Chapitre 1) Rupture - Octobre 2024

📖 Résurrection Petits Textes ✍️ Magda 📝 389 mots

15 octobre

 

Les uniformes verts recouvraient une petite gare de l’oblast de Vologda. Le soleil brillait en ce mois de juin 1941, mais dans le cœur de Dimitri Joukov et d’Aleksandra Soukhoroukov un hiver glacial détruisait tout. La joue contre l’épaule de son fiancé, Aleksandra refusait de regarder le train qui, dans quelques minutes, lui enlèverait son fiancé pour l’envoyer combattre à l’ouest contre les nazis. Autour d’elle, des épouses, des mères, des pères et des fils pleuraient, bourraient les poches de leur soldat de gâteaux ou leur faisaient promettre de revenir bientôt à la maison.

Dimitri posa une main tremblante sur les cheveux de sa fiancée et la sera contre lui. Le sifflet du train sonna l’heure de la séparation. Aleksandra enfonça ses ongles dans le bras de Dimitri. Elle ne voulait pas le laisser partir. Elle ne supporterait pas de la savoir mourant, mutilé ou pire : mort.

Le jeune homme releva le menton de la jeune fille et essuya ses larmes, alors que lui-même n’arrivait pas à empêcher ses yeux de briller.

-       Je reviendrai, ma Sacha [1], je te le promets. Je ferai tout pour survivre et rentrer t’épouser.

Les soldats commençaient à monter à bord. Des sanglots retentissaient au milieu des hymnes patriotiques. Une femme enceinte s’évanouit et Aleksandra n’était pas loin de faire de même. Une sueur froide recouvrait son corps. Dans le ciel azur un glatissement bref retentit. Les deux amoureux levèrent les yeux. Deux aigles volaient dans les hauts des cieux. Cette vision redonna un semblant de courage à Dimitri.

-       Regarde, notre animal porte-bonheur. C’est un signe : quelqu’un veille sur nous et je reviendrai. Je t’aime. Cet aigle est notre protecteur. Tant que tu le verras, c’est que tout ira bien pour moi. 

Les uniformes verts avaient tous quitté le quai pour prendre place dans les wagons. Agroupés aux fenêtres grandes ouvertes ils saluaient, pour beaucoup, sans le savoir, pour la dernière fois leur famille. Sa main agrippée à celle de Dimitri, Aleksandra la lâcha seulement lorsque le train prit trop de vitesse.

Son fiancé agita le bras longtemps, jusqu’à ce son village, le lac Beloïe et sa chère fiancée disparaissent dans le lointain. « Je reviendrai Aleksandra, je reviendrai, je te le promets. Je t’aime. » se répéta-t-il en boucle.

[1] Diminutif affectueux d'Alexandra.

💬 Commentaires 3

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LauraAnco • 2 semaines, 5 jours
Scène poignante sur la déchirure intime d’un adieu amoureux happé par la guerre... On ressent bien les émotions. Bon début ;)
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Lana • 3 semaines
Ton écriture est agréable.
Ce début d'histoire est intéressant et rend correctement l'ambiance de cette époque.
👍 1
Magda Auteur • 3 semaines
Merci. :)
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