Une éducation sentimentale *
Périgueux, 27 février 1992. Vivian.
C’est sûr, c’est mort, elle m’a oublié, je suis un abruti complet toujours puceau le jour de mes dix-huit ans. Si je n’avais pas été aussi con, je serais en train de baiser. Samia avait proposé de faire l’amour le jour de mon anniversaire. Ça faisait trop long, je l’ai larguée. Je suis sûr que je pourrais baiser Jenny, mais déjà je sais même pas pourquoi je sors avec. Enfin, si, évidemment, pour faire chier Loreleï mais je suis pas hyper confiant dans cette stratégie.
Dans le genre occasion manquée, l’été dernier, juste avant Loreleï, j’étais en camp de vacances avec Thomas. Mon père avait posé une boîte de capotes sur mon sac. Ça m’a fait marrer, parce que je sentais pas le truc. Thomas non plus. On est la paire de puceaux de Périgueux, mais on gère, on en rigole alors les autres nous chambrent pas méchamment. Mon père m’avait déjà sorti des trucs quand il y avait des pubs sur le Sida, de faire gaffe et de pas mettre une fille en cloque. Avec Thomas, on a passé tout le camp à faire les cons, c’était notre délire. Je suis sorti avec une meuf, mais je m’en foutais.
De retour à Périgueux, je suis sorti avec la blonde, qu’était vraiment bonne et chaudasse, elle s’était déjà fait plusieurs mecs. Elle était à poil sur son lit, elle m’a dit qu’on pouvait baiser. Le truc, c’est que j’avais pas confiance. Juste avant de la doigter, j’avais vérifié que j’avais pas de coupures sur les doigts. Alors je l’ai caressée, elle m’a branlé et je suis parti. Ma petite santé, j’y tiens, l’infirmière a dit que j’étais hypocondriaque. C’est mieux que cardiaque, parce qu’après l’entraînement mon cœur battait trop vite et je toussais. Elle a rigolé et pris ma main, direct sur son nichon : « Tu vois, ça c’est un cœur qui bat vite. Toi, tu as un cœur de futur centenaire. » Chaud. J’en ai parlé à Luc qui a tenté sa chance mais elle gardé sa blouse fermée et ses nichons dedans.
Ce qui me fait bien chier, c’est qu’avec Loreleï on aurait pu baiser et avec elle j’en avais vraiment envie. Enfin bref, au début, je l’ai prise pour une petite meuf classique, canon mais un peu coincée. Je l’avais déjà repérée. Avec Thomas, on l’avait croisée quand elle sortait d'un resto avec ses parents. Une mini-jupe, des jambes immenses, je me suis dit « à surveiller ». Thomas m’a prévenu qu’il était sorti avec mais qu’elle était trop gamine. J’ai eu les détails, j’ai répondu : « Tu as manqué de stratégie. Trop tôt, trop jeune. » Elle était bonne, mais elle avait une démarche… comme les poulains, quand ils essaient de marcher mais qu’ils s’emmêlent les pinceaux. Trop tôt quoi.
Juste quelques mois plus tard, je la croise à la fête foraine du 15 août. Les potes étaient en train de tirer des ballons, moi je matais et je l’ai repérée devant les autotamponneuses. Robe moulante noire et veste en jean, simple et sexy et quand je me suis approché, pas d’Eau jeune qui pue. Je me suis dit : « Voilà de quoi bien finir l’été. » J’ai fait mon approche classique, le mec qui prend rien au sérieux, marrant et musclé, ça prend presque toujours. Quand je lui ai demandé comment elle allait punir son mec, elle a été hyper surprise, elle m’avait pas calculé.
« Laisser une belle meuf comme ça, toute seule au milieu d’une fête foraine, faut être fou. Alors, tu vas le punir comment d’être en retard ? » J’avais prévu qu’elle rigole, mais pas comme ça. Elle m’a d’abord examiné de bas en haut, elle a bloqué sur mes épaules et elle a éclaté de rire, la tête en arrière et tout. Quand elle a fini, j’ai vu ses yeux verts brillants de rire.
« J’avoue, bonne technique pour tester si je suis dispo. Pas mal. Plus le débardeur qui met tes muscles en valeur l’air de rien, vraiment, on sent l’expérience. Je suis la combientième de la journée ? » Chambrage direct, ça me changeait, on a continué sur le même mode et j’ai compris qu’elle n’avait pas de copains et qu’elle attendait ses copines. Quand elles sont arrivées, elle m’a complètement lâché. J’ai pas insisté et retrouvé les potes. Je la croisais de loin, je ne la perdais pas de vue, j’attendais l’occaz. Impossible de quitter la fête foraine sans son numéro ou un rencard. Elle était au stand de tir avec ses copines. Avec les potes, on s'est tapé l'incruste style de rien. Loreleï et moi, on a discuté, j’ai gagné une peluche en forme de banane avec une ventouse. Cette peluche est restée des mois sur la fenêtre de sa chambre. À chaque que je le voyais, ça me faisait un truc. Enfin bref, elle n’y est plus depuis un moment. C’est mort, elle m’a oublié.
