#17
On arriva devant un jardin publique devant lequel j'était souvent passé mais dans lequel je n'étais jamais entrée. Les grilles étaient fermées et attachées avec une chaîne et un cadenas.
Alexandre sortit de la voiture et se dirigea vers ces grilles.
— Tu sais que c'est fermé ?
— Oui.
— Tu veux entrer par effraction ? Après, ça ne m'étonnerais pas trop de toi.
Il sortit de sa poche un trousseau de clé.
— Pas besoin d'entrer par effraction quand on peut l'éviter.
— Où t'as eu les clés ?
— Chez moi.
— Chez toi ?
Il inséra la clé dans la serrure du cadenas et il s'ouvrit tout seul. Il ouvrit la grille et m'invita à entrer. Je passai, pas très sereine.
— Pas besoin de stresser, on fait ça en toute légalité.
Il referma les grilles à clé derrière nous.
— Viens, suis-moi.
Il m'emmena près d'un cabanon. Sur la porte, il y avait une pancarte sur laquelle était écrit privé, défense d'entrer.
Il l'ouvrit (avec la deuxième clé du trousseau) et pris une échelle qu'il mit contre le toit.
— Vas-y, monte. Sauf si t'as le vertige.
Je n'avais pas le vertige, mais je n'étais toujours pas sûre de vouloir monter sur le toit d'un cabanon interdit au public, dans un parc qui est censé être fermé à cette heure-ci.
Et il y avait une chance sur deux qu'il dise la vérité en disant qu'il fait ça en toute légalité. Mais après tout, comment il avait eu les clés ?
— Bon, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
Après hésitation, je me décidai de lui faire confiance. Il me suivit et s'installa à côté de moi, les jambes dans le vide. Moi, j'avais ramené mes jambes contre ma poitrine pour ne pas les faires basculer.
— Tu préfère qu'on se recule ?
— Oui.
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