Lettre
Je ne sais pas comment on dit ça sans que ça sonne comme une excuse. Alors je le dis mal, et tant pis.
Il y a une tasse chez moi, la tienne, celle que tu laissais toujours au bord de l'évier. Je ne la range pas. Je la lave, je la repose au même endroit, et le matin elle attend comme si tu allais revenir la prendre.
Je n'ai jamais su te dire les choses en face. Je les dis toujours trop tard, quand la porte est déjà fermée.
Alors voilà, en retard, comme d'habitude : reviens quand tu veux. La tasse est propre. La place est libre.
Je n'ai rien rangé.
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