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lundi 27 juillet 2026 💬 Discussion libre Archivé

Quel est votre texte qui vous a le plus marqué ?

Il existe des textes que l'on termine et que l'on referme aussitôt.
Puis il y a ceux qui restent.

Ils continuent de vivre dans un coin de notre esprit, bien après le dernier point.
Parce qu'ils ont été difficiles à écrire.
Parce qu'ils racontent quelque chose de profondément personnel.
Ou simplement parce qu'ils sont arrivés au bon moment.

Tous les auteurs possèdent un texte qu'ils n'oublieront jamais.
Pas forcément le plus long.
Ni le plus réussi.
Mais celui qui a laissé une trace.

Ce soir, près du feu de l'Auberge, les Scribonautes vous invitent à revenir sur ce texte qui a compté plus que les autres.


Nous écrivons des dizaines, parfois des centaines de pages.
certaines s'effacent avec le temps là où d'autres continuent de nous accompagner pendant des années.

Il y a ces histoires qui nous ont demandé un immense effort.
Ces scènes qui nous ont bouleversés en les écrivant.
Ces poèmes nés d'un instant particulier.
Ou ce premier texte dont on garde encore une tendresse toute particulière, malgré ses imperfections.

Chaque auteur entretient une relation différente avec ses écrits.

Il arrive qu'un texte nous surprenne, qu'il révèle quelque chose que nous ne savions pas encore de nous-mêmes ou qu'il devienne, sans que nous l'ayons prévu, celui auquel nous revenons toujours.

Aujourd'hui, nous vous proposons de partager :
* le texte qui vous a le plus marqué en tant qu'auteur
* ce qui le rend si particulier à vos yeux
* dans quelles circonstances vous l'avez écrit
* ce que son écriture vous a apporté
* si votre regard sur lui a changé avec le temps

Vous pouvez évoquer un roman, une nouvelle, un poème, un chapitre, une scène ou même quelques lignes seulement.

Et si vous le souhaitez, racontez-nous aussi :
* ce texte est-il votre préféré aujourd'hui ?
* aimeriez-vous le réécrire ou le laisser tel qu'il est ?
* vos lecteurs ont-ils ressenti la même chose que vous en le découvrant ?
* existe-t-il un texte que vous n'osez plus relire tant il vous touche encore ?

Prenez place.

L'Auberge vous écoute.
Contributions 19 contributions
Personnellement c'est un texte assez récent, je dirais mon poème en vers brisés sur l'IA de par sa complexité. J'ai adoré l'écrire et je trouve ça vraiment incroyable de pouvoir dissimuler un texte au sein même du poème.
Jamais je n'oublierai ma première rencontre avec Monsieur K.
Au départ j'avais juste créé un double de moi-même vaguement suicidaire (perso je ne le suis pas vraiment).
Il devait apparaître pour une histoire et mourir à la fin.
Mais il est toujours là ; ce texte est devenu indispensable à ma propre vie.
J'ai atteint un stade où me séparer de lui est insupportable ; il faut suffit de lire ma contribution au défi censure !
Je ne sais pas si mes textes déclenchent vraiment des émotions quelconques chez les lecteurs.
Pas assez de vécu dans le monde de l'écriture pour ça.

Cependant, j'ai déjà senti de la révulsion, du dégoût même, face à certaines choses que j'ai écrites. J'ai été ému par d'autres passages plus forts en sentiments, ainsi qu'admiratif devant la résignation de certains de mes personnages à se sacrifier.

Je ne sais pas si écrire ces textes m'a apporté quelque chose, sinon la satisfaction relative d'avoir réussi à coucher sur le papier quelque chose qui me fait frissonner. Ils sont sortis pour servir l'histoire que je souhaitais raconter.
Quand je les relis aujourd'hui, je les trouve perfectibles et je les retravaillerai sans doute, mais le fond restera le même.

