Maman, papa, qu'arrive-t-il aux hommes ?

📖 Maman, papa, qu'arrive-t-il aux hommes ? ✍️ AxelRogerAmmar 📝 462 mots

Je m’en suis retourné dans ma ville natale,

Depuis que l’horizon se perdait en dessein

D’une vie soumise à la tâche morale

Afin d’y engloutir mon cœur contemporain. 


Peu importe l’amère oppression subie

Dans ce monde où le maître a les crocs acérés ;

Peu m’importe si l’âme a bu de l’eau croupie.

Je m’en suis retourné aux lieux tant désirés :


Ici, les bois sont pleins d’horreurs et de surprises.

Mes pas errants, soudain, me traînent au-devant

D’un mystère avoué : deux épîtres assises,

Maculées de rouge, emportées au vent.


L’écriture est scolaire et les mots attristés,

Conçus par une ado au cœur de la tourmente.

Ils sont le péché lourd des monstres incarnés,

Qui se plaisent quand l’âme est dès lors impuissante.


Voici les deux épîtres et les erreurs sur lesquelles j’ai buté :


Me voilà adossée au pied d’un alisier, (hiatus aux premiers mots)

Les mains couvrant ma face et jambes repliées,

En proie à la torpeur, aux peines infligées ;

Le corps à demi nu, vêtu d’un chemisier.



Maman, papa, pourquoi ? Pourquoi cette folie ?

Je n’ai fait aucun geste ou ni regard hardi (vers facile avec « ou », et « ni » étant superflue », mais le rythme de l’alexandrin est conservé)

Pour ne pas inspirer à cet homme endurci

Son plaisir animal sur votre ado Nellie.


L’air tiède du printemps mesurait notre allure.

Sereine, rassurée au bras de ce garçon,

Je n’ai pas vu venir de la même façon (monosyllabes familiers « n’ai pas vu »)

Ses amis, et tout ça prit une autre tournure. (idem)


J’ai pensé que l'amour était une azalée,

Une fleur qui étale à chaque heure un bonheur.

Mais ces mains sur mon corps rythmèrent la douleur ;

Je n’ai pas réagi quand je fus violée. (vers artificiel)


Seconde épître :


Peut-être ai-je été garce, irrespectueuse. (premiers mots oralement familiers)

Je ne sais pas, ou plus ; j'ai cru que mon amour (beaucoup de « je n’ai, je ne, monosyllabes déplaisants »)

Pour cet homme n’aimant juste que le contour

De mon corps assoupi à mon âme rêveuse (image floue)



 

Me donnerait la main à travers ce supplice,

Me protègerait, moi, maîtresse de ses nuits.

Aujourd’hui, le démon est sorti de son puits

Et me laisse à mes pleurs, perdue dans l’abysse.



Pardonne-moi, maman, je ne veux ni ta peine

Ni celle de papa. De votre part, oh dieux !

Comprenez tout l’enjeu dans ce geste odieux.

Que s’accomplisse en moi l’évasion prochaine.


Sur le coup de minuit, mon sang coulait sans teinte ; (on imagine mal du sang sans teinte)

Il m'a fallu la nuit pour pouvoir m'allonger.

C’est drôle, tout autour, le soir, comme un rocher,

S’est collé dans mon cœur, puis la mort m’a éteinte.



Note : je m’en suis voulu d’avoir apporté une critique de forme et de syntaxe sur ces épîtres, alors que cette jeune Nellie n’était qu’une enfant. Ce qui me chagrine, c’est que ses parents n’ont jamais reçu ces ou ses poèmes. Tout a été bref et soudain, comme le monde de demain.

💬 Commentaires 6

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Anne-C. • 2 semaines modifié
Je ne sais pas quel âge avait Nellie lorsqu'elle a écrit ce poème, mais on perçoit dans toutes ses réflexions une grande lucidité et autant de compréhension et d'esprit.
C'est très prenant.

Il me semble que je n'ai pas bien compris pourquoi il y a ces annotations. Ce que je crois, c'est que l'auteur a émis quelques réserves sur la forme, un peu en-dehors de la norme d'un poème construit de façon classique, et que, compte tenu de sort de cette enfant, il s'en veut.
Cela me rappelle un texte, très long, que j'avais annoté sur Scribay, il y a quelques années. Je n'avais pas hésité à critiquer franchement. Après tout, le travail de relecture, c'est cela.
Quand, quelques jours plus tard, j'ai appris qu'il s'agissait d'une autobiographie. Cela n'avait été précisé nulle part. Alors, évidement, je m'en suis voulu. Mais pas très longtemps.
J'estime que nous devons toujours prévenir nos éventuels lecteurs dans ces cas-là, comme s’attache à le mentionner tout romancier.

En tout cas, comme le dit Mac avant moi, je pense que ce serait mieux sans les annotations :)
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AxelRogerAmmar Auteur • 1 semaine, 6 jours
Comme je l'explique à Mac, je vais les retirer, parce que je ne m'étais pas attendu à ce que le copier-coller fût catastrophique et que les annotations débordent.

En ce moment je lis "Le voyage du canapé-lit" de Pierre Jourde. C'est une autobiographie qu'on détecte dès les premières lignes, mais qui n'est pas mentionnée sur la couverture de Gallimard. Je pense que le "travail" du relecteur, c'est évidemment critiquer le fond et la forme, ou alors l'auteur devrait travailler comme le faisait Victor Hugo en laissant son ouvrage quelques mois et le reprenant afin de le relire avec un œil neuf.

Mais les temps ont changé ;).
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MacAroni • 2 semaines
C'est poignant. Je l'ai relu deux fois, la seconde lecture est autant bouleversante.

Je pense que les annotations en gras casse la beauté du texte et modifie les sensations que l'on ressent. J'ai essayé d'en faire abstraction.
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AxelRogerAmmar Auteur • 1 semaine, 6 jours
Merci, MacAroni.

C'est à cause du copier-coller que j'ai dû réadapter en conséquence. Sur mon traitement de texte, les annotations sont écrites avec une police minuscule et ne débordent pas jusqu'à la ligne suivante. La lecture est plus aisée. Mais, c'est vrai que les annotations cassent la concentration de la lecture. Je vais les supprimer.
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SergPS • 1 mois, 2 semaines
C'est très beau et sombre, mais vivant.

(Je te conseille de mettre les phrases en gras dans des annotations :)
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AxelRogerAmmar Auteur • 1 mois, 2 semaines
Merci, Serg.

Oui, tu as raison, ou en gras et de couleur rouge (après je ne sais pas si le copier-coller restitue la couleur :).
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