Pourtant, au début, c’était cool. En partant de la foire, elle m'a proposé qu’on se retrouve le lendemain à la piscine. Il restait quinze jours de vacances, elle allait rentrer en troisième et moi en première, on se verrait pas au bahut, alors fallait pas que je traîne.
Elle avait eu que deux mecs avant moi et aucun l’avait touchée. Ça changeait rien à ma feuille de route. Je pensais vraiment qu’elle s’en doutait. Premier jour, on s’embrasse, deuxième jour les nichons, le suivant la chatte. Simple, efficace, je demande rien de plus. Le troisième soir, elle n’avait pas mis de soutif, je me suis dit que sous ses airs de bonne élève, c’était une petite salope. On était dans le parc, après la piscine. J’avais un coin tranquille et je caressais ses seins. J’avais ouvert son haut, un truc avec des fleurs et des boutons bleus. Elle avait de beaux seins, pas trop gros, tout ronds, que je léchais en cercle. Je la sentais bouger doucement, parfois elle fermait les yeux et quand elle me regardait elle avait l’air partie et surprise. Je suis remonté l’embrasser, une main derrière sa nuque et l’autre qui est descendue de ses nichons à son ventre. Elle a sursauté, je me suis dit qu’elle devait bien savoir ce que j’allais faire, elle s’est crispée, mais bon les filles font toujours ça, faut insister, les baratiner, c’est fatiguant alors que c’est pour leur faire plaisir. Bref, ma main a tracé sa route : ventre, sur la jupe, cuisse, sous la jupe, culotte. Là, j’ai adoré, parce que d’un coup elle est passée de toute raide à toute molle en même temps que sa culotte se trempait. J’ai rigolé doucement et mis mes doigts sur sa chatte, elle a gémi et c’était trop bon, je lui ai collé un doigt, puis deux, elle bougeait en même temps et s’accrochait à moi, j’avais l’impression de la baiser.
Je connais bien les meufs. J’ai commencé à jouer à
touche-pipi en primaire. On jouait aussi à « je te montre mon
zizi, tu me montres le tien ». Et puis il y a eu Marie-Laure,
qui m’a tout appris. Je lui avais demandé pourquoi elle se
caressait pas toute seule. Elle m’a répondu que c’était pas
pareil. Un jour, on était dans le noir, on se pelotait grave et
quand on est ressorti, j’ai balisé : je lui avais fait des
suçons partout ! Son père est venu gueuler à la maison, ça a
été compliqué de se voir pendant un moment. Je pense qu’on
aurait baisé, parce qu’elle adorait le cul, c’est la première à
m’avoir branlé et sucé, mais elle a déménagé. Y en a eu deux
autres après mais c'était pas pareil quoi.
Avec Loreleï, on causait presque que de sexe. Elle n’avait rien fait, mais ça la gênait pas d’en parler, au contraire, elle aimait bien que je raconte et que je lui explique des trucs. Moi, je trouvais ça… je sais pas, j’aimais bien. Je la touchais tous les jours, dès qu’on pouvait. C’était vraiment top, mais elle avait jamais un geste vers moi. Elle aimait enlever mon t-shirt, se frotter contre moi, et moi aussi, j’avais jamais fait ça comme ça. Ça faisait un moment qu’on sortait ensemble, elle m’avait déjà quitté une ou deux fois et un soir je lui ai pris la main pour la guider sur ma bite. Elle a eu peur, j’ai pas insisté. On s’embrassait pendant des heures, on avait mal à la langue à la fin du week-end. Quand je me caressais contre elle, j'avais à la fois envie et à la fois j’étais pas pressé. Je me branlais en rentrant et voilà. Qu’est-ce que j’avais mal aux couilles !
Les pornos, ça donnait envie et des idées, mais en même temps ce qu’on faisait était tellement bon. Je crois que j’avais peur. Peur que le reste soit pas aussi bien, peur d’être nul, je sais pas. Le problème avec Loreleï, c’est qu’elle est pas con. Au lycée, j’ai parié avec une meuf que je pouvais lui toucher les seins sans toucher son soutif. J’ai évidemment perdu, mais pour dix balles je lui avais peloté les nibards. C’est pas Loreleï qui se serait fait avoir. Elle me passait rien, mais rien du tout. Parfois, c’est clair, j’ai fait le con, mais souvent elle se vexait pour rien. Mais quand même… vu comment on était bien ensemble et comment ça devenait hyper chaud, si j’avais pas joué au con, on aurait déjà baisé. Au lieu de ça, je regarde Terminator, mon piranha, en me disant qu’il mérite mieux que de voir mon lit vide. Mais la peluche n’est plus sur la fenêtre de Loreleï, alors c’est mort.
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