Nez quelque part
Toute ma vie je n'ai eu de cesse de les observer, d’en scruter les détails, leurs particularités. Grecs, concaves, nubiens, parisiens, busqués, tombants ou aquilins… ces termes ne peuvent en aucun cas exprimer ni leur complexité ni l'étrangeté esthétique de ce que tout un chacun porte, fièrement ou malgré lui, au milieu du visage.
Je reconnais qu’il y a des marottes plus courantes, comme odolaphiliste, chasseurs d’images de stars, taxidermistes… Moi, mon obsession penche vers toute autre chose : ce petit dénominateur commun qui fait de chacun de nous, un être humain, hors du commun.
À tout âge, ils n'ont jamais cessé de m'amuser : pincés pour réprimer un remugle, humides par grand froid ou rougis par l’émotion, j’ai toujours pu assouvir ma passion parce qu’il y avait systématiquement, quelque part, un nez à voir.
Vous comprendrez alors qu’en ce 16 mai 2022, j’ai demandé à mon patron un jour de congé pour assister à la fin de ma frustration, une sorte de délivrance.
Assis sur le banc, dans cet aéroport, je me cale face à la porte des arrivées et m’apprête à observer pifs en tout genre, blairs et tarins d'exception, tarbouifs de compétition, blases mémorables... Le défilé de tous les nez du monde va désormais reprendre, maintenant que le port du masque n’est plus obligatoire !
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