Quant au texte que je préfère, c'est celui où une unique larme vient graver à jamais la chair immortelle d'un mentor, d'un père spirituel, qui a dû mettre fin à la vie qui lui était la plus chère.
Beaucoup de mes textes sortent en quelques minutes, quand mes doigts se mettent à courir sur le clavier et que mon coeur se livre : émotions, ressentis, instants suspendus. Ceux-là sont destinés à un recueil que j'envisage de publier pour mon Prince Valseur. J'aime aussi beaucoup les petits défis d'écriture, les petits délires, les jeux de mots, des petits textes sans importance mais qui m'amusent. J'ai de si bons souvenirs de ces samedis matins avec quelques amies, amis, autour d'une table ou sur l'herbe à l'ombre d'un arbre. Des ateliers d'écriture pour livrer des petits bouts de mots.
Une soixantaine de pages que je ne publierais jamais nulle part.
J'avais 22 ans et j'ai rédigé de façon compulsive après la mort de ma mère.
C'est sans doute un peu mélo, mais très viscéral.
Mes premiers écrits.
Le phylactère de mes traumas, de ma violence et de mon ressentiment.
Un véritable exutoire et surtout un chemin vers l'acceptation du deuil autant que l'acceptation de moi même.
Le premier texte personnel et abouti. C'est toujours le premier texte, non ? XD

"Liaison à l'aveugle" a fait pleurer ou rire des lecteurs au gré du ton, et ça, c'était marquant. C'est marquant de constater que d'autres personnes, au quotidien, aux habitudes, au rythme différent du nôtre peuvent s'émouvoir ou s'amuser d'une même situation.
J’aimerais (peut-être) certainement tous mes autres textes. Mais le plus marquant est et restera cette trilogie. Avec ses "défauts" que j'aurais pu, que j'aurais dû, peut-être, rectifier. Mais non. Ce récit est comme il est, et il me plaît tel qu'il est rédigé, parce que c'est ainsi que je l'ai vécu, ainsi qu'il a également plût à d'autres.
Pomlamouette 28/07/2026 à 13:05
Je reprends ta phrase, Rose : "C'est marquant de constater que d'autres personnes, au quotidien, aux habitudes, au rythme différent du nôtre peuvent s'émouvoir ou s'amuser d'une même situation.", car je partage exactement ce ressenti. C'est toujours très fort de susciter des émotions chez les autres, de sentir qu'on a touché le lectorat parfois avec des détails... pas si anodins que cela.
J'ai senti des larmes me monter aux yeux en écrivant à deux occasions.

La première fois, en évoquant la vie que le héros de mon histoire – un enquêteur devenu un ange après son trépas – avait laissée derrière lui, la simple existence humaine dont il avait fait son deuil.

La seconde fois, en rédigeant un article de presse issu d'un monde parallèle dans lequel l'Union franco-britannique avait mis fin à la Seconde Guerre mondiale en larguant une bombe atomique sur les Alpes bavaroises en 1944 – vitrifiant Hitler et son état-major dans la forteresse imprenable où ils s'étaient réfugiés.
Mes textes sont presque tous assez personnel. Je ne suis pas littéraire à la base et ne me suis autorisé à écrire qu'à 48 ans. Un texte, écrit une nuit d'insomnie, pour me délester un peu de mon fardeau. Je l ai repris il y a peu, tronçonner car c'était vraiment illisible. Même maintenant, je ne sais pas si ce texte a un intérêt pour les lecteurs. Je le garde car il fait parti de ma vie et qu'il m'a ouvert les portes de l'écriture. ( Il s'agit de : je ne serai pas en retard mon amie). Mais ce n'est pas mon texte le plus marquant, il s'agit de mA Belle petite prIncesse. Il faudra que je le reprenne un peu et j'ai déjà imaginé une suite. Mais le sujet est très sensible pour moi et cela a été libérateur mais aussi extrêmement difficile à écrire.
Bonjour.
3 textes me sont très chers. En premier , un texte sur mon défunt frère, le deuxième "régression" que j'ai écrit en le vivant, le troisième "humble et puissant" qui parle de l'histoire incroyable de mon père. Les deux premiers sont écrits en 2013 le dernier cette année. Je les ai pas encore partagé.
Le texte marquant a été "à la découverte de soi" pas encore diffusé ici (du moins pas encore rapatrié puisque diffusé sur Scribay et avant sur un autre forum). Pourquoi ? Parce qu'il parle de moi, de nous. Les premiers chapitres écrits m'ont tellement remuée, chamboulée que j'ai vraiment pu refermer la page sur ce passé à partir de là... J'ai mis du temps à aller jusqu'au mot "fin" entre l'émotion des souvenirs et la volonté de rendre tout ça plus... Lisible. Bref, depuis le mot fin ça va mieux. Quand je l'ai remis en forme j'ai changé tous les noms sauf le mien et depuis quand je me relis, l'émotion est moindre. (Sauf les derniers chapitres).
Après les autres textes où j'ai malmené mes héroïnes m'ont aidée aussi à expier mes fautes... Enfin je crois.
Elles marquent toutes, d'une certaine façon, puisqu'elles viennent de nos tripes. Mais Le Monstre, tout simplement parce qu'une partie de l'histoire s'est vraiment passée et part d'un rejet violent dont je n'arrivais pas à me remettre. J'ai donc imaginé un futur où je ne m'en remettais pas pour créer Charlotte. C'est la première histoire marquante que j'ai réussi à terminer :)

