Saison 5 - Épisode 1 - THE MAP OF A LIFE

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 523 mots


Le problème avec le bonheur...

c'est qu'il rend aveugle.

Pas complètement.

Juste assez pour oublier que le monde continue de tourner.

Même quand tout va bien.

Même quand on est amoureux.

Même quand on croit avoir trouvé sa place.

Et à Caparica...

depuis quelques semaines...

tout allait bien.

Beaucoup trop bien.


Le soleil se levait.

La plage respirait doucement.

Luna surfait.

Nicky roulait.

Alex racontait des conneries.

Joe bricolait.

Diana piratait probablement un satellite quelque part.

Et Emmanuel...

pour la première fois depuis très longtemps...

n'avait pas envie de courir.

C'était nouveau.

Et quelque part...

c'était dangereux.


Tout commença avec une carte.

Une simple carte.

Une vieille carte maritime.

Trouvée dans les données récupérées lors du raid contre Atlas.

Diana l'avait ignorée.

Parce qu'elle cherchait des serveurs.

Des comptes bancaires.

Des réseaux.

Des trucs de hacker.

Pas un vieux papier de pirate.

Puis elle avait zoomé.

Et elle avait appelé Emmanuel.

Immédiatement.

— Tu devrais voir ça.

Mauvaise phrase.

Très mauvaise phrase.

Parce qu'avec Diana...

ça voulait toujours dire :

"Je viens de trouver un problème."



Le clan était réuni dans le triplex.

Les écrans recouvraient les murs.

Au centre.

La carte.

Vieille.

Déchirée.

Étrange.

Et surtout...

elle contenait plusieurs points entourés en rouge.

Tokyo.

Vilnius.

Bogotá.

Minsk.

Caparica.

Silence.

— Je n'aime pas ça.

dit Joe.

— Personne n'aime ça.

répondit Diana.

— Pourquoi tous les endroits où Emmanuel a vécu sont dessus ?

demanda Nicky.

Silence.

Tout le monde regarda Emmanuel.

Même Emmanuel.


— Ne me regardez pas.

— C'est littéralement ta vie.

dit Alex.

— Oui mais je ne fais pas les cartes.


Puis Luna s'approcha.

Le rosaire glissant entre ses doigts.

Une perle.

Puis une autre.

Et immédiatement...

son sourire disparut.


— Cette carte n'est pas une carte.

Silence.

— Ah.

fit Alex.

— Merci Obi-Wan.

Luna leva les yeux.

— C'est un itinéraire.

Le silence revint.

Plus lourd.

Plus inquiétant.

— Pour aller où ?

demanda Nicky.

— Je ne sais pas.

Puis Luna regarda Emmanuel.

Longtemps.

Très longtemps.

— Mais quelqu'un voulait que tu le suives.

Cette fois...

personne ne plaisanta.


Le soir même.

Emmanuel et Nicky roulèrent.

Comme souvent.

Comme toujours.

La Supra traversait Lisbonne.

Les néons se reflétaient sur le capot noir.

Le Tage brillait.

Les ferrys passaient.

Le monde semblait normal.

— Donc...

dit Nicky.

— Donc quoi ?

— Tu crois à cette histoire ?

— Quelle histoire ?

— Que quelqu'un a dessiné ta vie avant toi.

Silence.

Puis Emmanuel éclata de rire.

Un vrai rire.

— J'espère que non.

— Pourquoi ?

— Parce que le type qui a écrit mon histoire est complètement malade.


Nicky éclata de rire à son tour.

Puis le silence revint.

Et finalement...

— Tu as peur ?

Question simple.

Réponse difficile.

Emmanuel regarda les lumières du pont.

Puis répondit.

— Oui.

Nicky tourna la tête.

Surprise.

Parce qu'il ne disait jamais ça.

Jamais.

— De quoi ?

Long silence.

Puis il répondit.

— Que pour la première fois...

j'ai quelque chose à perdre.


Pendant ce temps.

Luna était seule.

Sur les falaises.

Face à l'océan.

Le vent soufflait fort.

Très fort.

Le rosaire dansait entre ses doigts.

Puis elle prit le cristal noir.

Le cristal du néant.

Et ferma les yeux.

Le monde ralentit.

Les vagues.

Le vent.

Les oiseaux.

Tout.

Puis une image apparut.

Une fraction de seconde.

Rien de plus.

Une route.

Pluie.

Néons.

Une ville.

Tokyo.

Puis tout disparut.

Luna ouvrit les yeux.

Le cœur battant.

Parce que ce n'était pas une vision.

C'était un souvenir.

Mais pas le sien.


Au même moment.

Très loin de Caparica.

Très loin du Portugal.

Quelqu'un ouvrait un coffre.

Dans une pièce sombre.

Remplie de dossiers.

De photos.

De passeports.

D'archives.

Une main posa une vieille photographie sur la table.

Un enfant.

Sept ans.

Regard dur.

Déjà.

Et derrière lui...

une silhouette floue.

Le visage était presque invisible.

Mais une chose ressortait.

Le même symbole.

Toujours.

Toujours ce symbole.

Puis la voix murmura :

— Il commence à comprendre.

Silence.

— Tant mieux.

La photo disparut dans l'obscurité.

Et quelque part entre Caparica...

Tokyo...

la Lituanie...

et le passé...

quelque chose venait de se remettre en mouvement.

Pas Atlas.

Pas Viktor.

Quelque chose de plus ancien.

Quelque chose qui attendait depuis longtemps.

Très longtemps.

Et sans le savoir...

Emmanuel venait de faire son premier pas vers lui.

💬 Commentaires 1

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Lana • 1 semaine, 6 jours
Tada !
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