Réveil du dragon
Confinement.
Alignement.
Couvre-feu.
Personne ne sort
après huit heures.
Seuls les rats
ont le droit.
« Big Brother is watching you. »
« Big Brother loves you. »
L’ennemi est partout,
s’infiltre à même vos peaux.
Mettez un bout de tissu
sur vos trous de faces,
et sortez en masse,
sans aucune menace.
C’est pendant la nuit que passe
l’invisible intrus.
Pour les démunis,
restez où vous êtes.
Votre mort nous aide
à augmenter les chiffres
des meurtres commis.
Au cœur de l’océan,
le dragon se mouvait,
indigné de cette injustice.
Il attend la suite
de cette folie en fuite.
Une poignée de nains
décide à l’unanimité
de l’avenir de l’humanité.
Dans leurs hautes tours,
ils comptent les jours,
les morts,
les chiffres,
les profits.
Ils promettent un remède,
pour libérer le monde,
Du fléau créé.
Alors, dans les profondeurs,
le dragon ouvre les yeux.
Trêve de plaisanterie !
Furieux, il se lève.
Dans la nuit, il crache
sur les réseaux,
les mines,
et les palais aussi.
Mission accomplie.
Il rebrousse chemin.
Plus de réseaux.
Plus de chiffres.
Retour en arrière.
L’humanité redémarre.
Pourvu qu’elle profite
des leçons des mythes.
💬 Commentaires 6
Manque d'imagination ou de pop culture chez moi, peu importe, mais je l'ai pris, retourné, regardé par en-dessous, au-dessus, en diagonale, en long, en large, en travers et dans sa quatrième dimension, j'ai aussi fait des recherches, mais... j'ai fini par trouver !
Le monstre qui monte des profondeurs, remet l'hubris de l'humanité à sa place et repart dans ses profondeurs, indifférent à tout et laissant l'humanité repartir de zéro ! Le cycle canonique du "daikaiju eiga" (j'espère que j'ai bien recopié ça) !
Et moi qui cherchais un ado ninja, un lycée de Tokyo, un mécha ou un cyborg... Pauvre innocent que je suis. C'est le dragon correctif : il crache sur les réseaux, les mines, les palais, efface les chiffres, et reset pour l'humanité.
Avec une infrastructure à la Orwell greffée sur le squelette kaiju (ils sont cousins de toutes façons).
Si nous laissons de côté @phillechat et sa jolie histoire triste, toi tu as déposé un monstre qui monte des profondeurs pour châtier l'humanité et moi, j'ai déposé une armure-robot qui s'assemble pièce par pièce autour d'un homme, la lignée mecha (Patlabor, Ghost in the Shell), l'humain dans la machine. Or mecha et kaiju sont les deux jumeaux ennemis de la culture pop japonaise, depuis toujours opposés dans les mêmes récits : les robots géants existent pour combattre les monstres géants. C'est le duel fondateur du genre. Je suis le pilote, tu es le monstre. Si la quête avait un jury de mise en scène, on devrait nous demander d'écrire la suite ensemble !
Et... une dernière chose, car je n'y crois toujours pas, et c'est le plus savoureux. Je sais bien que la vérité est ailleurs et que tout est lié, mais là... Là ! Ton texte fait 137 mots ! Et alors ?
137 : le numéro de l'histoire des Chroniques (Le secrets du palmier en pot) où toute la vérité est révélée par le Prince Olivier à la Princesse.
137 : le nombre total exact de smartphones roses de la Princesse Sylvie, étiquetés, rangés, emballés pour son déménagement dans l'histoire 154 (Le grand déménagement).
1/137 : la constante de structure fine. 1/137, ce nombre sans dimension que les physiciens traînent comme un tic depuis un siècle ! La valeur (très) approchée de la constante de couplage de l'interaction électromagnétique, énigme qui est un des défis de la physique moderne depuis plus d'un siècle !!!
Je crois que c'est à la dernière des trois que je suis tombé de mon fauteuil.
La folie me guette. Je vais retourner à mes fiches personnages. Mais je crois que si le pilote devait rendre son clin d'oeil au monstre, cela ne pouvait être que moi.
Quitte à encore faire un commentaire trop long.
🦖->💥<-🤖