Ce n'était pas facile, tout simplement parce que ça me ramenait à chaque fois à ce moment-là, tout en ayant peur que les autres ne s'attachent pas à Charlotte et la détestent (ce qui serait compréhensible). Avec du recul, j'essaie de me détacher un peu (la raison aussi pour laquelle je l'ai publié ici). Je ne sais pas encore ce que je vais en faire, une fois totalement terminée. Tenter la publication ? Je ne sais pas.
Euh... Pour l'instant, je n'ai que The Black Hole qui me vient en tête puisqu'à la base, c'était censé être une histoire où le héros était ma coquille ( presque vide ) où je parlerai à travers lui. C'est pourquoi le premier chapitre est celui le moins travaillé sûrement mais le plus fort pour moi car une part de moi et de mon mal - être se trouvait dedans. Maintenant, quand je vois où l'histoire est allée, je souris à l'idée des prochaines aventures d'Adolph à la Bocchi The Rock :3 ( je n'ai jamais vu l'anime et rien de l'histoire actuelle s'inspire de la série. Cependant, j'ai lu K-On qui est sa petite sœur ).

Il y a aussi Xachus, un isekai intéressant qui est de loin l'histoire où j'ai le plus écrit sur papier avec possiblement ma toute première histoire écrite sur papier mais que j'ai abandonné au vu du nombre d'adjectifs de couleurs que je devais mobilisé ainsi que beaucoup d'inspirations. Mais sinon, je m'émus de mes histoires quand j'imagine les scènes dans ma tête.

Puis on me traite de folle quand je souris seule...

Je souhaite que Xacchus ait une seconde jeunesse ( j'ai réécrit récemment ), après tout j'aime beaucoup trop Naoi et Sora pour les oublier.

Aussi, je dois citer mes poèmes. J'ai la flemme de chercher leurs titres et vous les verrez au fur et à mesure mais les poèmes les plus tristes que je posterais sont ceux qui m'émut le plus car de 1, j'ai écrit ça alors que j'étais des situations de merde et de 2, je les considère comme des poèmes intimes car il n'y a que moi pour comprendre certains passages correctement. Je sais pas si c'est une bonne chose de vous dire de capter mes vers et de les comprendre mais je prends le risque :3
Je crois que je suis attachée à toutes mes histoires, dans chacune, il y a quelque chose qui me marque, que j'exprime. Que ce soit des proches disparus comme ma grand-mère que l'on retrouve dans Mummy ou des amis dans les uns ou les autres.
Néanmoins, ce qui a été particulier pour moi a été d'écrire les chansons des Dark Angels. J'aime lire de la poésie, même si parfois, je trouve certains textes un peu obscurs et pas faciles à comprendre. Je ne me sentais pas cependant capable d'en écrire, trop technique, trop difficile (et que dire des haïkus !). Pourtant, pour les Dark, je tenais à partager leurs chansons avec les lecteurs. Et finalement, ça a coulé de source ! J'étais donc assez fière de moi d'avoir pu écrire des textes de chansons, qui peuvent se rapprocher de la poésie, sur des sujets qui me tenaient très à coeur et que je voulais évoquer d'une manière ou d'une autre depuis longtemps (la répression du Printemps de Pékin, l'accident de Tchernobyl, la mort de Liu Xiaobo, le naufrage de l'Amoco Cadiz, etc...).
A travers l'histoire des Dark, j'ai donc pu aborder ces événements. Ces textes étant assez récents, pour l'heure, mon regard n'a pas changé sur eux.
Je ne peux pas dire que cette histoire (et ces chansons) soit ma préférée aujourd'hui. C'est une que j'aime, j'aime ces personnages, ils sont attachants, ils ont chacun leur caractère, et je peux montrer à travers leur parcours des valeurs qui me sont chères : la force de l'amitié, de l'amour, le courage, la volonté, l'engagement. En plus, je l'écris en musique alors c'est top ! Comme l'histoire n'est pas achevée (le troisième volet consacré à Stair est toujours en cours), je retravaille encore et toujours dessus.
Ces chansons ont touché plusieurs personnes parmi le lectorat et j'espère en toucher d'autres ici lorsque j'entamerai la publication.
Le texte qui m'a le plus marqué est sans doute ma saga littéraire de L'Héritage des Markios. Ça m'a pris plus d'une décennie pour le terminer et j'ai dû faire plusieurs relectures pour virer un maximum de coquilles. Je suis reconnaissant que l'Atelier des Auteurs ait permis à quelques membres de m'aider à me relire. Franchement, si c'était à recommencer, je crois que je me permettrais d'en faire une sorte d'aventure à choix multiples, avec plusieurs fins différentes et intrigues différentes.
Hope_Feather 27/07/2026 à 16:17
Est-ce que tu pense la publier ici ?
TeddieSage 27/07/2026 à 17:09
Je l'ignore encore. Je prends une pause d'écriture pour cet été. Après, je verrais. Mais je ne pense pas vraiment poster la saga ici, sauf si c'est en format non-découpé. Il y a beaucoup trop de chapitres et ils sont très longs. J'ai fini par comprendre que cette histoire se lirait mieux sur une liseuse ou sur papier qu'autre chose.
Hope_Feather 27/07/2026 à 17:10
Oki
Pour ma part, c'est le premier texte que j'ai écrit il y a un an sur L'atelier des auteurs, aujourd'hui fermé, et que je repropose ici. Ce texte "fusionne" de manière ludique mon époque préférée - le Moyen-Age - et ma fonction de garde pendant le service militaire.
Hello^^

