Je me souviens…

📖 365 Histoires... ✍️ Sophie_Delf 📝 752 mots

Ce jour-là… Le jour où je me retrouvai face à elle, l’histoire que me racontait ma mère me revint…

 

Il y a fort longtemps, à l’époque des chevaliers et des créatures fantastiques, un homme découvrit le plus grand secret des sorcières. L’histoire ne dit pas qui était cet homme ni ses origines, mais son aventure commença ainsi…

Après des jours de voyage, un homme, aux cheveux noir corbeau et aux yeux bleus comme le ciel, s’arrêta au cœur d’une épaisse forêt. Entouré d’arbres morts, il découvrit une clairière brumeuse où l’air vicié lui prit les poumons. L’odeur âcre lui était désagréable, mais malgré ce mal-être, il avança jusqu’à atteindre l’unique chêne de la clairière.

À chacun de ses pas, les nuages sombres et menaçants se dispersèrent, laissant apparaître la lune. L’homme se rendit alors compte que la nuit était déjà tombée, la pleine lune illuminait la zone et le voyageur ressentit alors une sérénité inhabituelle. Le silence auparavant oppressant lui semblait, soudain, apaisant. 

 

Il posa sa main droite contre l’arbre immense et tordu. L’écorce, sous ses doigts, était rugueuse et douce à la fois. L’homme ressentit une chaleur provenir du tronc, une onde traversa son corps. Ce chêne n’était pas comme les autres, un sourire se dessina sur le visage du voyageur. Absorbé par cette découverte, il ne remarqua même pas les ombres approchant, il ne perçut ni leur présence ni les regards menaçants ou pleins de questions qui en émanaient.

Et tout en laissant sa main apposée contre cet être vivant, plein d’énergie, il se mut à nouveau. Il fit le tour du tronc, semblant chercher une chose précise. Ses pas le ramenèrent au départ. L’homme sembla, un instant, perturbé. Il refit le tour de l’arbre une nouvelle fois et, encore une fois, il se retrouva au point de départ. Et, tandis qu’il cherchait des réponses à ses questions, il entendit des rires provenir de la forêt.

Il remarqua enfin qu’il n’était plus seul, qu’il était surveillé. Le voyageur se mit alors en colère, il ne supporta pas d’être raillé. Hurlant en direction des curieux, il attrapa de petites pierres et lança à perte de bras sur ses invités. Les rires se turent, les ombres disparurent. Après quelques secondes d’attente, l’homme reprit ses recherches autour de l’arbre.

Cela dura des heures, la lune était à son paroxysme. Le chercheur s’arrêta enfin, s’assit l’air dépité. Rien, cet arbre n’avait rien de spécial et, pourtant, son ressenti au toucher indiquait bien qu’il s’agissait du chêne tant recherché, tant convoité. Le point d’arrivée de son voyage était bel et bien ici. La fatigue le prit soudain, il tomba dans les bras de Morphée sans crier gare.

 

Il fut réveillé par des cris et des chants. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il découvrit des femmes peu vêtues, chantant, invoquant des êtres surnaturels par le chêne géant. Des feux-follets dansaient autour des feux. Personne ne le remarqua, l’homme décida de refermer ses yeux et de surveiller ces sorcières discrètement.

Et, lorsque le soleil commença à prendre la place de la lune, les feux s’éteignirent par magie. La clairière se remplit de noir. Un rai de lumière fit soudain son apparition, le voyageur, surpris, ouvrit les yeux. Tout avait disparu. Il regarda tout autour de lui, rien. Il était à nouveau seul. Et, à nouveau, un sourit apparut sur son visage avant de laisser un rire malsain éclater.

Le curieux se releva. Il alla chercher des brindilles et alluma des feux exactement là où se trouvaient les précédents. Il ferma les yeux, se concentra un instant et se mit à réciter les incantations et les chants entendus pendant cette nuit. L’arbre s’entrouvrit dans un fracas immense.

L’homme resta un instant, interloqué. Il avait devant lui, l’entrée pour le monde de la magie. L’origine des êtres fantastiques, des sorcières et des monstres légendaires. Piqué par davantage de curiosités, il avança vers le trou béant… Mais, imprudent, inconscient, il ne remarqua pas l’ombre dans son dos. Il fut déjà trop tard lorsqu’il sentit un liquide chaud se déverser sur le reste de son corps, sur ses pieds.

Il venait de se faire arracher le cœur par la reine des sorcières qui l’offrit au Diable. Ce dernier accepta cette offrande et excusa l’imprudence de ses suppôts.

 

Oui, je me rappelais enfin cette mise en garde ! Ma mémoire m’avait joué un vilain tour… Et tandis que la gardienne me réservait le même sort qu’à ce voyageur, je contemplais la porte des enfers. Cette porte que je recherchais depuis si longtemps !

Et, alors que la vie me quittait, je souris au Roi des démons lui-même…


💬 Commentaires 1

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Seb_Astien • 1 mois, 3 semaines
Sympa celui-là, avec un air de conte ancien qui marche bien.
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