#15
— Pourquoi as-tu été aussi longue à rentrer ?
— J'étais avec un ami.
— Un ami ? Depuis quand tu as des amis masculins ? Et pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?
Alexandre était parti tout de suite après m'avoir déposé.
— Mon copain, si tu préfère.
— Toi tu as un copain ? Un petit ami ?
— Oui. Bon, j'ai des devoirs.
Je pris mon sac pour monter dans ma chambre.
— Ouais, ouais, c'est ça. Dis surtout que t'as pas envie d'en parler avec ta petite mère !
Je m'arrêtais dans les escaliers.
— J'ai pas envie d'en parler avec ma petite mère !
Je montai et entrai dans ma chambre, je balançai mon sac par terre et me jetai dans mon lit. Je pris mon téléphone et ouvris la conversation avec Alexandre. Je commençai à taper un message.
𝙰 𝚌𝚊𝚞𝚜𝚎 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚒, 𝚓'𝚊𝚒 𝚍𝚞 𝚍𝚒𝚛𝚎 𝚊 𝚖𝚊 𝚖𝚎𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚓'𝚊𝚟𝚊𝚒𝚜 𝚞𝚗 𝚌𝚘𝚙𝚊𝚒𝚗.
Je le supprimais immédiatement.
𝙲𝚘𝚗𝚗𝚊𝚛𝚍
Je le supprimais aussi. Même si je savais que je n'allais en envoyer aucun, je trouvais ça relaxant de l'insulter.
𝙰 𝚌𝚊𝚞𝚜𝚎 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚒, 𝚓𝚊𝚒 𝚙𝚎𝚛𝚍𝚞 𝚖𝚊 𝚖𝚎𝚒𝚕𝚕𝚎𝚞𝚛𝚎 𝚊𝚖𝚒𝚎
Message supprimé.
𝚂𝚊𝚕𝚊𝚞𝚍
Ma mère entra dans ma chambre sans frapper, ce qui me fis sursauter.
— Des devoirs ?
Je lui lançai un regard rempli de haine. Elle entra dans la pièce et s'assit à côté de moi sur le lit. Par réflexe, j'éteignis mon téléphone.
— Écoute choupette...
— Arrête de m'appeler comme ça, tu sais très bien que je n'aime pas.
— Écoute Layna, tu sais bien que je suis là moins bien placée pour dire ça mais je le dit quand même, fait attention.
— Attention à quoi ?
— Si vous décidez d'aller un peu plus loin que des bisous...
— Maman !
Ma mère était tombée enceinte de mon père quand elle avait 16 ans, soit mon âge. Elle avait avorté mais depuis, le fait que j'ai un copain lui fait peur tant que je n'ai pas "l'âge adéquat pour tomber enceinte".
— Écoute chérie, tu fait ce que tu veux avec lui, je te préviens juste.
Mon téléphone vibra. Je dûs mobiliser toutes les forces de mon corps pour ne pas être trop curieuse.
— Ne t'inquiètes pas maman. De toute façon, je prends la pilule.
— Oui, mais il suffirait que tu oublie un jour, et voilà...
Elle mima un ventre de femme enceinte. Je compris alors que l'exemple qu'elle venais de me donner était ce qu'il lui était arrivé.
— Ne t'inquiètes pas. Si par malheur – je dis bien si par malheur – ça arrive, je t'en parlerai.
— J'espère bien que tu m'en parleras. Mais j'espère aussi que ça ne t'arrivera pas.
Mon téléphone vibra une nouvelle fois.
Je la pris dans mes bras.
— Et cette relation ne doit pas t'empêcher de faire tes devoirs. Compris ?
Je la relâchais.
— Ouais, en fait, t'es venue pour me demander de faire mes devoirs.
— Oui, mais aussi pour te prévenir.
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