Samedi 18 avril, 7h00
Quand je me suis réveillée, il m'a fallu un petit temps pour me remémorer ce que j'avais fait la veille.
Est-ce que j'émergeais juste d'un rêve débile comme j'en fait souvent ou est-ce que j'avais vraiment osé aborder un inconnu dans un bar ? Est-ce que je lui avais vraiment offert un verre ? Est-ce que je l'avais vraiment embrassé et mis dans mon lit ? Etais-je vraiment folle à ce point ? Folle seulement au point d'imaginer ce genre de choses dans un rêve ou folle au point de le faire dans la vraie vie ?
Dans le premier cas, je devrais vraiment songer à prendre un rendez-vous chez un psy qui me dira si ces fantasmes générés par mon inconscient sont en réaction à ma rupture avec Hugo que je n'aurais finalement pas vraiment digérée contrairement à ce que je me faisais croire. Dans le deuxième cas... Zut, en tournant la tête et en voyant la coupe en brosse du blondinet qui dormait dans mon lit, force était de constater que j'étais dans le second cas. Que j'étais donc encore plus folle que je ne le redoutais.
Le blondinet c'était François. Oui, je m'en souvenais à présent. Son prénom, c'était François. Il me tournait le dos et semblait encore dormir. Quelle heure était-il au fait ? Sept heures ? Mais qu'est-ce que je faisais réveillée à cette heure-là ? Ah oui les volets ! Hier soir, je n'avais pas évidemment pas vraiment pris le temps de les fermer et du coup, réveil aux premières lueurs du jour.
Je me suis levée le plus discrètement possible pour aller aux toilettes (la bière, toujours ?). Quand je suis revenue, le type en avait profité pour s'étaler de tout son long au milieu du lit, sur le dos, un bras replié sur son torse. Il dormait vraiment. Pas gêné, il occupait les deux tiers du lit. Je l'ai observé un instant. Finalement je l'ai trouvé pas si mal que cela. J'ai essayé de me remémorer ses yeux. Bleus ? Normalement c’est compris dans le package « cheveux blonds - yeux bleus ». Mais non, même s'il faisait sombre dans ce bar et qu'on n'y voyait pas bien, je ne pense pas qu'ils étaient bleus ! Clairs mais plutôt verts, non ? Je verrai cela quand il ouvrira les yeux !
Je me suis glissée à côté de lui et ai commencé à essayer de me remémorer la soirée de la veille. J’ai surtout essayé de comprendre comment j'avais pu perdre, à ce point, le contrôle de la situation.
Donc je l'avais ramené chez moi, je l'avais embrassé, à moitié déshabillé et entrainé dans la chambre. Ça je m'en souvenais. J'avais quand même eu le temps de jeter un œil sur son torse, sec mais quand même découpé. Le type n'était pas tant que cela le gringalet dont il en avait l'air tout habillé, même si on voyait plus ses côtes que ses muscles. Un torse lisse, sans un poil ou alors peut-être que les poils blonds, ça ne se voit pas trop. A moins que ce fut un gamin dont la pilosité n’était pas encore développée. Je ne savais toujours pas l'âge qu'il avait. De lui, je savais juste son prénom. Et qu'il aimait le cinéma et la littérature.
Sitôt dans la chambre, il était passé à l'action. Il avait commencé à vouloir m'enlever mon soutien-gorge. Il s'était plutôt bien sorti de l'épreuve car, coup de chance pour lui, je portais ce soir-là une brassière. Donc pas de mérite ! Mes seins avaient l'air d'être ce qui l'intéressait le plus chez moi. Il les a embrassés, léchés. Ça m'excitait. Je ne sais pas si cela est pareil pour toutes les filles, mais les seins sont, chez moi, une zone particulièrement érogène. Hugo aimait bien les pétrir jusqu'à m'en faire mal parfois. Gérald, lui, ne s'y intéressait pas des masses mais il est vrai que le sexe avait toujours été un peu décevant avec lui. En tout cas, personne ne me les avait encore léchés comme François l’avait fait.
Je me souviens de l'avoir repoussé et fait basculer sur le dos. Je voulais garder le contrôle de la situation. Je l'avais abordé la première, lui avait offert un verre la première, l'avait ramené chez moi, l'avais embrassé la première, je voulais aller au bout du délire, que ce soit moi qui lui fasse l'amour et pas le contraire.
