La Pierre
Mon comportement avait été d'une grande impolitesse. J'avais interrompu un événement qui dépassait de loin la curiosité d'un vieil universitaire : une cérémonie, presque une scène politique, sous les yeux des autorités, des savants et des journalistes. Pourquoi m'étais-je avancé jusqu'à leur table ? Pas seulement pour brandir ma preuve. À cet instant, mes mains tremblaient trop pour l'orgueil. J'avais parlé trop fort. J'avais averti ceux qui m'entouraient, maladroitement, avec une insistance qui les avait fait reculer d'un pas.
Je ne demandais pas qu'on les rejette. Je demandais qu'on cesse de leur ouvrir les bras avec cette confiance aveugle. On pouvait se moquer de mon euphorie, de ma peur, de mon âge. Mais notre pays, sous prétexte d'offrandes, leur ouvrait déjà plus que ses ports.
Je ne comprenais pas leur langue. Pas encore. Dans leurs gestes, je retrouvais une hiérarchie trop proche de celle entrevue dans les souvenirs de l'Étranger. Les salutations trop basses, les regards interrompus, la manière dont certains attendaient l'accord d'un autre avant de toucher un objet : tout cela dessinait le même ordre. La chaîne n'avait pas disparu. Elle avait été polie, disciplinée, rendue présentable.
Ce n'était pas assez pour convaincre le monde. Pas même pour me pousser à hurler plus fort. Après l'incident des cartes, ma réputation s'effondra en une soirée. Erik évitait mon regard. Les connaissances de l'Académie qui m'avaient reconnu se détournaient avant que je les salue. Je n'étais pas le seul à nourrir des réserves, je le savais, mais les autres savaient rester discrets. Moi, j'avais offert à tout le monde une image facile à retenir : Jordas, penché sur une table étrangère, les yeux fous, en train de gâcher une rencontre historique.
Les fêtes continuèrent malgré tout. Les musiques se répondaient sur les quais, les étals mêlaient nos tissus aux leurs, et les enfants couraient sous des drapeaux dont personne ne savait encore lire les symboles. Sur certains, je reconnus pourtant les corps liés du premier feuillet.
Un soir, pour éviter la grande place, je pris un raccourci vers l'auberge.
C'est là que je le vis.
D'abord, je crus avoir affaire à un simple artiste. Il se tenait à l'écart des siens, devant un stand mal éclairé, avec autour de lui un public local déjà conquis. Il tirait la langue à la foule. Tous fixaient la pointe : un fragment noir, solide, brillant, planté dans la chair. Comme un clou, épais, plus propre, presque ouvragé. Pas un bijou : une pièce d'outil. Les spectateurs reculèrent d'un demi-pas. Quelques rires se changèrent en grimaces.
L'homme, lui, savourait ce mouvement de dégoût. Il riait trop fort, se frappait la poitrine, levait les bras comme s'il venait d'obtenir une ovation. Il avait dû lutter pour attirer du monde dans ce recoin. Maintenant que les regards tenaient sur lui, il ne savait plus les lâcher. Ses yeux brillaient. Il avait peut-être bu, ou avalé quelque substance offerte par nos marchands.
Puis le tour commença.
Il ouvrit la bouche en grand et tendit la langue, bien droite. Une flamme en jaillit vers le haut. La foule cria, puis applaudit. Moi, je ne regardais que le morceau noir. Le feu ne venait pas de sa gorge. Il partait de l'objet fiché dans la chair.
Son numéro aurait pu s'arrêter là. Le vent en décida autrement. La flamme se coucha brusquement vers les tissus d'un étal voisin. Deux pans s'embrasèrent. On cria. Quelqu'un renversa une bassine. Un marchand écrasa le feu à coups de manteau.
Les flammes furent vite étouffées, mais deux miliciens accouraient déjà. L'artiste riait encore, trop ivre pour comprendre ce que les uniformes signifiaient. Pour une fois, un Esclave risquait de ne pas être traité en invité précieux.
Je saisis ma chance.
Je traversai le petit cercle, lui pris le bras et lui désignai les miliciens, puis la ruelle derrière moi. Mes gestes manquaient de grâce, mais pas d'urgence. Il me regarda, cligna des yeux, puis sourit comme si je lui proposais un nouveau tour. Il me suivit sans résister.
C'est à cet instant que je pris vraiment la mesure de son ivresse : il m'aurait suivi pour n'importe quel motif.
***
Saesar avait un goût de sang dans la bouche.
La chaîne lui serrait encore le bras et la cheville. À chaque traction du serviteur, les anneaux mordaient plus profondément. Il tenta de ramener sa hallebarde sous lui, mais le colosse tira d'un coup sec. Les dalles lui revinrent au visage. Sullyvan frappa la chaîne pour la faire céder ; l'acier de son arme glissa dans une gerbe d'étincelles.
