.

Il recula. Ils se regardèrent, hésitants et impatients à la fois. Il lui demanda de s’allonger, puis défit le bas de son bikini, comme on déballe un cadeau. Il vint près d’elle et glissa ses doigts entre ses cuisses. Elle se cambra et soupira. Loreleï fut surprise : il la doigtait et caressait son clitoris en même temps. Elle se tourna un peu sur le côté pour le toucher à travers son short, qu’elle finit par baisser en partie. Haletante, elle retomba sur le dos. Le garçon la mangeait des yeux.


Elle veut le regarder aussi. Ne rien manquer de la langue humide de Luka passant sur ses lèvres. De sa main bougeant entre ses cuisses à elle. Il se penche pour lécher la pointe de ses seins. Morsures. Plaintes douces. Paupières qui se ferment. Qui se rouvrent sur la nuque de Luka courbée sur sa poitrine, son bras qui va et vient. Elle gémit plus fort. Respiration suspendue. Cri animal. Décharge dans tout le corps. Elle sent ses contractions par vagues autour des doigts de Luka. Il a ce geste — lécher ses doigts humides d’elle. Son ventre se tend presque douloureusement. 


Quand les vagues refluèrent, elle le regarda et fit un signe vague vers son sexe toujours dur : 

— Tu n’as pas… Tu veux que…

— T’es obligée de rien.

Elle réfléchit sans le quitter des yeux.

— Tu peux… enlever ton short et me montrer ?

— T’es sûre ?

— Oui, j’ai envie de voir.

Allongés côte à côte à nouveau, Loreleï suivait la main du jeune homme qui montait et descendait.

Elle se mit à califourchon sur lui, se caressa les seins puis se pencha vers la bouche de Luka. Elle mêla sa langue à la sienne alors qu’il continuait à se branler. L’excitation de Loreleï grimpait, grimpait… C’était trop beau. Sexy. Cru. Elle n’avait pas le bon mot. Elle se redressa avant de descendre vers… vers lui. Elle n’avait jamais trouvé le bon mot pour ça non plus. Luka relâcha sa prise et la langue de Loreleï fureta sur le gland. Elle y goûta le lac et autre chose de salé, regarda Luka qui se mordait les lèvres. Il soupira :

— Encore !

Elle murmura « non » en souriant et s’allongea près de lui. Elle écarta légèrement les jambes :

— Mets-toi là. Caresse-toi. J’ai envie… que tu viennes sur moi, sur mon ventre.

Quand il gicla sur sa peau bronzée, Loreleï admira l’image qu’elle avait créée. Ein perfektes Bild. Une image parfaite.


De retour sur la plage, tout le monde s’était rapproché pour le pique-nique. Il faisait encore bon. Après avoir déplié leurs draps de bain, Loreleï et Luka entrèrent dans l’eau. Il lui caressa doucement le ventre pour laver les traces de leurs jeux. Elle se blottit contre lui. Les paumes du garçon étaient enveloppantes et tendres. Il la gardait entre ses bras. Elle cala sa tête au creux de son cou.

— Les amoureux, il n’y aura plus rien à manger !

Ils sortirent de leur bulle.

Loreleï partagea sa serviette l’autre étant désormais d’une propreté douteuse. Elle eut la chair de poule. Luka alla chercher sa veste pour la lui poser sur les épaules. Beach-volley, chants, parties de tarot… Ils ne se quittaient plus.

Quand arriva le moment de se séparer, le jeune homme lui demanda combien de temps elle restait encore à Fribourg.

— Trois jours.

Il accusa le coup.

— C’est court. Je peux venir te voir ?

— Ça me ferait plaisir. Beaucoup. Beaucoup.

Un dernier baiser et elle monta en voiture.

Loreleï prit place à l’arrière sans ronchonner. 

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