Je me suis alors assise à califourchon sur lui, il m'a attiré vers lui et entrepris d'essayer de mettre mes deux tétons dans sa bouche. En même temps. Ça m'a rendu folle mais je ne l'ai pas laissé faire. Je me suis attaqué à la ceinture de son pantalon. Enfin sa ceinture. Les mecs, il faut toujours que ça ait des gros ceinturons. Il faudra un jour que je réfléchisse à ce que cela signifie.
Lui enlever son pantalon chelou alors qu'il était allongé, s’était avéré plus compliqué que je ne l'imaginais. Il m'a dit : « Attend ! » et s'est occupé lui-même de l'enlever. Pendant ce temps, j'ai enlevé le mien et je crois bien que c'est à ce moment précis que j'ai perdu le contrôle de la situation. Car il avait été bien plus rapide que moi. Je me débattais encore pour virer mon froc loin du lit qu'il avait déjà repris mon sein gauche en bouche. Ses doigts ont commencé s'immiscer dans ma culotte. Des doigts de fée qui ont stimulé mon clitoris, caressé ma fente, pénétré doucement l'entrée de mon vagin avant de revenir à mon petit bouton et ainsi de suite. J'ai rapidement rendu les armes, je me suis finalement laissé faire en savourant le plaisir qu'il me donnait.
Alors que j'étais sur le point d'atteindre l'orgasme, je lui ai demandé : « Viens en moi ! ». Je ne voulais pas jouir seule. Je voulais que nous jouissions ensemble. Je n'ai jamais pris grand plaisir à la pénétration. Non que je trouve cela désagréable, mais cela ne m'apporte pas particulièrement de plaisir supplémentaire. C'est plus quelque chose que je consens pour donner du plaisir à mon partenaire que pour en prendre moi-même. Il m'arrive certes de jouir pendant la pénétration mais seulement si mon clitoris a été bien excité avant. Mon partenaire aurait continué de me doigter sans glisser son pénis dans ma fente que cela n’aurait rien changé. Du moins pour moi. Enfin cela n'y avait jamais rien changé jusque-là.
Car, la veille, avec le blondinet, cela avait été différent. Très différent. Quand son sexe s'est immiscé en moi, ce fut très doux, très progressif. A chaque aller-retour, il pénétrait un peu plus profondément en moi, un peu comme les vagues au bord de la mer à marée montante. Chaque vague me procurait une sensation de chaleur qui m'inondait le bas ventre. J'ai ressenti comme des picotements au fond de mon vagin, de plus en plus forts, me donnant envie qu'il me pénètre de plus en plus profondément. Chaque fois qu’il s'enfonçait, j'essayais de projeter mon corps en avant à la rencontre de son sexe. Le plaisir de la caresse exercée par son pénis sur les parois de mon vagin est monté crescendo, jusqu'à ce que je survienne un orgasme comme je n'en n'avais jamais connu avant. Un orgasme qui n'est pas resté localisé au niveau de mon clitoris comme ceux que j'avais connu jusque là, mais qui a irradié dans tout mon corps. « Comment avait-il fait ça ? ».
Je crois même l’avoir dit à voix haute : « Comment as-tu fais ça ? » car il a arrêté aussitôt ses mouvements de va-et-vient, certes un très court instant, avant de les reprendre à un rythme un peu plus rapide. La pénétration se faisait plus de plus en plus profonde (il devait être au maximum de ses possibilités, le biquet, son pubis venait frapper le mien), à un rythme allant crescendo. Soudain, son corps s'est cambré au-dessus de moi, il s'est figé et a grimacé. Les premières fois que j'ai vu un mec jouir, je me suis posé la question de savoir s'il ressentait de la douleur ou du plaisir. Je me pose toujours la question. Peut-être est-ce les deux en même temps.
Il s'est retiré, a trifouillé quelque chose du côté de son bas ventre. Ce détail me revenait à présent. Ouf, j'avais, moi, complètement perdu la tête et pas vraiment fait gaffe mais lui était resté sérieux ! Il avait apparemment pris le temps d'enfiler un préservatif. Je pense que si je l’ai laissé jouir en moi, c’est que, quelque part, j'avais conscience qu’il avait enfilé une capote, je ne suis pas folle à ce point. Quoique ! A quel moment avait-il fait cela ? Aucun souvenir. Peut-être après que je lui ai demandé de me pénétrer. Il m’avait alors longuement embrassé. Que faisait-il avec ses mains pendant ce temps ?