Le père de Sarada se tenait toujours devant Sindragosa, bloqué à quelques doigts d'elle. Il ne pouvait pas la toucher. L'ordre ancien planté en lui l'empêchait d'aller plus loin.
Le serviteur traîna Saesar d'une nouvelle secousse.
Alors le seigneur se retourna.
Ce qu'il ne pouvait pas faire contre la reine, il pouvait encore l'infliger à l'homme qu'elle avait gardé à ses pieds. Il fonça sur le colosse. L'armure noire reçut son choc de côté. La chaîne se détendit assez pour que Saesar libère sa cheville, puis son bras, en arrachant de la peau au passage.
Le Sauvage combattait désormais l'ancien général.
Cette décision avait sûrement sauvé Saesar. La reine, elle, n'attendit pas d'en connaître l'issue. Elle glissa hors du trône, une main crispée sur l'accoudoir, l'autre sur sa canne, et chercha les portes du regard. Sullyvan eut le même réflexe que Saesar : s'interposer. Mais il boitait déjà, et le serviteur occupait encore le centre de la salle.
Saesar dut trancher malgré le martèlement dans ses tempes. Pour empêcher Sindragosa de sortir, il fallait d'abord faire tomber ce qui la protégeait.
Il ramassa sa hallebarde et rejoignit le seigneur.
***
De l'autre côté des portes, la princesse tentait de retenir les gardes.
Ceux qu'elle avait vus au bas de la tour se pressaient désormais dans l'escalier. D'autres arrivaient derrière eux, essoufflés, déjà la main sur leurs armes.
— On a eu des nouvelles des portes ! lança l'un d'eux. Personne n'a autorisé Saesar à pénétrer dans la cité. Personne ne l'a même aperçu !
Sarada s'appuya contre les battants.
— Vous devrez passer sur mon corps.
La voix de sa mère traversa aussitôt le bois.
— Gardes !
Le mot suffit. Deux hommes saisirent Sarada par les épaules. Elle se débattit, mais on la repoussa sans ménagement. Les portes du palais s'ouvrirent d'abord sur une fente, puis beaucoup plus largement, à mesure que les renforts forçaient le passage.
Sarada découvrit alors la salle sous un autre angle.
Sa mère était vivante. Son père aussi. Saesar, couvert de sang, tenait encore debout. Sullyvan reculait près d'un pilier, une main sur ses côtes. Une part d'elle voulut s'accrocher à cette seule évidence : ils respiraient tous. Mais l'enfant, lui, n'était plus là. Elle avait déjà perdu assez pour reconnaître les secondes qui précèdent une autre perte.
Son père quitta soudain le combat et se précipita vers le balcon. Il percuta les portes vitrées qui y menaient, les força de l'épaule, puis sortit sous le ciel ouvert.
Elle le suivit.
Depuis le balcon, la cité apparaissait tout entière. La guerre avait commencé sur tous les fronts. Les clans sauvages pressaient les murailles, mais aucun groupe n'avait encore pénétré la cité. Les soldats couraient d'une tour à l'autre. Des cris montaient des rues basses. Les innocents, surtout, ne devaient pas mourir.
Son père se pencha par-dessus la balustrade et hurla dans un jargon de clan, un appel qui lui arracha la gorge.
Les grands oiseaux épars dans le ciel répondirent.
Jusque-là, ils harcelaient les soldats sur les murailles. À l'écho de leur souverain, ils changèrent de trajectoire. Une nuée blanche, striée d'écarlate, fondit vers la tour. Non. Vers le palais.
***
Par réflexe, Saesar avait ramené le combat vers le balcon.
La hampe de sa hallebarde s'était fendue depuis longtemps. Il n'avait plus que la pierre du palais pour survivre : les piliers, les angles, les marches, tout ce qui pouvait recevoir à sa place les coups de chaîne et d'acier du colosse. Les gardes étaient déjà entrés. Une partie d'entre eux se déployait pour le prendre de biais.
Les vitres aux fresques anciennes éclatèrent dans un fracas de verre, de plumes et de sang.
Les cousins les plus violents de Tash venaient d'entrer dans la partie. La charge des gardes se brisa net. Plusieurs hommes levèrent les bras trop tard. D'autres furent renversés par des ailes blanches, des serres, des becs qui cherchaient les visages.
Sullyvan, trahi par son uniforme et son immobilité, fut lui aussi pris pour cible. Il se plaqua contre un pilier, le bras levé devant les yeux. Quant à la reine, les gardes restants tentèrent de la couvrir, mais chaque pas vers les portes leur coûtait.
Sarada revint du balcon avec son père. Saesar leur hurla de laisser ouvertes les portes vitrées. Le serviteur tourna machinalement la tête vers l'appel des oiseaux.
Saesar profita de l'angle mort.
