Seule
Même quand le tonnerre gronde, que la nuit s'épaissit et que les vagues se déchaînent sans répit, je continue à m'imaginer, qu'un jour, j'attendrais une rive, n'importe laquelle, pourvu qu'elle soit ferme. Mais je le sais, je suis sans boussole.
Je vous entends déjà murmurer... N'était ce pas suffisant d'avoir vécu ma vie ? Faut il encore que je vous l'étale ? Dans mes silences, mes absences, ma fatigue, n'y avez vous pas trouvé vos réponses ? Alors pourquoi m'en demander davantage ?
J'ai longtemps espéré qu'un regard aurait pu percer ce nuage de détresse, sans un mot, sans un cri. Parfois, une main s'est tendue, mais la mienne, trop incertaine, est restée figée. J'espérais qu'on insiste. Qu'on devine que j'attends. Mais ils sont partis.
Je me suis voulue libre de vos chaînes, m'appartenir enfin. Mais je me suis fabriqué ma propre cage, dorée, calme, étouffante. Et j'en détiens la clé.
Je crie, mais mon cri est silencieux.
Il n'y a plus personne pour m'entendre.
Plus personne ne regarde dans ma direction.
Ils pensent que je vais bien.
Que je suis forte.
Mon masque les a trop bien trompés.
Je reste là, à jouer un rôle que je n'ai jamais appris.
Spectatrice de ma propre existence.
Peut-être qu'un jour...
...quelqu'un verra ce que je cache.
Mais peut-être pas...
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