1 - Le marché

📖 Rkazaj ✍️ vis9vies 📝 396 mots

Il était dans la ville de Fouat…

… Un joli petit marché de fruits et légumes qui étalait ses produits tous les mardis matin, quelle que soit l’humeur du temps, dans le vieux quartier d’Ouvremontoit, un faubourg à l’ancienne ayant conservé son âme de village. 

Ce lieu était un repaire d’habitués, autant du côté des maraîchers que des chalands. Les premiers rayons de soleil voyaient arriver Nestor et son camion flambant neuf d’où sortaient les couleurs du sud, abricots, pêches, figues et dattes fraîches, entre lesquels kakis et kumquats tentaient de ne pas se faire oublier. 

Presque au même moment, Anselme dressait tréteaux et larges plateaux pour y disposer avocats, fenouils et légumes divers en une symphonie de verts. Il n’hésitait pas à s’étendre un peu, pour garder une place à Julie qui, sur le gong annonçant l’ouverture, arrivait toujours essoufflée mais munie du plus beau sourire du marché. Sourire qui n’était pas à vendre, et c’était tant mieux ! 

Les camelots de Fouat et de ses environs occupaient les deux côtés, sur toute la longueur de la rue Vipp, laissant le confort du goudron à leurs clients. Au milieu, à droite de l’entrée qui ouvrait sur « La Boucherie Tradition », s’installait un vieux couple, Louis et Michel, vendeurs de Château Eyquem de pères en fils depuis que la ville s’était construite. 

Ils avaient déduit, après bien des essais, que cette place était la meilleure, pour tout un tas de raisons indiscutables. Dans la rue aux mille effluves fruités, ils s’étaient rapidement rendu compte que leur marchandise pâtissait d’un handicap de taille et avaient, non moins rapidement, remédié au problème. 

Ils offraient le café à tous ceux qui le désiraient, indifféremment aux amis, concurrents ou clients, et l’odeur corsée de l’arabica attirait, tel un aimant, la limaille des acheteurs dès l’ouverture de la rue aux ménagères. 

Ces arrangements avec la promotion des meilleurs crus créaient un bouchon à la hauteur du stand des deux filous, promoteurs inconditionnels d’un vin d’exception, mais nul ne le regrettait, tant il était manifeste que la foule attire la foule et que les visiteurs, obligés de ralentir, en profitaient pour céder au charme des emplettes. 

Cet espace dédié aux couleurs et senteurs du sud respirait le bonheur de vivre, derrière lequel se tenait une grande famille qui ne reprisait son linge sale qu’entre garnements d’un même sang.

💬 Commentaires 12

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CatherineDomin • 5 heures, 30 minutes
Ça me rappelle la chanson "les marchés de Provence" de Gilbert Bécaud.
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vis9vies Auteur • 3 heures, 43 minutes
Très belle chanson qui a peut-être fait jouer mon inconscient ^^
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Rafi • 5 heures, 32 minutes
Un décor qui donne envie de s'y promener !
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vis9vies Auteur • 3 heures, 44 minutes
J'ai juste "légèrement" idéalisé ^^
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CatherineDomin • 5 heures, 32 minutes
On a envie d'aller se perdre dans ces ruelles et en respirer à plein poumons les senteurs.
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vis9vies Auteur • 3 heures, 43 minutes
Surtout que l'air du Midi exacerbe les odeurs ;))
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Sad_Nessy • 1 jour, 8 heures
Bel endroit !
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vis9vies Auteur • 1 jour, 8 heures
Et paisible, avec ça ! ^^
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Lana • 1 jour, 10 heures
J'aime bien tes descriptions des lieux et ces moments de vie.
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vis9vies Auteur • 1 jour, 9 heures
C'est un peu un idéal du midi ;)
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Naya • 1 jour, 10 heures
Une histoire prenante, je passe au chapitre suivant !
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vis9vies Auteur • 1 jour, 9 heures
:)
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