Hmmm alors… personnellement, je vois plutôt mon parcours d’écriture comme une évolution progressive, où chaque texte tente de surpasser le précédent, et ce point de vue vient donc complètement désacraliser mes textes plus anciens. À vrai dire, un texte que j’ai écrit il y a plus de cinq mois, je finis presque systématiquement par le détester…

Ça vient certainement aussi du fait que j’écris sans aucune confiance en moi, en me disant perpétuellement que ce que je fais n’a pas de valeur, ou que ce sera peut-être la dernière fois que j’arriverai à aimer ce que j’écris. Heureusement, mon cerveau, ce n’est pas juste une falaise en chute libre, c’est plutôt des montagnes russes ; mais à long-terme, je réalise que j’aime rarement un texte plus de quatre-cinq mois, et donc que mon texte préféré est quasi-toujours celui en cours d’écriture.

Et… globalement, je dirais qu’un texte devient important lorsqu’il est sincère.
La sincérité, c’est ma règle d’or pour apprécier ce que j’écris.

Bien à vous,

Nightbringer
Sur Docti, sous le pseudo valetdecoeur, je publiais de petites tranches de vie, érotiques, d'un couple, Claire et Pierre. Une lectrice m'a suggéré de les lier pour en faire une seule histoire. Ce que je fit. Cela a donné "Claire prend un amant" En passant sur Sribay j'ai amélioré ce récit et il est devenu "Claire, obscure" je me suis très attaché à ces deux personnages. Il y a un peu de moi. Le publierais-je ici ?
Sans aucun doute « Le confessionnal ». Une plongée dans l’univers d’un prêtre qui a touché des enfants… Des semaines à se mettre en empathie pour le faire exister, des nuits agitées. Oui c’est un texte qui aura compté pour moi. Chez le coiffeur, à la maison, adopter ses gestes rituels, les mains à plat sur les genoux, etc. Ses tics de langage, l’expression « c’est suffisant »…
L’angle des victimes, de l’entourage qui ne voit pas ou refuse de voir, les petites combines de l’institution visant à se protéger. Croyant, pratiquant, il m’a fallu également affronter, décrire par le fin, vraiment un exercice compliqué. La plongée dans le monde policier, le monde judiciaire, le monde carcéral avec une lecture partagée avec un homme ayant passé 20 ans derrière les barreaux au total… Tout cela laisse des traces.
Et enfin, une réécriture complexe (toujours en cours) pour éviter le piège du pathos et essayer de faire passer, non pas une rédemption mais un parcours, une compréhension au moins intellectuelle de ce personnage.
C'est l'inspiration qui se déverse dans ma plume qui me fascine le plus. Certes, il y a les textes qui ont pris corps dans l'écrin de ce mystère : A l'aimée disparue (poème), Un mystérieux jardin (micro-nouvelle), La pluie (expérience organique), mais j'honore particulièrement le lien à ma Muse et les mots dont Elle me souffle le bel agencement.