Il libéra, de toute la force gardée dans sa bague, une impulsion brutale. Il avait espéré retrouver l'onde de choc déclenchée à l'Académie. L'impact resta plus court. Il avait emmagasiné moins d'énergie, et le poids de la cible fit le reste. Le colosse ne décolla presque pas. Il fut seulement projeté de deux pas, lourdement, vers le balcon.
Cela suffit.
Le père de Sarada le percuta à l'épaule. La princesse, elle, se jeta sur la chaîne et la tira de tout son poids. Le colosse bascula contre la balustrade. Pendant une seconde, son armure noire resta suspendue au bord du vide. Puis le seigneur poussa encore.
Le serviteur disparut par-dessus le balcon.
Pas le temps de crier victoire. Les oiseaux payaient déjà leur assaut. Certains tombaient entre les gardes, d'autres repartaient vers le ciel avec des traînées rouges dans le plumage. Peu à peu, la reine, escortée par les hommes qui lui restaient, approchait des portes.
Saesar tenta de la rattraper. Ses jambes cédèrent presque aussitôt. Sarada, moins épuisée, s'apprêtait à le dépasser.
La reine atteignait déjà le seuil.
Saesar ne vit plus qu'une issue.
Il arracha l'une des dagues de la princesse, passa un bras autour d'elle et plaqua la lame contre sa gorge.
— Un pas de plus, et je la tue !
Le cri traversa la salle.
Sarada se figea. Le bras de Saesar lui comprimait la poitrine, et le fil de la dague tremblait sous sa mâchoire. Même en la tenant contre lui, Saesar avait l'air de vouloir la retenir et la briser dans le même geste.
Sindragosa s'arrêta.
Pour la première fois, Saesar sentit sa colère sans avoir besoin d'un cristal. Elle traversa la salle et le frappa plus sûrement qu'un ordre. Les gardes s'immobilisèrent à leur tour.
Puis une main agrippa le col de Saesar.
Le père de Sarada l'avait rejoint par-derrière. Il le souleva comme on arrache une bête à sa proie. La dague quitta la gorge de Sarada. Saesar sentit l'air manquer. Il eut le temps de comprendre une seule chose : des semaines plus tôt, dans la hutte, lorsqu'il s'était ouvert au seigneur, celui-ci avait tout vu.
Il avait vu que Saesar aimait sa fille.
Il avait vu aussi ce qui, en lui, menaçait de l'emporter un jour : la haine tournée vers Kvöt, vers l'Étranger, vers l'Esclave, vers le mentor devenu père puis ennemi. Puis vers Sindragosa.
Le seigneur n'attendit pas de savoir quelle part de Saesar venait de parler. Il cessa de l'estimer. Il ne se sentit plus complice de rien.
Il envoya le corps de Saesar valdinguer à l'autre bout de la salle.
— Non ! cria Sullyvan.
Depuis l'arène de l'Académie, il s'entraînait à tirer avec sa bague : faire jaillir une flèche du cristal, viser malgré le recul. Il n'avait jamais su si ses progrès suffiraient en situation réelle.
En voyant son chef traverser la salle, le geste lui parut juste.
Saesar ne mourrait pas une seconde fois. Pas pendant que la reine sortait.
Sullyvan leva la main.
La flèche partit.
Sindragosa porta aussitôt une main à sa poitrine. Du sang coula entre ses doigts. Difficile de savoir si Sullyvan avait mal visé ou, au contraire, s'il avait visé juste.
La reine trouva assez de force pour lever son autre main.
Le cristal de sa canne brilla.
Sullyvan fut projeté contre un pilier. Sarada cria son nom, mais le bruit des oiseaux et des gardes avala sa voix.
***
Saesar ne percuta pas le mur. Par chance, il traversa l'ouverture latérale et s'effondra dans l'atelier où l'on taillait les cristaux.
Ses côtes brûlaient. Ses jambes répondaient mal. Il étouffa ce qu'il put dans sa bague et rampa entre les éclats de verre noir. À défaut de pouvoir se lever, il renversa les tables, les paniers, les boîtes de cuir, tout ce qui pouvait contenir une Pierre.
Bientôt, il la trouva.
La Pierre de l'Étranger avait roulé sous un établi. Ses aspérités lui revinrent sous les doigts avant même qu'il la voie. Elle n'était pas vide. Pas du tout. Loin d'avoir la force de se confronter encore à ce qu'elle contenait, Saesar la glissa dans sa poche.
Il aperçut alors sa propre Pierre, un peu plus loin, coincée contre un pied de table.
Il se traîna jusqu'à elle.
Sous ses doigts, la Pierre avait les marques d'autrefois, familières malgré l'usure. Elle non plus n'était pas vide.
Thariel.