Après avoir joui, il m'a doucement couchée sur le côté et s'est collé dans mon dos. Je sentais son sexe tout poisseux le long de ma cuisse. Il a déposé un baiser dans mon cou et m'a dit : « Merci ! ». J’en ai été sidérée : c'est lui qui me remerciait alors que je venais de prendre le meilleur pied au lit de ma vie ! J'ai tendu le bras vers la lampe de chevet pour l’éteindre et je me suis endormie comme une masse, sa main gauche enserrant mon sein droit.
Ce matin, il était donc toujours dans mon lit. Il ne m'avait donc pas fait le coup du « calbute sale ». C'est une blague que nous avons entre nous, avec Rebecca et Amanda, depuis que Rebecca nous a fait découvrir la BD « La dialectique du calbute sale ». C'est histoire d'une meuf que se pose la question de pourquoi son amant d'un soir est parti au beau milieu de la nuit en laissant, au pied du lit, un emballage de capote vide et son calbute sale.
Je ne savais pas où était l'emballage de la capote qu'il avait utilisé la veille ni où trainait son calbute, mais moi au moins j'avais toujours mon amant d'un soir dans mon lit. Et quel amant ! Pour m'avoir fait un tel effet, finalement que cachait-il dans son pantalon ? On en revenait à la question d'hier soir ! Dame Nature l'avait-elle dotée d'une queue exceptionnellement grande ? Ou grosse ? Est-ce que finalement la taille, ça compte, quoi qu'on dise aux mecs, pour ne pas vexer ceux qui en ont une toute petite ?
Il fallait que je sache ! J'ai soulevé un peu la couette. Zut ! Il avait renfilé son caleçon. Au moins je savais maintenant où était son calbute. J'ai écarté un peu plus la couette et ai commencé à essayer de faire glisser son caleçon bleu à petits carreaux le long de ses hanches. Un coup à droite, un coup à gauche, en essayant de ne pas le réveiller. Je n'avais pas trop envie qu'il me voit en train de mater sa queue. Déjà j'ai pu savoir que c'était un vrai blond mais ça j'avais peu de doutes. En tirant un peu plus le caleçon vers le bas, j'ai constaté que son pénis n'avait rien d'extraordinaire. Moche comme le sont tous les pénis quand ils sont flasques. Et même quand ils ne le sont pas d'ailleurs. Et dire qu'ils sont si fiers de ce bout de viande qui pend entre leur jambe !
Moche donc mais ni particulièrement grand, ni particulièrement petit non plus. Normal. Enfin ressemblant à tous ceux que j'avais vu avant, même si je n’avais pas, en la matière, une énorme expérience. J'étais un peu déçue : ça n'expliquait pas pourquoi ce pénis-là m'avait donné autant de plaisir la veille. Ça m'a fait penser à la théorie que défendait Amanda quand on était toutes les trois au lycée. Elle prétendait que les filles étaient des serrures, les garçons des clefs. Et que pour savoir quelle clef ouvrait quelle serrure, le mieux était d'essayer toutes les clefs. Un bon prétexte pour se taper un maximum de mecs, ce dont elle ne se privait effectivement pas. Dix ans plus tard, elle ne l'avait apparemment toujours pas trouvé sa clef, mais continuait à la chercher activement. Je ne lui ai pas connu de relations qui aient duré plus de six mois. Et donc moi, j'aurais trouvé ma clef comme ça, par hasard, dans un bar, dans le pantalon d'un blondinet qui n'était même pas mon genre et qui n'était peut-être même pas majeur si ça se trouve ?
J'ai les clés du paradis
Moi qui n'ai jamais rien gagné
Je suis pas la plus jolie du lot
Mais j'ai un fameux trousseau
Les clés du paradis
Sauf que Birkin, quand elle chantait cela, elle ajoutait
L'ennui c'est que je trouve pas la porte
Et moi la porte, je l'avais. Et j'aurais donc trouvé la clef qui l'ouvre ?
