Chapitre 10

📖 Le papillon de cristal ✍️ Plume 📝 712 mots

Elle donna la pierre à Elena. En prenant la pierre, des scènes apparues dans l’eau.

Elle vit un jeune homme se tenir dans la cour du château royal, elle reconnut son père. Il portait déjà les couleurs de la famille royale, mais son visage semblait beaucoup moins sérieux que celui qu’Elena connaissait aujourd’hui.

Une jeune femme s’approcha de lui.


Vous êtes toujours aussi silencieux ?


Le jeune homme leva la tête vers elle.


Seulement quand je ne sais pas quoi dire.


Aélis sourit.


Et vous ne savez jamais quoi dire ?


Avec vous, oui.

Elena esquissa un sourire.

- Ils étaient comme ça ?


Ils l’ont toujours été, répondit la sirène.


L’image changea.

Quelques années plus tard, Alaric et Aélis se tenaient devant les portes d’Aqualis. Aélis regardait la ville sous-marine avec émerveillement.


C’est magnifique…


Alaric sourit.


Je savais que tu aimerais.


Tu es déjà venu ici ?


Plusieurs fois.


Et tu ne m’en as jamais parlé ?


Je voulais te laisser la surprise.


Elena regarda la scène avec attention. Elle n’avait jamais imaginé ses parents ainsi. Pas comme un roi et une reine mais comme des personnes qui découvraient le monde ensemble.

L’image changea encore. Cette fois, ils étaient assis côte à côte sur un balcon du château.


Tu as peur de devenir roi ? Demanda Aélis.


Alaric resta silencieux.

- Tous les jours


Pourquoi ?


Mes décisions pourront changer la vie de mille personnes.


Aélis posa doucement sa main sur la sienne.

Alors tu feras un bon roi.


Pourquoi penses-tu ça ?


Souvent ceux qui ont peur de faire du mal aux autres sont ceux qui font le plus attention.


Alaric se met à sourire légèrement.

Elena baissa les yeux.

La sirène continua :


Ils étaient loin d’être parfaits. Mais ils s’aimaient profondément.


Le souvenir changea une nouvelle fois.

Aélis se tenait devant Alaric, les mains tremblantes d’émotion et les larmes aux yeux.


Tu vas être père.


Alaric resta immobile le temps de bien traiter l’information. Puis son visage s’illumina.


Je… je vais être père ?


Aélis éclata de rire.


Oui.


Je ne sais même pas comment faire… je ne sais pas comment faire pour être papa.


Moi non plus.


Elle s’approcha de lui.


Alors on apprendra ensemble.


L’image s’effaça lentement avant de laisser apparaître une nouvelle scène.

Une chambre baignée d’une lumière douce.

Aélis tenait un bébé dans ses bras qui tétait.

Elena.

Alaric s’approcha. À cet instant, de minuscules ailes apparurent dans le dos du bébé avant de disparaître presque aussitôt. Alaric resta bouche bée.


Aélis…


Elle regarda leur fille.


Je sais.


Elle est…


Une fée.


Alaric observa Elena quelques secondes.


Et une vampire.


Aélis serra doucement leur fille contre elle.

Elle est surtout notre merveilleuse fille.


Elena sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine.

La sirène continua son récit.


Mais leur bonheur ne dura pas.


L’image changea brusquement. Cette fois, le château semblait beaucoup plus sombre.

Alaric tenait entre ses doigts un morceau de papier sur lequel était dessiné un symbole. Le papillon aux ailes déchirées.

Aelis s’approcha de lui.


Tu crois qu’ils sont revenus ?


Alaric ne répondit pas immédiatement.


Je pense surtout qu’ils ne sont jamais partis.


Aélis pâlit.


Léandre…


Alaric hocha lentement la tête.

La scène suivante montrait des gardes parcourant les couloirs du château. Des messages anonymes étaient retrouvés. Des personnes disparaissaient. Des rumeurs de révolte commençaient à se répandre dans le royaume.

Puis Elena vit ses parents dans la chambre où elle avait grandi.

Aélis tenait sa fille dans les bras.


Elle n’a rien fait, murmura-t-elle.


Ils ne s’intéressent pas à ce qu’elle a fait.


Alors à quoi ?


Il regarda leur fille.


À ce qu’elle représente.


Aélis secoua la tête.


Non, je refuse qu’ils lui fassent du mal.


Moi aussi.


Alors nous la protégerons.


Alaric détourna le regard.


Et si nous n’y arrivons pas ?


Aélis resta silencieuse. Ses yeux se remplirent de larmes.


Alors nous devons lui donner une chance de vivre.


Elena sentit ses yeux s’humidifier. Elle comprenait maintenant.

Le souvenir changea une dernière fois. La nuit était tombée sur le château, elle comprit que c’était la nuit de la révolte.

Aélis était assise sur un lit, Elena endormie dans ses bras. Alaric se tenait devant elles.


Je te le promets qu’on la retrouvera.


Aélis posa son regard sur lui.


Tu me le promets ?


Je te le promets.


Elle regarda une dernière fois leur fille.


Même si un jour elle nous déteste ?


Alaric s’approcha d’elles


Même si elle nous déteste.


L’image disparu.

Elena resta silencieuse, la colère qu’elle avait éprouvait envers ses parents avait disparus.

Elle finit par murmurer.


Ils m’aimaient vraiment…


La sirène posa une main compatissante sur son épaule.


Bien plus que tu ne peux l’imaginer.


Elena essuya une larme et regarda la pierre qu’elle tenait entre ses mains. Pour la première fois depuis qu’elle avait découvert la vérité, elle ressentait le manque et une envie irrépressible de les retrouver.


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