Le nom remonta d'abord. Puis les marais. Les uniformes vert sombre. Les relais abandonnés. Les tueurs d'Olen. Ceux qui avaient failli enlever Lamora et Ymir. Ceux qui avaient tranché le bras de Blueno. Ceux qui avaient agi dans l'ombre pendant qu'il grandissait, tombait, revenait, perdait tout.
On y avait isolé une direction, une cible, une haine trop lourde pour un corps déjà fendu.
Pourquoi lui avait-on pris ces souvenirs ?
***
Combien de jours passèrent encore ?
Saesar l'ignorait. Il se réveilla dans la chambre de Sarada, celle de l'avant-dernier étage de la tour. Son corps souffrait toujours, mais il pouvait bouger les doigts, puis les bras. La princesse dormait contre lui, habillée, les cheveux défaits, une main refermée sur le tissu de sa tunique.
La lumière du matin filtrait par les hautes fenêtres. Dehors, la cité tenait encore. Des voix montaient de la cour. On déblayait sans doute les vitres, les plumes, les corps. Il ne chercha pas à savoir qui avait gagné quoi. Le palais respirait encore. Rien n'était terminé.
Il ne demanda pas si Sindragosa vivait encore. La savoir en vie lui aurait donné une raison de rester.
Sur la table, Sarada avait posé les deux Pierres et la bague de Saesar.
Elle ne les avait pas cachées cette fois. Peut-être les avait-elle laissées là pour lui prouver qu'elle ne confisquait plus rien. Peut-être espérait-elle seulement qu'à son réveil, il choisirait de rester.
Saesar regarda longtemps la main de Sarada serrée sur lui. Il la dégagea avec lenteur, sans la réveiller. Puis il se pencha et déposa un baiser sur son front.
Sa main resta une seconde contre le front de Sarada. Puis son corps avança avec un calme étrange. Il reprit les deux Pierres, passa la bague à son doigt, rassembla ce qu'il pouvait porter. Dans le couloir, personne ne l'arrêta. Trop de blessés, trop d'ordres contradictoires, trop de portes brisées.
***
Il avait tiré un cheval de l'écurie et franchi les portes au petit matin.
La cité se tenait encore derrière lui, marbre clair dans la lumière froide, cicatrices noires aux fenêtres du palais. Il emportait assez de vivres, d'armes et de vêtements pour survivre dans la forêt. Il était prêt à retourner dans le Velmor.
— Ne pars pas !
Saesar arrêta son cheval.
Sarada se tenait tout en haut de la muraille, les mains crispées sur la pierre. La distance les obligeait à crier. Lui ne se retourna pas.
— Thariel, dit-il. Tu savais.
Le vent emporta d'abord sa réponse.
— Oui.
Le mot descendit jusqu'à lui, cassé par le vent.
— Tu m'as pris ces souvenirs.
— Je t'ai empêché de courir vers eux.
— Tu as choisi à ma place.
— Tu aurais choisi la mort ! cria Sarada.
Cette fois, il tourna légèrement la tête, pas assez pour la regarder.
— Tu as vu ce que tu étais devenu, Saesar, reprit-elle. Cette haine… Thariel t'aurait achevé.
Il inspira. L'air lui brûla les côtes.
— Princesse… trop de fois j'ai failli te tuer. Depuis que tu me connais, j'ai amené la peur et le deuil dans ta vie. Je pars pour ma vengeance, oui. Mais je pars aussi pour toi. Orange et Ymir sont mortes en partie par ma faute. Combien de fois me suis-je imposé à toi ? Combien de fois t'ai-je forcée à payer pour ce que je suis ?
Il serra les rênes.
— Je suis un monstre. Par mon corps, par ce qu'on a fait de moi, par mes actes. Alors laisse-moi partir.
Les mains de Sarada restèrent sur la pierre de la muraille.
Saesar rendit les rênes au cheval.
***
Quelques jours plus tard, au sommet d'une falaise entre la cité de marbre et le Velmor, Saesar leva vers le ciel la plus grosse des deux Pierres.
Liam vida ce qu'elle contenait.
L'Étranger disparut pour de bon.
Pour sceller l'opération, il lança la Pierre de toutes ses forces dans le vide. Elle tomba sans bruit, avalée par la distance. Aussitôt, il effaça de sa propre Pierre la trajectoire, la forme exacte du promontoire, les repères du versant. Dans ce monde, mieux valait céder aux superstitions que laisser une piste.
Quant à sa Pierre, il y avait transféré tous les souvenirs de sa bague. Il la portait désormais en amulette. L'anneau ne lui servirait plus qu'à garder sa force.
En redescendant la pente vers ce qui lui servait de camp, il s'arrêta devant une trace dans la terre qui n'était pas la sienne, puis releva les yeux.
Sarada l'attendait près des arbres, couverte de poussière, un sac contre l'épaule.
Elle n'avait plus besoin de crier depuis une muraille.
Saesar éclata en sanglots.
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