LE VIEUX PÊCHEUR
Il fait froid,
Je marche seule,
Je serre mes bras contre moi...
Le noir accroît ma peur,
Étreint mon cœur.
De loin, j'aperçois
Deux ivrognes tituber vers moi.
Je presse le pas...
Je trébuche,
Et je me retrouve
Dans mon lit,
Avec mon éternel ennui.
Mes pensées rôdent,
Et entravent mon répit.
Cette fois,
Je ressors...
Indifférente au froid.
Un air marin
M’attire vers le port...
Près d'un feu, un vieux pêcheur,
Couvert de haillons,
Aux mains tremblantes,
Prépare un thé...
Je m'assois
À côté de lui.
La solitude
Nous réunit.
Il me sourit,
Et me raconte
Son combat,
Sa maladie.
Et puis il me regarde
Et dit :
« Je ne suis pas triste...
Je suis simplement fatigué. »
Soudain,
J'ai honte de mes plaintes...
Devant tant de courage,
Je baisse les yeux...
Je serre sa main...
Le jour approche,
Je sèche mes pleurs,
Je rentre,
Le cœur plus léger.
💬 Commentaires 15
À l'image de ce pêcheur, une personne diminuée m'a dit un jour, individuellement, toutes les douleurs se valent, ce qui change, c'est l'importance que chacun veut leur donner.
Le bonheur, le réconfort, l energie brute reçue et offerte gracieusement.
J adore ton texte et cet univers quasi mystique.
Bravo !
K
Toujours de belles références à la mer ;-)