Ce genre de rencontre par hasard, c'est ce qu'on voit dans les scénarios nunuches des films de Noël sur lesquels je me précipite chaque année quand vient la saison. Mais dans la vraie vie, je le sais, ce genre d'histoires, ça n'existe pas
Et puis Amanda ne pouvait pas avoir raison. Elle ne devait pas avoir raison. Je ne pouvais pas admettre qu'elle puisse avoir eu raison. Ce qui était arrivé hier avait forcément une explication rationnelle, mécanique. J'ai lu une fois dans un magazine féminin (qu'est-ce qu'on peut lire comme conneries dans ces magazines, c’est pour cela qu’on les achète quand on est en vacances d’ailleurs !) qu'il y avait deux types de pénis. Des pénis « grower », petits au repos, mais qui grossissent beaucoup lorsque le mec bande et des pénis « shower » dont la taille n’augmenterait pas tant que ça lors d’une érection (je viens d'aller rechercher ces deux termes sur google pendant que j'écris mon journal car évidemment je n'avais pas retenu les qualificatifs exacts).
Et si le truc flasque que j'avais devant moi était un pénis « grower » qui s’avèrerait d’une taille exceptionnelle quand il serait au mieux de sa forme ? Une seule façon de le savoir : le faire bander ! Est-ce que j'oserais ? J'ai hésité quelques secondes puis me suis dit : « Au point où j'en suis ! ».
J'ai donc commencé à déployer tout mon art de la fellation, un art dont je suis fière et que j’estime avoir perfectionné au fil des expériences. Un savoir-faire bien pratique quand on n’apprécie pas tant que cela les pénétrations. Si on a bien préparé le mec avant, ça ne dure pas trop longtemps.
J'ai commencé par prendre son pénis en bouche, en veillant bien à ce que le prépuce reste par-dessus le gland. Lucas m'avait dit que tant que le mec n'est pas pleinement en érection, cette partie-là est bien trop sensible pour supporter la rugosité d'une langue, que je lui faisais mal en étant trop brusque. Pauvre chou ! Alors lui ne se gênait pas du tout pour me prendre sans ménagement quand il en avait « trop envie » comme il disait. Donc d'abord jouer avec le prépuce en attendant que ça gonfle un peu. Deuxième phase, ça c'est Thomas qui me l'avait appris, décalotter le mec et donner des petits coups de langue juste sous le gland, au niveau du frein qui retient le prépuce. C'est la partie la plus sensible d'un queue. Ça, c'est Thomas c'est mon pote homosexuel et expert en fellation que me l'a appris. Il m'avait dit qu'aucun mec ne résistait à être léché à cet endroit précis et il savait a priori de quoi il parlait, si la moitié du quart de ce qu’il m’avait raconté était vrai. Il prétendait que même de purs hétéros cherchaient à se faire sucer par lui, se refilaient le plan entre eux. Et qu’il kiffait du pouvoir que cela lui permettait d’exercer sur eux. Quand l’un d’eux sortait une grosse vanne pourrie et bien homophobe ou même un simple « enculé » comme ça leur arrive souvent quand ils sont entre mecs, il suffisait qu’il se lèche un peu les lèvres en regardant fixement le mec qu’il avait sucé quelques jours, quelques semaines ou même quelques mois plus tôt pour que celui-ci se reprenne immédiatement. Jouissif.
Effectivement, la technique de Thomas a marché. Elle marche toujours. J'ai eu assez rapidement à ma disposition une queue toute bandée. Il ne restait plus qu'à passer à la troisième phase du processus, avaler son sexe et commencer à le sucer. Mais ce matin ce n'était pas mon objectif. Le but de la manœuvre c'était de pouvoir visualiser la taille de la queue de mon blondinet en pleine érection. Je l'ai donc juste sucée un peu et l'ai rapidement ressortie de ma bouche et me suis reculée pour apprécier le fruit de mon travail. Eh bien, ce que je tenais en main n'était pas ni monstrueusement long, ni particulièrement gros. Sa queue était peut-être un peu plus longue que celle d'Hugo, je ne sais pas, je n'ai jamais mesuré la taille des queues de mes mecs. S'il y avait une différence, c'était peut-être une question d'un centimètre ou deux à tout casser. Pas de quoi changer la face du monde, enfin je pense. J'en avais vu des plus longues dans les films pornos mais il parait que les réalisateurs jouent avec les angles de vue pour donner l'impression que les bites des acteurs sont plus grosses qu'elles ne le sont vraiment.
