Saison 5 - Épisode 2 - LESSON NUMBER III "THE SHADOW"

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 569 mots

La pluie tombait sur Lisbonne.

Pas beaucoup.

Juste assez pour rendre les néons magnifiques.

Le genre de pluie qui donne envie de rouler sans destination.

Le genre de pluie qu'Emmanuel adorait.

Le genre de pluie qui lui rappelait Tokyo.


La Supra glissait dans les rues désertes.

Nicky était au volant.

Emmanuel regardait la ville.

Silencieux.

Comme toujours lorsqu'il préparait une leçon.

Et Nicky commençait à reconnaître les symptômes.

— Non.

— Non quoi ?

— Tu prépares une leçon.

— Peut-être.

— Je déteste quand tu fais ça.

— C'est parce que tu progresses.



Ils traversèrent Alcântara.

Puis les docks.

Puis les vieux quartiers industriels.

Des endroits que les touristes ne voyaient jamais.

Des endroits que les chauffeurs de taxi évitaient.

Des endroits où les murs avaient plus d'histoires que les gens.

Puis Emmanuel parla.

— Tu sais pourquoi tu perds encore ?

— Je gagne.

— Non.

— Je suis presque aussi rapide que toi.

— Ce n'est pas la même chose.

Silence.

— Alors pourquoi je perds ?

Emmanuel regarda les rétroviseurs.

Puis les immeubles.

Puis les ombres.

Puis répondit :

— Parce que tu regardes ce qui est devant toi.

— C'est encore une de tes phrases débiles de Jedi ?

— Oui.



Au même moment.

Sur une falaise dominant l'océan.

Luna était assise seule.

Le rosaire noir tournait lentement.

Une perle.

Deux.

Trois.

Puis le cristal.

Le vent soufflait.

Et quelque chose la dérangeait.

Depuis la carte.

Depuis le symbole.

Depuis la fin de la saison précédente.

Quelque chose avait changé.

Comme si une porte s'était ouverte.

Quelque part.


Retour à Lisbonne.

Emmanuel demanda soudain :

— Tourne à droite.

— Pourquoi ?

— Fais-le.

Nicky tourna.

Puis immédiatement.

Deux phares apparurent derrière eux.

Puis quatre.

Puis six.

Trois voitures.

Noires.

Silencieuses.

Qui les suivaient depuis plusieurs kilomètres.

— Tu plaisantes ?

— Non.

— Depuis quand ?

— Dix-sept minutes.

— DIX-SEPT MINUTES ?

— Dix-huit maintenant.


Nicky regarda Emmanuel comme si elle voulait l'étrangler.

— Et tu me le dis seulement maintenant ?

— C'est la leçon.

— Je vais te tuer.

— Après la leçon.



Les voitures accélérèrent.

Pas Atlas.

Pas Viktor.

Autre chose.

Juste des chasseurs.

Des types payés pour suivre.

Observer.

Tester.

Comme eux.

Et Emmanuel le savait.

— Leçon numéro trois.

— Vas-y.

— L'ombre.

Silence.

— Quoi l'ombre ?

— Le meilleur combattant n'est pas celui qui regarde son ennemi.

Pause.

— C'est celui qui regarde ce que son ennemi ne regarde pas.

Cette fois...

Nicky se tut.

Parce qu'elle comprenait.

Un peu.


Elle commença à observer.

Les vitrines.

Les reflets.

Les parkings.

Les angles.

Les sorties.

Les mouvements.

La ville entière.

Et soudain...

elle vit.

Pas les voitures.

Leur comportement.

Leur rythme.

Leur intention.

Leur ombre.

— Je les ai.

Petit sourire d'Emmanuel.

— Enfin.


Puis tout alla très vite.

La Supra plongea dans un tunnel.

Sortit.

Tourna.

Revint.

Passa sous un pont.

Puis dans un parking.

Puis ressortit.

Les poursuivants étaient perdus.

Complètement.

Parce que Nicky n'avait plus regardé les voitures.

Elle regardait la ville.

Comme un organisme vivant.

Comme Luna regardait le monde.

Comme Emmanuel regardait ses ennemis.

Le même enseignement.

Sous une autre forme.


Pendant ce temps.

Au sommet des falaises.

Le rosaire s'arrêta.

Net.

Comme un battement de cœur manqué.

Luna ouvrit les yeux.

Et vit quelque chose.

Pas une vision.

Pas une prophétie.

Une certitude.

Quelqu'un cherchait Emmanuel.

Pas Atlas.

Pas Viktor.

Quelqu'un d'autre.

Quelqu'un qui connaissait déjà le chemin.


La nuit avançait.

La pluie aussi.

La Supra était arrêtée sur les hauteurs du Christ Rei.

Toute Lisbonne brillait sous eux.

Nicky regardait la ville.

Longtemps.

Puis elle demanda :

— Les sept samouraïs...

Emmanuel ne répondit pas.

Ce qui signifiait oui.

— Ils existent vraiment ?

— Oui.

— Tu les as affrontés ?

Long silence.

Puis un sourire.

Le sourire Tokyo.

Celui que Nicky ne connaissait pas encore.

— Oui.

— Et ?

— J'ai perdu.

Silence.

— Tu as perdu ?

— Plusieurs fois.

Le monde sembla s'arrêter.

Parce que Nicky venait d'entendre quelque chose qu'elle croyait impossible.

Emmanuel Elga ?

ELGA ?

Perdu ?


— Tu mens.

— Non.

— Impossible.

— C'est pour ça que tu n'es pas prête.

— Sympa.


Puis Emmanuel regarda les lumières au loin.

Très loin.

Comme s'il regardait déjà une autre ville.

Une ville de pluie.

De néons.

De fantômes.

Tokyo.

— Le premier samouraï t'attend déjà.

Nicky fronça les sourcils.

— Où ?

Emmanuel sourit.

Puis répondit :

— Pas encore... Celui qui regarde son ennemi voit un homme. Celui qui regarde son ombre voit son chemin Nicky.

💬 Commentaires 0

Connectez-vous pour commenter ce chapitre.
💬

Aucun commentaire pour le moment

Soyez le premier à partager vos impressions !