En tout cas elle semblait plus fine que celle de Gérald qui avait une petite queue mais épaisse. L'enquête ne progressait guère. J'ai regardé si mon blondinet dormait toujours. Ben non ! Ça l'avait réveillé pardi ! Il me regardait droit dans les yeux (ses yeux étaient donc bien verts, je ne m'étais pas trompée) en se mordant les lèvres. Du coup, je me suis sentie obligée de continuer ce que j'avais commencé. Je n'allais quand même pas le laisser comme cela. Je lui devais bien ça pour hier soir. Qu'est-ce que je dis ? Bien sûr que je ne le suçais pas par « devoir». Au fond de moi, j'étais très heureuse et fière d'avoir pris le contrôle total de la situation que j'avais complément perdu la veille. C’était en quelque sorte ma revanche. Cette fois, c'est moi qui l'avais à ma merci. Je comptais bien user et abuser de la situation. J'allais le sucer encore un peu, puis je l'introduirais en moi et le chevaucherait. On verrait bien si cela me faisait le même effet que la veille. Ce serait bien si cela me faisait le même effet. Mais, au fait, est-ce que j'avais des préservatifs quelque part ? Avec Hugo on n'en mettait plus. Est-ce qu'il en restait dans la table de nuit ? Etaient ils encore valables ? Et , au fait, celui d'hier soir d'où l'avait-il sorti le blondinet ? Il se baladait toujours avec des préservatifs au cas où une fille chaudasse lui offre un verre dans un bar et le mette dans son lit ?
Mais, avant de m'occuper de la question du préservatif, je devais me reconcentrer sur ce que j'étais en train de faire. Vérifier que je contrôlais toujours la situation. Un coup d'œil vers François. Pas de doute, si quelqu’un contrôlait quelque chose ce n’était pas lui. Je l’avais complètement à ma merci. Il a bien tenté un moment de se redresser et d'envoyer la main pour essayer de me caresser mais j'étais agenouillée entre ses jambes, il n'a pu que m'effleurer le dos. De toute façon, je ne me serais pas laissé faire. Il avait réussi à me faire perdre la tête la veille, donc hors de question qu'il puisse ce matin à nouveau approcher sa bouche de mes seins. Il a m'a caressé la joue et a essayé de m'embrasser. J'ai sucé sa queue de plus belle et il est retombé en arrière en gémissant. Je le tenais. J'ai sorti son pénis de ma bouche et tout en tenant fermement sa queue dans ma main, j'ai donné de petits coups de langue sous le gland.
« Arrête ! » m'a-t-il supplié. J'ai arrêté le temps de compter jusqu'à cinq. C'est Thomas aussi qui m'avait appris cela. Il a repris son souffle. J'ai donné de nouveaux de petits coups de langue. Il a dit au « Oh, non ! ». Je suis passée outre son consentement (ce n'est pas bien, je sais !) et après une nouvelle pause de cinq secondes je l'ai repris en bouche en suçant très fort.
J'avais présumé de ses forces. Il n'a pas pu se retenir davantage. Sous le coup de la surprise, j'ai sorti son sexe de ma bouche mais ce fut encore pire, j'en ai pris plein le visage. Finalement, je l'ai repris en bouche et ai avalé tout le reste.
« Ouah, t'es terrible toi ! » est tout ce qu'il a pu dire en respirant très fort, sa poitrine se soulevant à chaque inspiration. Il s'est précipité vers moi pour prendre ma tête à deux mains et m'embrasser à pleine bouche, puis partout sur mon visage maculé. Il répétait : « Je suis désolé ! Je suis désolé ! » puis « C'était trop bon ! C'était trop bon ! ». Il n’avait pas plus de conversation que cela, pas énormément de vocabulaire ce matin. A croire que tout le sang qui était dans son pénis avait provoqué un manque d’irrigation de son cerveau.
« Bon et bien je crois que je vais prendre une douche, ai-je dis en me levant.
- Oui ! Je suis vraiment désolé ! »
***
J'avais secrètement espéré que mon blondinet me rejoindrait sous la douche. Je me serais bien laissé savonner le dos. Et les seins. Et le reste.
Isabelle a attendu, attendu
Mais Patrick n'est jamais reparu
J’avais toujours les Rita Mitsouko dans la tête, apparemment. J'ai pris mon temps, ai laissé couler l’eau, me suis lavée les cheveux mais le blondinet ne m'a pas rejoint. J'ai donc quitté la salle de bain. J'ai appelé François. Pas de réponse.
Enveloppée dans une serviette, une autre sur la tête comme un turban, j'ai arpenté l'appartement. Pas de François ! Il m'avait finalement quand même fait le coup du « calbute sale ». Il avait tiré son coup, deux fois même, et s'était barré. « Les hommes sont tous des égoïstes » comme le répète ma mère. Non sans ajouter « Surtout ton père ! ». Divorce mal digéré.
Je suis retournée dans ma chambre pour m'habiller. Aucune trace de lui. Il avait tout bien effacé. J'ai enfilé un vieux jogging et le premier tee-shirt qui me tombait sous la main. J'étais dépitées, je n'avais envie de rien sauf de trainer à la maison toute la journée. Je trouverais bien sur Netflix ou autre une série débile pour me changer les idées. Pas envie de sortir, pas envie d'avoir les filles qui me harcèlent au téléphone pour avoir TOUS les détails comme avait dit Amanda. Et surtout pas envie de leur avouer la fin lamentable de tout cela. J'entendais déjà les « je te l'avais bien dit ! » de Rebecca. Déprime totale. Il faudrait que je me décide à adopter un chat. Un chat c'est plus fidèle qu'un homme.
Tout à coup, j'ai sursauté. Il y avait du bruit. Quelqu'un essayait d'ouvrir la porte de mon appartement ! J'allais me précipiter dans la cuisine chercher un couteau, n'importe quoi pour me défendre quand François est apparu dans l'entrebâillement de la porte, avec son pantalon cargo et son teeshirt noir, un sac de viennoiseries à la main.
« Dur de trouver une boulangerie d’ouverte dans ton quartier ! J'ai dû marcher un sacré bout pour en trouver une ! » Il était allé chercher les croissants, le petit chou !
« Je te croyais parti sans dire au revoir !
- Tu n'as pas vu le mot que j'ai laissé sur la table de la cuisine ? Comme il y avait les clefs sur la porte, je les ai prises pour aller chercher le petit déj' ».
Non je n'avais pas vu son mot écrit sur un post-il qui trainait là. Trop mignon ! L’histoire ne s’arrêterait donc pas là, nous irions donc au moins jusqu’à prendre le petit déjeuner ensemble.
« Du coup, thé ou café ?
- Thé, si tu as.
- Si je propose, c'est que j'ai. Earl Grey ça te va ?
- Parfait ! »
J'ai mis l'eau à bouillir, ai sorti deux mugs. Il a sorti deux croissants, un pain au chocolat et un pain aux raisins de son sachet. Il m'a demandé de choisir. J'ai opté pour un croissant et le pain au chocolat en lui demandant si cela ne le dérangeait pas de manger le pain aux raisins.
« Si j'en ai pris un c'est que j'aime ça ».
Ok. Un partout, la balle au centre. Il s'est approché de moi et m'a enlacé par derrière pendant que je remplissais la théière.
« J'ai vécu avec toi une des plus belles soirées de ma vie, une des meilleures nuits aussi, m’a-t-il soufflé dans l’oreille.
- Seulement une des meilleures ?
- Mais j'ai surtout eu le meilleur des réveils que j'ai pu vivre jusqu'à présent. Merci pour tout ».
Et il a déposé un bisou dans mon cou. Je me suis retournée et ai posé un baiser furtif sur ses lèvres. J'étais troublée.
« Le thé est prêt ! »
C'est finalement pendant ce petit déjeuner que nous avons commencé à véritablement faire connaissance. Il voulait tout savoir de moi : ce que je faisais dans la vie, si je vivais seule dans cet appart. Cette nuit, il avait imaginé que j’étais en colocation. Il avait pris la porte du cagibi dans lequel se trouve le chauffe-eau pour celle d'une seconde chambre. C'est pour cela que, quand il s'était levé dans la nuit parce qu'il avait horriblement soif, il avait absolument tenu à enfiler un caleçon au cas où il aurait croisé quelqu'un. Même qu'il avait eu un mal de chien à retrouver ce satané caleçon dans tout le bazar qu'on avait mis dans la chambre ! Quelle heure était-il alors ? Il n'en savait rien : il n'avait pas sa montre, ni retrouvé son téléphone. Tout ce qu'il savait c'est qu'il faisait nuit noire.
J'ai demandé s'il était étudiant en espérant qu'il ne me réponde pas : lycéen. Il m'a dit qu'il ne l'était plus, qu'il avait eu son DUT il y a quatre ans. Un DUT de quoi ? Génie électrique : électronique, informatique tout cela. Donc si je calcule, cela veut dire que bac à 18 ans plus 2 ans d'études plus 4 ans après les études, cela lui faisait autour de 24 ans si mon calcul est juste, plus ou moins un an s'il avait pris de l'avance ou du retard. Ouf, je ne serais pas poursuivie pour détournement de mineur ! Il avait quand même quasi six ans de moins que moi !
Qu'est-ce qu'il faisait dans la vie maintenant ? Il bricolait de droite et de gauche. Il travaillait une journée par semaine dans un Fablab où il aidait à la conception et à la fabrication de prothèses motorisées pour aider des handicapés. Il avait passé quasi toute la semaine qui venait de s’écouler à installer chez un type en fauteuil, des interrupteurs pilotés par un smartphone pour lui éviter de devoir se trimbaler avec une baguette pour allumer ou éteindre les lumières. Ça, il l'avait fait en plus, dans le cadre de son statut d'auto-entrepreneur. Comme je me montrais admirative de son engagement social, il a modestement précisé que l’essentiel de ses activités étaient beaucoup plus futiles. Ce qui lui permettait de vivre, c’est la réalisation de dispositifs électroniques pour des Escape Games. J'avais joué une fois à ce type de jeu, il y a quelques années. C’est un lieu où les joueurs sont enfermés dans une salle et où ils doivent résoudre des énigmes pour trouver les codes des cadenas qui permettent d'ouvrir des portes et de sortir de la pièce. Je n'avais pas trouvé cela top comme activité. Il m'a dit que, justement, comme les gens en avait marre des cadenas, son taf était d'imaginer des dispositifs électroniques pour varier les plaisirs. Sa dernière installation dont il semblait fier était une porte qu'ils avaient dissimulée dans une paroi d'une salle représentant une fausse caverne. Sur la paroi il y avait des lettres cachées dans le décor et il fallait appuyer en même temps sur les six lettres du mot de passe pour que la porte s'ouvre et permette d'accéder à la salle suivante où il y avait un trésor à récupérer. Vu la distance entre les lettres il fallait au moins être trois pour le faire. L'énigme à résoudre donnait le nom d'Ali Baba mais il n'y avait qu'un seul "A" de présent sur la paroi de la fausse caverne. Il fallait, en fait, que les joueurs ait l'aidée d'appuyer, ensemble, sur les lettres "S", "E", "S", "A", "M" et "E" pour ouvrir la porte. Il trouvait cela marrant. OK.
On a commencé ensuite à parler de nos familles respectives. De mon côté, ça a été rapide n'ayant ni frère ni sœur, pour cause de parents séparés très vite après ma naissance et qui n'ont jamais vraiment refait leur vie avec quelqu’un d'autre. Lui m'a dit avoir deux frères, plus vieux que lui. Il commençait à me raconter qu’il était même tonton, l’ainé de ses frères ayant deux enfants quand son téléphone s'est mis à sonner. Il y a jeté un œil. « Désolé, je dois répondre ». Il s'est levé et a commencé à tenir des propos auxquels je ne comprenais strictement rien. « Le raspberry pie répond ? » : il parlait bien d'un gâteau à la framboise qui parlerait ? « Ça doit être les mosses (les bosses ? les gosses ? pas sûre d’avoir bien entendu) qui ont chauffé. Il faudrait leur mettre des radiateurs ». S'ils avaient déjà trop chaud, je ne comprenais pas la logique de leur ajouter des radiateurs. « Bon, il est quelle heure, là ? (un blanc). Ecoute je ne suis pas chez moi. (un autre blanc). J'ai le droit d'avoir une vie privée, non ? Je peux être chez moi dans 15 min. Il me reste des mosses de rechange et j'ai quelques radias en stock. Ils ne sont pas adaptés mais ça devrait le faire quand même. Si t'envoies Medhi me chercher en voiture, dans une demi-heure je suis à l'Escape Game, je change les mosses, on teste et avec un peu de chance, tout est prêt pour tes clients de 10h30 ». Tout en disant cela, il s'est rapproché de la table, a griffonné un truc sur un post-it, a mis sa main devant le téléphone pour me dire à voix basse : « Désolé, une urgence ». Il a ouvert la porte en gueulant dans le téléphone : « Ça ne sert à rien de râler et de te lamenter, ce n'est pas cela qui va résoudre le problème ». Il a claqué la porte et est parti.
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